On se fait un match ?

GIPL vs LNI. Auteur Raphaël Vinot. Licence BY.
GIPL vs LNI. Auteur Raphaël Vinot. Licence BY.

On se fait un match ? Telle est la promesse que se font souvent deux équipes d’improvisation pour avoir le plaisir de se rencontrer. Si dans d’autres disciplines sportives cette question serait relativement claire, en improvisation force est de constater que le terme “match” ne répond pas à la même définition.

Fixer les règles ?

Une des choses qui m’étonne le plus lorsqu’il s’agît d’un match avec une autre équipe est la question du format. Vous jouez selon quel format ? J’aurais tendance à dire que s’agissant d’une rencontre unique le format serait celui d’un match “amical”, pas de trophée à soulever, pas de championnat à gagner, un match juste pour le plaisir (que l’on ne s’y trompe pas on prend aussi du plaisir dans un championnat). Pour autant un lot de questions déferle quasi inévitablement. Combien de joueurs par équipes ? Vous faîtes les hymnes ? Vous jouez avec ou sans coach ? Pour en finir avec genre de questions qui ne devraient pas avoir lieu, suivons les règles décrites dans l’excellent site ressource autour du match d’improvisation. En plus ce sont les règles de la LNI !

Oui mais

On a pas trois filles, on vient de loin et sept personnes cela fait deux voitures etc…Effectivement ce n’est pas toujours facile d’avoir ces critères réunis et je ne parle même pas de la patinoire.Et bien si on joue à 5 contre 5 , n’appelons pas cela un match, mais une rencontre. Oui c’est jouer sur les mots mais si je pouvais éviter d’expliquer à chaque fois que “pour moi” un match c’est 6 joueurs avec un coach et qu’on joue les hymnes et bien cela serait plus simple. Quand on joue un match de basket à Antibes ou à Brest, les règles ne changent pas. Pourquoi devrait il en être autrement pour l’impro ?

Impro et n’importe quoi

Auteur : Brenda Starr. Licence : By Source : Flickr
Auteur : Brenda Starr. Licence : By Source : Flickr

Quand on se retrouve pris au dépourvu, on improvise.  Dans le langage courant “improviser” c’est faire n’importe quoi. Récemment j’ai eu à faire avec une personne qui voulait improviser une séance d’improvisation. Âmes sensibles s’abstenir..

Impro free style

Ceci n’est pas une fiction. Je suis animatrice BAFA en formation, je souhaite réaliser  une séquence de théâtre d’improvisation. Je n’ai jamais fait de théâtre d’improvisation (ni de théâtre du reste), je n’ai  pas vu un spectacle de théâtre d’improvisation depuis un an (et encore dans un lieu dont même moi j’ignorais l’existence, le tout dans ma propre ville ndlr). Je vais animer cette séquence en direction d’enfants de six-sept ans. Pour la concevoir, je vais me documenter sur internet et piocher des éléments dans un site qui me présente la méthode Stanislavski (très bon site au passage). Ma séquence est à présenter demain.

Un D.E. Impro

J’ai essayé de faire ce que j’ai pu pour la dissuader de présenter une séquence dans une discipline qu’elle ne maîtrisait pas. Je lui ai expliqué qu’au sein de notre collectif d’improvisateurs, nous ne faisions pas d’atelier pour des enfants de moins de huit ans et qu’il y avait une bonne raison. Je lui ai dit que la méthode Stanilavski était super mais que ce n’était pas en deux heures qu’on en faisait le tour et qu’à titre personnel, je n’étais même pas sur d’en avoir saisi correctement l’essence. Cela n’a pas fonctionné. Je suis allé voir son formateur BAFA (brevet pour être animateur de centres de loisirs) pour lui dire toutes les réserves que j’avais quant à cautionner la démarche de cette stagiaire, il m’a répondu qu’il n’y avait pas de Diplôme d’État d’Improvisation. C’est vrai, mais ce n’est pas une raison pour faire n’importe quoi. Encore moins quant on a à dix mètres de soi des personnes ressources, qui a défaut d’avoir un diplôme d’état, ont quelques années d’expérience dans cette discipline.

Mais bon, au final, la petite s’est bien débrouillée paraît il.  Elle est revenue me voir par la suite. Et on a parlé d’objectifs pédagogiques, de séquences, de public…bref on a préparé un peu mieux sa séance.

