Qui fait l’info sur le net ?

News Stand @ Beijing City
Il y a quelques semaines de cela dans le cadre de la semaine des médias à l’école, la question posée était : qui fait l’info ?  S’il n’est pas toujours facile de savoir qui fait l’info, par contre il est certain que l’info se fait sur internet.

Le twitter buzz

Twitter semble s’imposer de plus en plus comme le média du temps réel.  Cela est surement du à la simplicité d’utilisation du service et à l’audience qui peut être générée par un bon message. Cette montée en puissance de Twitter n’est pas sans poser quelques soucis notamment aux médias traditionnels. Comment le journaliste doit-il se comporter vis à vis de cet outil ? Peut-il diffuser de l’information sur Twitter au risque de ne pas garder l’exclusivité pour son média ? Peut il citer Twitter comme source au risque que certaines informations ne soient pas données par des journalistes mais par des citoyens ordinaires ? Comment peut-il alimenter un compte Twitter, sachant que chacun des ses gazouillis peut être repris (retweeté devrais-je dire) ou sera considéré comme une information fiable ?

L’avis du CSA

Quand les journalistes se posent des questions sur l’évolution, il y a plusieurs façons de répondre. La réponse du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel, vient nous plonger tout droit dans la quatrième dimension. Pour se faire une idée plus précise des conséquences de cette décision il convient de se reporter au billet de Jean Christophe Dupuis-Rémond sur son blog (auquel la syndication est vivement recommandée). Quelques jours plus tôt, en pleine tourment #DSK c’est canal Plus qui s’illustrait en interdisant à ses journalistes de twitter alors que ceux-ci se servaient de Twitter pour informer. Le fameux web 2.0, ou web social en portant tous les internautes en qualité de contributeurs a fait de chacun d’entre nous une source d’information. De fait le métier de journaliste évolue et les “indics” des séries noires deviennent des “twittos”. Le journaliste se mue ainsi en manager de communauté virtuelle, à défaut de faire l’info, c’est lui qui en atteste et en vérifie la qualité.

En ce qui me concerne, je vous invite à poursuivre la conversation sur mon compte twitter @emediateur

Un verre ça va, trois verres bonjour les débats

Apéritif - repas parents 2 Les beaux jours arrivent, nous allons bientôt ressortir les barbecues et peut-être même oser s’organiser des apéros. Cela tombe plutôt bien, notre gouvernement par la voie de madame Jeannette Bougrab, secrétaire d’Etat à la Jeunesse, a annoncé la désignation de « médiateurs » dans chaque département. « Ces médiateurs départementaux auront pour rôle de coordonner, avec le référent national au sein de mon ministère, l’ensemble de ces événements festifs » a tenu à préciser Madame Bougrab.

Pourquoi un Monsieur Apéro Facebook ?

Selon Le Figaro, Jeannette Bougrab a rappelé que la consommation de « produits psycho-actifs », (drogue, alcool etc.) avait entraîné la mort d’une dizaine de jeunes depuis une dizaine d’années lors de rassemblements festifs, notamment à Nantes en mai dernier. « Nous devons protéger notre jeunesse de ses propres excès », a-t-elle souligné.

On souligne trop souvent le rôle “diabolique” de Facebook dans le comportement des jeunes. Force est de constater que les apéros Facebook auront permis au gouvernement de se pencher sur la consommation excessive d’alcool.Globalement, on estime ainsi à 45 000 le nombre de morts par an, directement ou indirectement imputables à l’alcool. Or il aura fallu attendre l’arrivée du phénomène Facebook pour que quelqu’un s’intéresse au problème. Sauf qu’en fait ce n’est pas l’alcool ou la drogue qu’on veut réguler c’est le net…

Et pour les Twunch ?

