Archétype de joueur : le bâtisseur

Le bâtisseur aime construire des histoires.  Quand il joue en match, il ne fait pas de caucus, mais construit  des synopsis. Il affectionne particulièrement de faire reposer l’improvisation sur une plateforme forte. Qui ? Quoi ? Où ? Telles sont les trois questions existentielles du bâtisseur.  Non content de vouloir poser des fondations solides à l’improvisation, il va également vouloir positionner des marqueurs clairement identifiables (de son point de vue) pour faire avancer son histoire. Pour cela il va se baser sur la structure classique du schéma narratif : “Il était une fois….chaque jour…..quand soudain….depuis ce jour….” Il peut également s’appuyer sur le voyage du héros de Vöggler , il pourrait même faire l’histoire à lui tout seul….Le coach doit veiller à ce que notre bâtisseur ne se transforme pas trop en metteur en scène justement. Il faudra veiller à ce qu-il ne soit  pas uniquement celui sur qui se repose l’équipe dans les catégories “contées”. Il y a là une certaine facilité de la part des autres joueurs qui vont se reposer sur lui et ne pas se mettre en danger. Un autre écueil serait de ne pas construire sur des improvisations de durée moyenne ou courte. Ce n’est pas par ce qu’une improvisation ne dure que deux minutes qu’elle ne doit pas être construite, que sa plateforme ne doit pas être définie. Même avec une abécédaire, on peut définir le qui, le quoi et le où. Le bâtisseur c’est celui qui va donner du sens à l’improvisation en lui donnant un corps, en allant souvent à l’essentiel. Son rôle est important dans une équipe et il peut être judicieux d’avoir plusieurs bâtisseurs.

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Confiance et improvisation

Augmenter sa confiance en soi. C’est la première des motivations qui m’a été donné par les débutants en improvisation que je suis depuis septembre. S’ils venaient essayer l’improvisation c’était dans l’objectif d’améliorer leur confiance en eux (au-delà de prendre du plaisir évidemment). Du théâtre sans filet ? La représentation qu’ils se faisaient de l’improvisation était celle de théâtre sans filet, le filet étant le texte. En cela la pratique de l’improvisation paraissait à la fois plus périlleuse tout en laissant une plus grande part à la créativité. Le premier écueil consiste à démontrer que l’improvisation n’est pas “périlleuse”.  Dans cette optique, j’aime beaucoup utiliser l’exercice “Mentir Vrai” dès la première séquence. Il s’agît pour chaque improvisateur d’imaginer un personnage (nom, prénom, profession, situation de famille etc…) et de nous parler en tant que tel. Il est tout à fait permis d’utiliser des éléments réels. Le but du jeu étant que l’on arrive pas à percevoir à quel moment l’improvisateur invente et à quel moment il dit vrai.  C’est exercice ne peut fonctionner qu’en début de saison lorsque les improvisateurs ne se connaissent pas. Il permet à chacun de réaliser sa première improvisation sans s’en rendre compte. Faire croire que l’on est ce que l’on est pas est une des bases de l’improvisation. Bien sur, il conviendra de compléter très vite en incarnant le personnage. La confiance L’autre représentation à laquelle j’ai du faire face et celle liée à l’idée de se retrouver “seul” en scène. Pour le coup il me semble que c’est l’effet “Jamel”. Comme Jamel a fait de l’improvisation et fait du stand up, il y a parfois une association d’idée entre les deux.  Or en improvisation les moments “solos” sont excessivement rares, d’autant plus au début (comprendre en match). L’essence de l’improvisation repose sur la rencontre et sur notre capacité à faire confiance à cet inconnu et réciproquement. Car le “filet” en improvisation c’est l’autre. Que cela soit celui qui partage la scène avec nous, où notre coéquipier assis tranquillement sur son banc, il est toujours prêt à nous soutenir comme nous le sommes vis à vis

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Et Stanislavski tweeta.