Catégorie : Robinson

Licence BY. Auteur visualpanic sur Flickr
Licence BY. Auteur visualpanic sur Flickr

Voici une catégorie que j’apprécie particulièrement. Elle est intéressante à travailler également en petit comité puisqu’elle fait appel à l’écoute active des improvisateurs. Je n’ai jamais programmé cette catégorie dans un match classique, mais toujours dans des formats cabarets.

C’est une catégorie que je positionnerai d’avantage en comparé, pour favoriser l’amusement maximum de chaque équipe, avec un nombre de joueurs fixé à trois (j’ai déjà essayé quatre et j’ai trouvé cela à chaque fois trop long). L’improvisation doit avoir une durée initiale d’au plus deux minutes (1’30” me paraît suffisant), sachant qu’elle va être jouée trois fois.

Déroulement

Les joueurs déroulent leur improvisation une première fois de manière libre.  Dans l’intérêt du public, il est préférable de commencer directement à trois joueurs (c’est plus amusant pour les spectateurs).

La même improvisation est rejouée mais avec un joueur en moins. Cependant les deux joueurs restants doivent se répartir les répliques et mouvements du joueur manquant. Puis l’improvisation est rejoué une dernière fois par le Robinson qui doit effectuer tous les personnages avec tous les dialogues et tous les mouvements. Autant dire que pour Robinson, cela peut être très sportif.

Pour savoir quel joueur éliminer (bien que je n’aime pas ce terme) on peut solliciter le public (on veillera cependant à ce que cela ne tourne pas trop au concours de popularité). En mixte, on peut également partir du principe que le Robinson donne le point à son équipe.

Variantes

Une des variantes que j’ai utilisé et qui a toujours bien fonctionné consistait de plus à diminuer le temps à chaque redite de l’improvisation comme dans une dégressive.

Comment devenir arbitre d’impro ?

catch neuvecelle
Photo : Juste une parenthèse

Comment devient on arbitre d’impro ? C’est la question à laquelle j’ai eu à répondre à l’issu du Premier Open d’Improvisation de Neuvecelle (74) dans lequel j’officiais justement en tant qu’arbitre.

A quoi sert l’arbitre ?

De mon point de vue l’arbitre ce n’est pas le méchant en noir qui siffle des fautes et distribue des pénalités. L’arbitre d’improvisation se rapproche du metteur en scène de théâtre. C’est lui qui grâce aux thèmes, aux catégories et surtout à l’enchaînement des deux va impulser le rythme d’une rencontre. L’arbitre se rapproche du metteur en scène dans le sens où il va chercher à mettre en valeur les comédiens. En spectacle il va veiller à ce que la rencontre ne soit pas trop déséquilibrée. Il va être attentif aux fautes commises par les comédiens, non pas pour les sanctionner mais dans l’objectif de recalibrer la rencontre en permanence. Lorsque j’arbitre je me positionne en “super-coach” et j’utilise le temps entre deux improvisations pour recadrer (si nécessaire) une équipe ou un comédien. Cela peut aller d’un conseil simple : parler plus fort , à des notions plus techniques : prendre le temps de poser son improvisation. L’arbitre est là pour servir le jeu avant tout.

Devenir arbitre …

Devenir arbitre demande a minima une bonne lecture du jeu et donc un peu d’expérience en improvisation. Pour autant un débutant peut tout à fait suivre un stage d’arbitrage dans le but justement de développer sa lecture du jeu. Apprendre à déceler les fautes chez l’autre  est un bon moyen pour limiter les siennes. Au-delà de la classification des fautes et des signes d’arbitrage correspondant (que l’on peut trouver facilement sur internet), un stage d’arbitre c’est aussi un moment pour appréhender le rythme d’un match. Un stage permet d’approfondir sa connaissance de certaines catégories et de leur impact auprès du public. Idéalement on peut coupler un stage d’arbitre à un stage de maître de cérémonie tant l’alchimie entre ses deux rôles est prépondérante. Pour votre prochaine session de formation, n’hésitez pas à me contacter 😉

Le premier mois

free 'sweet' hugs

Je suis toujours un peu surpris quand je vois des troupes d’improvisation proposer un atelier d’essai pour les débutants en septembre. Je me demande sincèrement comment les animateurs de ces ateliers font pour permettre aux débutants de se décider à l’impro en deux heures. En ce qui me concerne, j’aime bien donner la première période (de la rentrée de Septembre aux vacances d’automne soient 6 séances en général) comme essai.