Voyons donc le côté positif de la chose la mise en place d’un Mr Apéro Facebook pourrait avoir deux conséquences. Premièrement les jeunes vont se ruer sur Twitter pour pouvoir organiser des Twunch. Pendant ce temps là, les vieux quant à eux pourront rester sur Facebook, le secrétariat d’état à la jeunesse n’est pas leur autorité de tutelle. Deuxièmement plus personne ne sera obligé de participer à la fête des voisins celle-ci devient caduque. Rappelons quand même que le Sénat figure en premier dans la liste des partenaires de ce qui ressemble tout de même fortement à un apéro géant. Mais bon, vu qu’il n’est pas organisé au travers de Facebook, cela change tout.

Trois règles pour bien râter sa web-campagne électorale

Vote Here Dans l’indifférence généralisée, nous venons de procéder à l’élection des derniers conseillers généraux.  Au delà de cette élection, je me suis intéressé à la manière dont les candidats aux élections locales utilisaient le web comme outil de propagande.  Force est de constater qu’en matière d’usages à internet, les élus (et au delà les candidats) sont loin des usages moyens.

Règle 1 : ne pas dire qu’on est sur le web.

Dans le canton que j’ai observé avec le plus d’attention seuls deux candidats sur sept avaient une présence connue sur internet. Présence connue est déjà un grand mot. En effet, j’observe la vie citoyenne de cette commune depuis plus de dix ans et la présence des blogs de ces deux candidats éteint connus  plus par le fruit de recherches personnelles que par une campagne de communication quelconque de l’un ou l’autre des candidats. Sans surprise aucun de ces deux candidats n’a mentionné l’existence de son blog sur ses éléments de communication de campagne (tract, affiche, profession de foi). D’où une question assez bête mais à quoi peut servir un blog si on n’en communique l’adresse à personne ? Quelle est l’utilité pour un candidat à une élection locale de posséder un tel outil de communication ?

Règle 2 : la communication ne se fait que dans un sens.

“Je suis quelqu’un de très ouvert au dialogue” prétendait l’un des candidats. N’en doutant pas une seconde, je me rends sur son blog pour y constater que je n’ai pas la possibilité de glisser un seul commentaire (fusse t-il en sa faveur). Ce candidat est surement quelqu’un de très ouvert au dialogue mais en tout cas pas sur le web, il a choisi de rendre l’internaute complètement muet. Même le formulaire de contact de son blog renvoit vers la personne qui a réalisé le blog… Quant à l’autre candidat c’est un peu mieux, il faut le concéder. Il permet à l’internaute de commenter mais modère les commentaires (ce qui sommes toutes peut se comprendre lorsqu’on est en campagne électorale). Là où c’est amusant c’est quand il ne publie pas les commentaires mais qu’il publie des copiés collés de certains commentaires avec des coupes bien entendu ! Inutile de dire que dans ces conditions les commentaires publiés sont toute à la gloire du candidat….

Règle 3 : mes idées sont miennes, défense d’en parler.

En consultant les mentions légales de blogs de candidats, je fus très surpris d’y voir figurer cette mention : “toute reproduction et/ou représentation, partielle ou totale, est strictement interdite sans accord préalable” ! Ah ? En admettant donc qu’un article d’un candidat me plaît je n’est surtout pas le droit de le partager. Curieux. Si par hard il me venait à l’idée de vouloir faire pointer un lien vers le site de ce candidat, les mentions légales me rappellent que le candidat “n’est pas responsable des liens hypertextes susceptibles de pointer sur son site. Il interdit la mise en place de tels liens sans son accord préalable écrit.”

Bien entendu aucun des candidats n’est présent sur les réseaux sociaux, que ce soit à titre personnel, ou au titre d’un groupe type “pour que machin soit élu”. Il ne faudrait surtout pas utiliser ces outils qui déshumanisent les relations. Il est bien plus efficace d’organiser une réunion de quartier traditionnelle avec dix personnes. Une récent article dans la lettre du cadre territorial nous apprenait que “les élus municipaux sont ainsi, comme l’ensemble de la population française, une écrasante majorité à disposer d’une connexion internet, que ce soit en mairie (96%) ou à leur domicile (79%). En revanche, alors que près d’un citoyen français sur deux (45%) dispose d’une page Facebook, seuls 17% des élus peuvent en dire autant.”