C’est une belle initiative que celle de Mélina Kéloufi qui nous (re)partage sa relecture de la Formation de l’acteur de Stanislavski. Sur son fil Twitter, Mélina partage ses notes de lecture de cet ouvrage. La méthode Stanislavski a donné naissance à la célèbre école Actor Studio. Sa méthode tournait autour du “comment être vrai sur scène”, “comment retrouver l’émotion” dans un schéma sensation, émotion, réaction. Stanislasvki rappelait que ce qu’il enseignait lui-même n’était pas à apprendre par cœur mais bien à dépasser en permanence. Son enseignement se retrouve dans deux ouvrages La Formation de l’acteur ou il insiste sur l’intériorité du personnage et la Construction du personnage qui aborde l’extériorité du personnage. Ces deux ouvrages sont des références dans le jeu cinématographique, théâtrale et donc par conséquent en impro aussi. Si vous ne connaissez pas Stanislavski, l’initiative de Mélina vous permettre de le découvrir et je l’espère de vous donner envie de lire ses ouvrages. “Le mot «si» agit tel un levier, pour nous faire accéder du monde réel au domaine de l’imagination.” #LFDLA — Mélina Kéloufi (@Ameriquebecoise) 28 Janvier 2015 “C’est dans les circonstances mêmes de l’action qu’il faut trouver un motif.” #LFDLA — Mélina Kéloufi (@Ameriquebecoise) 28 Janvier 2015 Vous pouvez suivre Mélina sur son fil twitter et sur son blog consacré à la place de la femme dans le théâtre https://theatrices.wordpress.com/

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La sélection du coach

J’aime ce moment où j’annonce la composition de l’équipe qui va jouer le prochain match. J’aime ce moment car j’aime voir les yeux des joueurs qui brillent en disant “j’espère que je vais jouer”. J’aime ce moment parce que quand j’ai commencé, faire une sélection c’était essayer de convaincre untel de jouer parce que sinon nous ne serons pas six.  J’aime ce moment car il ne présente aucun autre enjeu que celui de savoir si on va avoir le plaisir de jouer. La sélection ce n’est pas une récompense pour les efforts fournis à l’entraînement et les performances obtenues toute l’année. Ce n’est pas pour moi non plus l’alignement d’une équipe type avec des titulaires indiscutables et des joueurs condamnés à cirer le banc des spectateurs. Dès lors qu’un joueur a suffisamment de bases pour pouvoir jouer, il peut alors jouer n’importe quel match. Le rôle du sélectionneur c’est de composer une équipe équilibrée avec des hommes, des femmes, des débutants et des confirmés. Il n’y a pas de ligue des champions à gagner, pas d’autres enjeux que de se faire plaisir. Dès lors pourquoi devrions nous faire une équipe A qui jouerait les matchs “prestigieux” et une équipe B qui jouerait les autres matchs ? Comment peut-on faire de l’impro si on est pas apte à intégrer un joueur débutant dans l’équipe sous prétexte qu’il débute ? Faire une sélection, c’est rappeler aussi les principes de base de l’impro : écoute, accepte et construits.

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Comment choisir ses thèmes d’impro ? 

Les joueurs le savent, l’arbitre est vraiment le rouage essentiel du match d’improvisation. Il est d’ailleurs parfois appelé, Maître du Jeu ce qui révèle son emprise sur le bon déroulement de la soirée. C’est pourquoi il doit apporter un soin tout particulier au choix des thèmes et des catégories qu’il va faire jouer dans la soirée. Plusieurs éléments guident mes choix de thèmes. Le type de spectacle Entre un match, une soirée catch, une démonstration à la cafétéria du coin et la finale des championnats du monde, il me semble évident que l’on ne va pas procéder de la même manière. Si vous avez à faire à un public de connaisseurs (ou de supposés connaisseurs) ou de néophytes là aussi, il va falloir privilégier certaines catégories. Typiquement quand je pars en terre inconnue (face à un public qui n’a jamais vu d’impro par exemple), je sélectionne beaucoup de catégories simples à comprendre et avec un effet garanti en début de soirée (abécédaire, zones d’émotions, ça mérite une chanson…). Cela permet de mieux faire prendre la mayonnaise et d’aborder des catégories éventuellement plus complexes en deuxième partie de spectacle. Enfin dans un match entre deux équipes, j’aime envoyer une présélections des catégories pour vérifier que les deux équipes les connaissent, ou à défaut qu’elles auront un peu de temps pour les travailler. Un méta-thème En ce qui me concerne, j’aime bien donner un fil conducteur au spectacle, en faisant en sorte que les trois-quarts des thèmes cartons soient en rapport avec ce thème global. Je dois arbitrer prochainement un match le soir de la St-Valentin, le thème général est évidemment tout trouvé…Je ne fais pas de ce point, un élément incontournable. Ensuite, je fais un premier jet dans les catégories que j’ai envie de placer. J’essaie d’être “innovant” dans le choix des catégories en me référant aux catégories précédemment utilisées pour faire “tourner”. Bien entendu, l’objectif n’est pas de créer un roulement artificiel mais bien d’éviter de s’enfermer dans une sélection attendue de catégories. Grosso-modo je prépare un cocktail avec un tiers des improvisations en comparée et également un tiers de catégories

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