Improvisation et écriture

ecrireDans des ateliers d’improvisation il n’est pas rare de récupérer des transfuges du théâtre traditionnel. Ceux-ci viennent souvent en improvisation pour échapper aux “rigueurs” du théâtre classique. Pourtant même dans la rigueur d’un texte imposé, de rôles attribués, d’une mise en scène précise, il reste une part de liberté à l’acteur pour improviser. De la même manière, improviser ne peut se faire de manière chaotique en permettant aux jouteurs de faire ce qu’ils veulent sur scène. Et pourtant, à travers quelques petits exercices on peut arriver à toucher du doigt les limites de chacune de ces contraintes. Nous allons aborder dans un premier temps l’écriture en improvisation, puis dans un autre article j’évoquerais le chaos en improvisation.

En scène.

L’improvisateur est tour à tour comédien, musicien (parfois), auteur et metteur en scène.  Je  vous propose ici quelques exercices pour travailler la mise en scène. L’idée générale de ces exercices est de laisser l’improvisateur guider ses collègues en donnant ces instructions. Celles-ci peuvent porter sur la manière de jouer, sur le placement des comédiens ou même sur l’histoire elle-même.  L’objectif étant qu’une fois redevenu comédien, il puisse s’appliquer ses propres conseils.

Ecrivez nous une impro

Faîtes plusieurs groupes de quatre à cinq improvisateurs, affectez les autour d’une table avec un stylo et des papiers. La consigne est d’écrire le synopsis d’une improvisation que va jouer une autre table. Ils devront définir précisément la plateforme de base à savoir le Qui, le Quoi et le Où.  Puis, l’animateur des tables leur demandera de générer une rupture (“quand tout à coup”) et de déterminer comment elle se résout. Dans ce travail d’écriture collaborative, il ne faut surtout pas hésiter à questionner le groupe sur ses choix. L’un des premiers réflexes est de vouloir mettre en scène tous les autres comédiens d’un coup. Demandez leur de justifier leur choix, de savoir si deux comédiens n’auraient pas suffit. Faîtes décrire les personnages. Dans une scène avec deux amis d’enfance, il nous faut connaître les prénoms des personnages par exemple. Pointez tous les détails qui vont permettre d’enrichir la scène en lui donnant le plus de vie possible. La table désigne ensuite un metteur en scène qui va se charger de transmettre les consignes de jeu à l’autre table. Là aussi insistez sur le décor, sur le tempo de l’histoire (si les personnages s’énervent demandez au bout de combien de temps de jeu ils doivent commencer à s’agacer etc…

Le triangle d’or

Cet exercice met en avant le travail du rythme dans une scène. Placez une chaise en devant de scène face au public. Un joueur se positionne sur cette chaise de la manière la plus neutre possible. Un deuxième va entrer du fond gauche, s’avancer vers la chaise et repartir vers le fond droit de manière à dessiner un triangle. Donnez une phrase simple à dire à ce joueur (“j’ai quelque chose à te dire”, “j’attendrai le temps qu’il faudra”, “tu m’as déçu”, “je ne suis pas celui que tu crois” etc…), et donnez lui comme instruction de prononcer cette phrase au niveau e la chaise, avant qu’il n’arrive à la chaise et après qu’il y soit parvenu. Ne donnez aucune consigne à celui qui est assis. Observez et faîtes observer comment le ton et l’émotion changent en fonction du positionnement scénique.

En ce qui me concerne j’aime essaimé les exercices liés à la mise en scène au milieu de séquences et travailler deux ou trois séquences spécifiques intégralement sur certains aspects précis.

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