Nous ne pouvons donc que constater cette fracture numérique qui est souvent couplée avec une fracture générationnelle. Comment ne pas se rappeler les remous qu’avait crées le Député Tardy qui avait oser twitter depuis l’Assemblée Nationale ? Ce qui est inquiétant c’est que ce sont nos élus qui décident des orientations à prendre en matière de médiation numérique. Il est donc de notre devoir de médiateur numérique de nous consacrer à ce public si particulier afin que nous puissions mener à bien nos missions. regardez comment vos élus s’emparent du web dans votre commune et n’hésitez pas à nous faire des retours.

Ma vitrine magique

Alter Ego
Alter Ego par rebecca de leon sur Fickr

Les nouvelles technologies et les réseaux sociaux impactent considérablement nos modes de vie, et encore plus ceux de nos adolescents.

Nous avons du mal à nous expliquer ce que nos enfants peuvent bien se dire pendant des heures à travers les réseaux sociaux. Si nous accédons à leurs historiques de navigation ou si nous observons leurs publications nous restons tout aussi sceptique sur l’intérêt de la discussion autour de la nouvelle coupe de cheveux de Mélanie.. C’est le propre de la relation entre l’adolescent et l’adulte, un fossé d’incompréhensions les sépare.  Fossé qui s’agrandit de surcroît par notre incompréhension (relative certes) des nouveaux moyens de de communication.

L’appel de la tribu.

Un phénomène vieux comme le monde, pour s’émanciper comme individu l’adolescent suit les codes de la tribu, et ces codes évoluent avec l’âge. La génération des “digital natives” se retrouve sur Facebook ou sur World of Warcraft, c’est ainsi. Pour être en relation avec ses pairs l’adolescent doit être présent là où les autres le sont, montrer qu’il partage les codes communs. Le phénomène d’identification est souvent la motivation première de l’adolescent. Si vous posez la question à un adolescent du pourquoi il est présent sur facebook, il répondra quasi invariablement “parce que tout le monde y est”. Le réseau social lui permet ainsi de rester en contact avec ses pairs. Les adultes ne perçoivent que trop souvent que le côté chronophage de l’activité et non son intérêt en tant qu’outil de socialisation. Le réseau a l’avantage de permettre à l’adolescent d’expérimenter tout en lui donnant un sentiment de sécurité. L’expérimentation se construit assez souvent seul dans sa chambre et l’interface de l’ordinateur lui donne la sensation de pouvoir agir en toute liberté sans risquer d’intrusion dans son intimité. Il reste maître de ce qu’il produit et de la partager avec qui il veut. Dans sa quête d’identité personnelle il a plutôt tendance à partager avec tout le monde sans distinction. Pour autant il a consciences des risques inhérents à ce type de comportement. Des jeunes adolescents me confiaient ainsi qu’ils restaient vigilants sur leur cercle de diffusion, leur tribu. L’un d’entre eux m’expliquait ainsi qu’il avait créé plusieurs profils, l’un pour ses amis et l’autre pour sa famille ou ses professeurs.

L’alter ego numérique.

