De l’impro au théâtre conventionnel

Récemment, je m’amusais de la présentation d’un comédien dont le cursus indiquait qu’il avait fait de l’improvisation avant de faire du théâtre conventionnel.  En questionnant l’auteur de cette présentation sur sa définition du théâtre conventionnel, il me renvoya sur une pratique plus ancrée dans l’histoire du théâtre non improvisé.

La poule et l’œuf

Force est de constater que même chez les amateurs de théâtre, la pratique de l’improvisation est un phénomène récent. Pourtant, sans vouloir rentrer dans une querelle pour savoir si l’improvisation est plus ancienne ou non, la comedia dell’arte est sans contestation un genre théâtral improvisé que les passionnés de théâtre qualifieront volontiers de “conventionnel”. En fait ce débat (et je devrais dire “non-débat”) me rappelle aussi celui entre le Jazz et la Musique (avec un grand M, la vraie musique…). Nos esprits peut-être trop cartésiens oublient que l’improvisation est présente dans les pratiques artistiques depuis que la pratique artistique existe.

Histoire de conventions

Quand on se penche sur l’histoire, on peut également s’arrêter sur l’Impromptu de Versailles, une pièce improvisée de 1663 jouée par Molière !  De nos jours encore, des grands conservatoires formant les futurs professionnels aux ateliers de théâtre loisirs de nos quartiers, tous intègrent l’improvisation dans leurs enseignements. L’improvisation n’est pas un “sous-genre” du théâtre, elle en est une partie intégrante, l’un et l’autre se nourrissent mutuellement.  Faire de l’improvisation, c’est faire du  théâtre différemment. Tout comme on ne joue pas du Racine de la même manière que du Ionesco.

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