Avant j’étais animateur multimédia….mais c’était avant

network slogans on a road and street signs

Non je ne vais me lancer dans un vain débat sémantique sur la différence entre animateur multimédia et médiateur numérique. Il n’y a pas si longtemps que cela on m’a interrogé sur l’intitulé de mon blog. On m’a même prêté des intentions. Quand on fait quelque chose, il y a toujours quelqu’un pour critiquer. Je profite du renouvellement de mon nom de domaine pour vous raconter l’histoire de ce blog. Mon histoire. Que celle-ci puisse nourrir vos travaux de recherche sur la médiation numérique ou non ce n’est pas mon objet.

D’animateur à médiateur

Avant de prendre en charge la gestion des Espaces Publics Numériques de ma commune j’étais Animateur jeunesse au sein de cette même commune. Les Espaces Publics Numérique et le secteur jeunesse dépendaient du même service. Aussi quand je disais que j’étais animateur multimédia, on ne retenait que le mot animateur. On me demandait des informations sur les camps d’été ou le centre de loisirs sur lesquels j’étais bien incapable de donner des réponses. Il fallait que j’explique que j’étais animateur multimédia et non animateur jeunesse. J’étais le seul de l’équipe. C’est comme ça que j’ai cherché à me démarquer de mes collègues.
Le terme médiateur m’est venu en résonance d’une de mes collègues de la bibliothèque médiatrice du livre. A échanger avec elle, je me suis rendu compte que mon travail été proche du sien. Le mot  médiateur me correspondait. J’aurais pu choisir médiateur internet.Médiateur numérique a retenu mon intention. Seul Sylvère Mercier parlait de médiation numérique à l’époque. La définition qu’il proposait me correspondait (et me correspond encore du reste).

Au blog

Ainsi j’étais le seul dans ma commune, et même dans mon département à m’occuper à 100% d’usages numériques. Je n’ai que pour simple feuille route, une feuille blanche. Ma hiérarchie et mes élus avaient saisi une opportunité. Ils n’avaient pas l’intention de donner du sens au lieu, ni au travail que je faisais. C’était à moi de tout inventer. Aussi j’ai cherché à savoir ce que d’autres faisaient. Internet devint ma source d’information. Je constatais qu’il était très difficile de trouver des exemples d’ateliers, des ressources. C’est parce que j’avais eu du mal à trouver des éléments que j’ai fais le choix de créer ce blog. Je me posais des questions, je n’avais pas de réponse. Cela devait être un exercice de style. Je n’avais jamais tenu de blog, je voulais savoir ce que cela impliquait au long cours. Je n’avais pas anticipé les “conséquences”.

De la mise en lumière.

J’ai acheté le nom de domaine en mai 2010. Fin août je n’avais publié que deux articles. Dans mon expérimentation je me retrouvais confronté à la fois à des problèmes techniques qu’a celui de trouver des sujets. Ma première ligne éditoriale était de parler de ce qui m’amusait, me questionnait ou m’agaçait dans mon quotidien. Alors que je n’avais que deux articles, que je m’interrogeais même sur le troisième est intervenu Netpublic. “C’est l’un des nouveaux blogs qui fait sensation dans le secteur de l’accès public à L’internet en cette rentrée. Ce blog est très intéressant car il apporte une distanciation et un recul critique sur le métier d’animateur multimédia, ses missions et les pratiques pédagogiques liées à l’accompagnement des publics des Espaces Publics Numériques (EPN)… Des articles qui font réfléchir et se poser des questions sur la média numérique. » Cette mise en lumière a changé le statut du blog et m’a donné des “responsabilités” . J’ai mis plus de trois mois avant de publier le troisième article. C’est le temps qu’il m’a fallu avant de trouver le sens de ce support.

A l’engagement

Plus d’un an après mon premier article se tenaient les assises de la médiation numérique. J’avais entre temps intégré le réseau régional de l’internet accompagné. Je fus assez surpris de la teneur de ces premières assises. J’ai déjà eu l’occasion de le dire sur ce blog. Je mesurais le décalage entre ce qu’un cercle de penseurs prônait et le quotidien des animateurs multimédia. Le tchat des assises montrait également l’incompréhension entre ceux qui définissaient hors-sol la médiation numérique et les acteurs (dont je faisais partie). Il y a eu un hold-up intellectuel à mon sens. Depuis, il y a eu de nombreux débats sur les définition, les mots. J’avais le sentiment qu’on oubliait parfois le sens. Il me paraissait important de faire corps pour donner sens.

Faire corps

En 2012 à Autrans, les Tiers Lieux s’organisaient en “groupe”. J’assistais à cette synergie. Je ne comprenais pas pourquoi, nous n’arrivions pas à nous organiser. J’ai mis plusieurs années avant d’essayer d’organiser cette fédération. Seul on va plus vite, ensemble on va plus loin. J’ai mesuré chaque jour de cette aventure la pertinence de faire corps. Et même si l’aventure ne fut pas une réussite, il n’en demeure pas moins qua la nécessité de faire corps soit toujours pertinente à mon sens. Je ne peux que souhaiter que la coopérative puisse fédérer les forces vives autour de ces enjeux.

De médiateur à vigie.

Aujourd’hui, libéré de toutes obligations professionnelles je me suis interrogé sur le sens de ce médium. Il était celui d’un professionnel aujourd’hui sans emploi. Mais sur ces douzeannées, il me reste surement encore des choses à restituer ici. A restituer, voire à transmettre. Je suis persuadé de l’importance de la médiation numérique. Peut-être pourrais je convaincre l’un d’entre vous sur ce point. Et si vous êtes de ceux qui analysaient mes écrits en me prêtant des intentions, prenez la peine de les vérifier à la source.

2 comments

  • Franck

    Que tu sois avec ou sans emploi, tes réflexions demeurent intéressantes Loic . Et j’apprécie le recul que tu prends sur la thématique (le métier) de médiation numérique. Merci pour ça.

  • Mickaël

    Un métier que je ne voulais pas faire, que j’ai finalement aimé pratiquer pendant 6 ans et qui me manque aujourd’hui. Et oui, avant j’étais médiateur numérique …. mais ça c’était avant.
    Je n’arrive pas aujourd’hui à retrouver ce sentiment d’aimer ce que je fais, je le fais heureusement un peu en associatif (on ne se refait pas). Espérons que les mentalités de nos dirigeants changeront et verront l’importance de la mednum

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