Sur Warcraft, je suis un puissant seigneur de guerre, on me respecte. J’ai créé ma propre guilde et je commande à plusieurs dizaines de joueurs. Dans la vie réelle, je suis l’élève moyen auquel personne ne prête attention. Les univers virtuels offrent un large spectre d’expérimentation aux adolescents, les jeux vidéos en ligne en sont un excellent exemple. Notre perception d’adulte nous fait souvent voir cet univers que sous son aspect “addictif”.  Dans notre esprit l’adolescent qui passe des heures sur son jeu est un asocial. Et pourtant c’est loin d’être le cas. L’essence même des jeux en ligne massivement multi joueurs fait que l’adolescent ne peut accomplir sa quête seul, il doit s’il veut parvenir à son objectif  rejoindre une tribu, une guilde dans l’exemple de World of Warcraft. Se faisant il doit obéir à des règles. Les joueurs ont un code de déontologie qui n’est pas sans rappeler celui de nos cours d’écoles : ne pas s’attaquer aux novices, ne pas voler ses camarades de jeu, ne pas mettre en péril la guilde par un comportement irraisonné, etc…Les jeux favorisent également l’entraide et la cohésion de groupe. L’atteinte d’un objectif particulièrement élevé se planifie longtemps à l’avance. Les leaders mettent en place une stratégie dans laquelle les tâches sont réparties, les moyens sont mutualisés et optimisés. Les guildes sont des mini-sociétés dans lesquelles, chacun peut s’exprimer, chacun peut obtenir de la reconnaissance soit par ses propos soit par ses actes. La reconnaissance est justement ce que vient chercher notre adolescent. Enfin, en se promenant dans les mondes virtuels d’avantage de joueurs trentenaires que d’adolescents. Pourtant on entend assez rarement les médias nous parler des néfastes de l’addiction aux jeux vidéos pour un cadre d’entreprise. L’addiction c’est une maladie exclusivement réservée aux adolescents et les jeux vidéos ne présentent  des risques que pour les adolescents…Nous avons du mal à prendre le jeu au sérieux, sauf si ce sont des jeux d’adultes…pour autant la pédagogie par le jeu n’est pas une nouveauté, mais bon les mentalités ont du mal à changer…

Un souffle de liberté…

Non ce n’est pas ce que vous pensez, nous n’allons pas évoquer dans ce billet les bouleversements actuels ayant lieu au Moyen orient. A l’heure où l’internet civilisé pourrait être au menu du prochain G20, à l’heure où des pétitions circulent pour réclamer la libération des données échangées sur Facebook en amont des mouvements révolutionnaires en Tunisie ou en Égypte, nous pouvons nous interroger sur “l’internet libre”.

Freedom
par josef grunig

Internet régulé ?

Dans les années 90, Internet était, dans mon esprit, un espace de libertés absolues, l’endroit de tous les possibles. C’était d’ailleurs avant tout en ce qui me concerne un délire de science-fiction.

Les “netrunners” se connectaient littéralement à un câble qui les permettaient de projeter un avatar personnalisé dans la “matrice”. Ces “netrunners” avaient quelque chose d’héroïque. Dans cet univers cyberpunk, ils étaient souvent des pirates informatiques qui s’infiltraient dans les réseaux afin d’obtenir des informations pour lutter contre les mégacorporations. Le cyberespace tels que défini dans l’univers de la SF était certes un espace souvent dangereux, mais surtout un espace dans lequel les “opprimés” (quelque soit la définition que l’on donne à ce mot) venaient chercher les clefs de leur liberté. Mais cela n’était que la fiction.

Assez rapidement, les médias usuels (et en particulier la télévision) ont présenté ce nouvel espace de liberté comme étant l’espace de tous les dangers : le far web (expression que j’emprunte à Pierre KOSCIUSKO-MORIZET dans son rapport relatif à la création du Conseil National du Numérique : “l’internet   n’est   pas   « sous-régulé »   comme   peuvent   l’imaginer   certains   interlocuteurs.  L’internet n’est pas le « far web ». L’internet n’est pas une zone grise dépourvue de toute  législation. L’internet n’est pas la zone sans foi, ni loi. L’internet et ses acteurs sont soumis à  de  nombreux  textes  législatifs  et  réglementaires,  dont  certains  destinés  à  s’appliquer  spécifiquement  à  ce  secteur.”) La sortie du Président de la République Jacques Chirac à l’encontre de yahoo à propos de la mise en vente des objets nazis aura marqué au moins dans les esprits du grand public (Le récit qu’en fait Jean Michel BILLAULT sur son blog est à savourer sans modération). A compter de cet épisode, il est apparu évident pour le grand public qu’il fallait réguler l’internet. Assez paradoxalement nous n’étions qu’une dizaine de millions à naviguer sur la toile à cette époque mais il est vrai que la peur de l’inconnu a toujours été prétexte à réguler et le cyberespace n’a pas échappé à la règle. La mise en exergue des réseaux pédophiles ou des réseaux terroristes ont permis au nom de la sécurité de l’état de mettre en place toute une série de mesures où au résultat l’adolescent qui “pirate” un cd tombe sous le coup d’une loi anti-terroriste !