Confiance, écoute, acceptation

Le plaisir est le moteur de l’atelier, le plaisir va venir avec la confiance. Avoir confiance en un groupe d’inconnus ne se décrète pas en une séquence. Cette confiance, elle se construit petit à petit en apprenant à découvrir les autres et en se découvrant soit même. Même à l’issue de six séances on aura pas forcément confiance avec l’ensemble du groupe., on aura au moins accordé sa confiance (ne serait-ce que partielle) à l’un des membres.

Le groupe va pouvoir “progresser” (ce terme mériterait que je le définisse dans un article à part entière) quand chacune de ses individualités va pouvoir être à l’écoute des autres. Prendre soin de son partenaire, être à son écoute, l’accepter tel qu’il est et accepter ce qu’il me donne et enfin lui accorder sa confiance, tout ceci mérite plus qu’un cours d’essai.

Embrasser pour de vrai ?

embrasse moi idiotVoici une question amusante que l’on m’a posé il y a quelques jours. Faudra-t’il que j’embrasse pour de vrai ? Derrière cette question, la jeune femme me rappelle un “traumatisme” qu’elle a vécu au collège. Inscrite à l’atelier théâtre de son établissement elle a du embrasser “pour de vrai” son partenaire et en plus il était moche 🙂

Rien n’est défini

Au contraire du théâtre “traditionnel” dans l’improvisation rien n’est défini à l’avance. Il n’est écrit nul part qu’à la scène 3 , tel personnage devra embrasser tel autre. En ce sens, j’ai au moins pu la rassurer sur un point. Non je ne la forcerais pas à embrasser un garçon sur la bouche parce que c’est écrit. Au passage, avec un brin de psychologie, je ne vois pas l’intérêt de forcer une collégienne à embrasser un garçon dans une scène par ce que c’est écrit dans le texte. Encore moins dans le cadre d’une pratique loisirs. Bref.

Tout est à définir

Ce qui n’est pas défini, reste à définir. Ainsi, un joueur est en place, un autre entre en jeu. Quelles sont les relations qu’entretiennent les deux personnages ? Si le deuxième joueur ne répond pas à un appel du premier, il est important de définir cette relation. Définir la relation limitera la confusion. Il est évident que l’on ne répondra pas de la même manière en étant apostrophé par “Mon chéri” que par “Monsieur le Directeur…”. La première chose à définir pour bien interpréter une scène, ce sont les personnages. Faisons simple dans nos relations l’un avec l’autre.

  • Membre de la famille : père, mère, frère, sœur…
  • Relation amoureuse : mari, ex-femme, amant, fiancée, petit ami, promise…
  • Relation par le travail : secrétaire, collègue de boulot, patron de bar…
  • Relation “hiérarchique” : policier, curé, enseignant, gourou de secte…
  • Relation amicale : copain de régiment, cercle de parole, ami …

Ne jouons pas, soyons.

A partir du moment où je détermine la nature de ma relation avec celui qui est dans en scène, l’idéal consiste à ne pas jouer mais à être. Si je ne veux pas être son mari, je ne vais pas entrer en disant “ma chérie”. Par contre si je rentre en disant “ma chérie” , je ne vais pas lui serrer la main 😉 Installons des relations qui sont simples et qui sonnent vraies. Donc oui on peut être amener à embrasser pour de vrai, mais c’est un choix. Assurons nous que ce choix soit celui des deux comédiens.

Le mystère de l’atelier

Personnellement je n’aime pas la notion d’apprentissage elle me paraît trop scolaire. Il n’y a pas d’un côté un coach d’impro qui détient la vérité absolue et de l’autre des élèves qui l’écoutent religieusement et heureusement ! Chaque année je fixe les mêmes objectifs aux néophytes.

7181146599_e7d52ff9b9_zQue fait on dans un atelier d’impro ? Immanquablement cela aura été la question que l’on m’aura le plus souvent posé au cours de tous les forums d’associations ou journées portes ouvertes organisées. Qu’est-ce qu’on apprend pour improviser ?

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L’impro, un truc de pros ?

jessicaParfois à la sortie d’un spectacle d’improvisation (ou durant l’entracte), j’entends ce type de commentaire : “C’est un truc de dingues, je n’arriverais jamais à faire ça !”.

En voyant le côté positif de la chose, nous ne pouvons qu’être ravis de savoir que quelques uns apprécient la performance donnée.  Le côté négatif de la chose c’est qu’ils jugent que cette performance est au-delà de leurs capacités.

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