Internet civilisé ?

Lors de ses vœux au monde de l’éducation et de la culture, le Président de la République, Nicolas Sarkozy a eu cette petite phrase :“Nous allons mettre sur la table une question centrale, celle de l’Internet civilisé, je ne dis pas de l’internet régulé, je dis de l’internet civilisé”. L’internet civilisé, voici une expression qui revient depuis quelques années dans les paroles de nos responsables politiques et qui devrait trouver corps (?) au cours du sommet du G20.

Pour civiliser un espace fusse t’il le cyberespace, il faut déjà considérer que cet espace n’est qu’un. Or le cyberespace est multiple, l’internet chinois n’a que peu à voir avec l’internet à la française.L’objectif donc serait de parvenir à faire évoluer vers le mieux ce cyberespace. Évidemment la notion de mieux est toute relative. Du haut de mon petit statut de médiateur numérique, je me suis posé la question de comment je m’y prendrais pour guider mon public vers un meilleur internet. Voici donc ma modeste contribution.

Pour voguer vers un meilleur internet, il me semble primordial d’être le mieux équipé. Dans un souci de faire accéder des cybernautes à une meilleure culture du cyberespace, il paraît donc judicieux d’utiliser le navigateur qui offre le plus de souplesse, celui qui est le plus performant, celui qui saura le mieux s’adapter aux usages de chacun d’entre nous. En outre, nous pourrions même considérer que pour aller loin dans le cyberespace, il conviendrait de ménager sa monture : l’ordinateur. A ce titre, il paraît indispensable de l’équiper d’un opérateur système efficace. En somme le premier point pour civiliser le cybernaute consiste donc à l’outiller sous licence libre.

Bien entendu, une fois sur la toile il faut apprendre à ce cybernaute à écrire sa requête dans la barre d’adresse et non dans le cadre de recherche du moteur qui analyse toutes nos données. Il faut expliquer que chacun des clics que ferra ce cybernaute est un acte politique et qu’en conséquence, il doit se prémunir de tomber sous l’emprise de cette société californienne qui exerce un tel monopole sur le cyberespace qu’elle est en mesure de dicter à des pays la conduite qu’ils doivent tenir. Civiliser internet c’est se passer de Google.

Civiliser l’internet c’est permettre à tous les cybernautes de vivre en paix et de ne pas tomber sous le coup de la régulation qui s’applique notamment au droit d’auteur. Le web 2.0 c’est la possibilité pour chacun d’entre nous d’être un auteur de cette culture collective. Charge à chacun d’entre nous donc de permettre à tous d’utiliser (ou non) notre travail. Ne pas se positionner sur nos créations de l’esprit publiées sur internet c’est empêcher à d’autres de pouvoir partager nos créations et d’éveiller ces derniers à une plus haute conscience.

Civiliser l’internet c’est encore permettre à chacun de rester propriétaire de ses données personnelles, de ne pas être tributaire du bon vouloir de Mark Z. pour avoir accès à des données qui ont une importance capitale pour l’histoire d’un pays. C’est la possibilité de pouvoir supprimer simplement ses données et pouvoir faire valoir son droit à l’oubli.

Certains diront surement que cet internet là n’est que science fiction, pourtant il est possible. ne serait-ce pas du rôle du médiateur numérique de guider les internautes vers cette vision de l’internet ?


A la poursuite d’un emploi sur le web

J’ai eu la chance de participer à plusieurs rencontres autour de la thématique de l’emploi. S’il y a un bien un domaine sur lequel le médiateur numérique doit concentrer ses efforts, c’est bien ce lui de l’emploi. En effet, le chantier est bien vaste…et la recherche d’un emploi sur internet peut relever du film d’aventure…

Dématérialisation

TravailC’est en 1995 avec la loi sur la modernisation de l’état que la dématérialisation va devenir un leitmotiv. Pour autant il faudra attendre une bonne dizaine d’années et l’arrivée de l’ADSL pour que l’on passe à la vitesse supérieure en la matière. En matière de recherche d’emploi,la création du Pôle Emploi a encore accéléré les choses et évidement la politique du gouvernement en matière de réduction des effectifs de la fonction publique a joué aussi un rôle prépondérant dans cette dématérialisation. Tant et si bien que même un aide-maçon doit avoir un lot de compétences numériques minimum pour pouvoir trouver un emploi.

En effet, même l’inscription aux services de pôle Emploi s’effectue depuis Internet. Plus besoin de se déplacer, sauf pour l’entretien avec le conseiller. Ce qui apparaîtrait logique à mon sens pour palier la fermeture de certains sites et éviter à des usagers des dizaines de kilomètres, serait d’équiper les pôle Emplois en Web-Cam. Bon, nous n’en sommes pas tout à fait à dématérialisé les rendez-vous, mais cela ne saurait tarder.

Mission Impossible

Pour ceux qui n’auraient pas accès à Internet, l’inscription par téléphone est possible à partir du 3949. Pas facile, à croire que ce 3949 n’a que comme mission que de réorienter les usagers vers internet. Qu’à cela ne tienne, nous voilà inscrits sur le site de Pôle Emploi, rendez-vous à l’agence pour la suite.

A l’agence après le rendez-vous avec un conseiller, on profite d’être sur place pour utiliser les ressources de l’agence. Direction les ordinateurs pour saisir CV, lettre de motivation. Motivation : c’est le mot qui convient le mieux dans cette démarche. Une fois devant l’ordinateur, vous n’avez pas la possibilité d’activer un éditeur de texte et un seul est disponible celui de Pôle Emploi. Au mieux, il est possible de saisir son CV sur un ordinateur (enfin quelque chose qui y ressemble) dédié pour pouvoir l’imprimer. Bien entendu sur cet appareil il n’est possible d’avoir accès qu’à l’éditeur de texte. Pour les audacieux qui souhaiteraient inclure une photo ou encore sauvegarder ce CV sur un support amovible, c’est juste pas possible.  dans le meilleur des cas il est bien possible de brancher sa clef USB, mais impossible d’accéder à son contenu…

Qu’importe, passons à la phase deux du plan la recherche d’emploi. un seul site est disponible celui de Pôle Emploi. Après le rendez-vous avec le conseiller emploi, vous êtes reparti avec un conseil type :

“N’hésitez pas à utiliser le site de Pôle Emploi, vous recevrez bientôt une convocation pour faire le point sur vos recherches…”

Seul au monde…

Le site de Pôle Emploi est bien plus qu’un site emploi, tellement riche qu’il est même difficile de trouver quelqu’un au sein de Pôle Emploi qui puisse en tirer toute la quintessence. Un site tellement complexe, qu’il apparaît parfois plus simple de s’en passer. Et sans vouloir ôter du mérite aux agents de Pôle Emploi, il n’est pas dans leurs missions, a priori, d’expliquer à un demandeur d’emploi comment se servir d’un ordinateur. Il est capital pour un médiateur numérique d’entrer en relation avec l’agence pôle emploi locale. l’accompagnement des demandeurs d’emploi est souvent un enjeu financier important et le médiateur numérique offre une solution concurrentielle particulièrement efficace, mais pas nécessairement gratuite. Pourquoi serait il normal de contracter avec un organisme de formation pour l’accompagnement à la rédaction de CV en facturant la prestation à hauteur de 45 € / heure, alors qu’il apparaît anormal de valoriser le travail du médiateur numérique.

Le CV en ligne, les réseaux sociaux professionnels, l’identité numérique, la création de boite à lettre électronique relèvent de notre compétence. sauf erreur de ma part nous ne travaillons pas bénévolement. parfois même, certaines structures cherchent une assise financière plus assurée. Un partenariat “intelligent” avec Pôle Emploi peut s’avérer un partenariat “gagnant-gagnant” et à la vue du fossé numérique qui se creuse au niveau des demandeurs d’emploi, il est grand temps que les médiateurs numériques se manifestent. peut-être même que cela devrait se faire au plus haut niveau…

Internet, chasse gardée des jeunes ?

5997796753_07dca0b04f_z

La Délégation aux Usages de l’Internet propose une e-formation aux usages responsables de l’internet initiée par Tralalère et le Céméa. Cette formation est à destination des animateurs d’Espaces Publics Numériques. Déjà on peut s’étonner du public cible, tant il semble évident qu’un animateur d’EPN est formé à ces usages responsables de l’internet.  Envisageons plutôt cette formation en ligne comme une remise à niveau, ce qui est toujours utile.

Continue reading “Internet, chasse gardée des jeunes ?”

Assistance électronique ou dépendance numérique ?

GPS Backup

Dans l’univers des nouvelles technologies il y a toujours quelque chose de nouveau, “on n’arrête pas le progrès”. Cependant, parfois il est des avancées technologiques sur lesquelles on peut émettre un doute quant au progrès qu’elles représentent. Prenons par exemple le Global Postionning System plus connu sous son acronyme GPS.

Continue reading “Assistance électronique ou dépendance numérique ?”

Être ou ne pas être sur Facebook ?

This is not communication

Certaines collectivités se posent la question de savoir s’il faut être ou ne pas être présent sur le réseau social “Facebook”. Dans une liste de discussion de professionnels des collectivités locales, voici la réponse que donne un cabinet “attention, y être c’est aussi s’exposer aux critiques… ” Voici un argument qui devrait finir de convaincre tous les maires de France et de Navarre de ne pas être présent sur les réseaux sociaux. Pour aborder la question avec un peu plus de sérieux, tentons de répondre à la question du Chargé de Communication de Maville : “faut-il être présent sur Facebook” ?

Continue reading “Être ou ne pas être sur Facebook ?”

Sensibiliser aux usages d’internet ?

I <3 the internets!

La conduite de séquence de sensibilisation aux usages d’internet est un exercice de style faisant partie du bagage obligatoire du médiateur numérique (ou animateur multimédia, mais remettons ce débat là à plus tard). Bien que passage quasi incontournable de la fonction, le rôle du médiateur numérique est d’y donner un sens.

La peur du méchant loup.

C’est le nom que je donne à la méthode utilisée par mon opérateur. Il n’y a pas si longtemps de cela je reçois un appel du service commercial de mon fournisseur d’accès à internet (FAI).  Après les politesses d’usages celui souhaite m’interroger sur les mesures de sécurité prises sur mon ordinateur (rien que ça).  Mon interlocuteur me demande d’abord si j’ai des enfants qui utilisent l’ordinateur, puis si mon ordinateur est équipé d’un anti-virus, d’un anti-espiogiciel (spyware), d’un anti-rootkit, d’un anti-phishing et d’un logiciel de contrôle parental (et peut-être encore d’autres programmes). Je réponds à ce dernier ce qu’il veut entendre, que j’ai des enfants qui accèdent à mon ordinateur et que je n’ai aucun des logiciels qu’il a mentionné (ce qui en plus est vrai). Mon interlocuteur prend un ton alarmiste et limite me sermonne sur mon rôle de parent qui devrait faire plus attention parce que Internet c’est quand même dangereux. Fort heureusement mon FAI a créé un pack sécurité pour que je puisse utiliser tout cela tranquillement pour la modique somme de 5 € par mois ! Il s’en est fallu de peu pour que je résilie mon abonnement pour éviter l’exposition à un tel risque. Pour la petite histoire, quand le commercial m’a demandé quelle version de Windows j’utilisais et que je lui ai répondu que j’étais sous Linux il a raccroché.

Cette stratégie commerciale est souvent utilisée et demandée. Combien d’interventions ont lieu sur les risques ou les dangers liés à Internet ? Sur la cyberadiction , le happy-slapping , l’accoutumance aux jeux vidéos, le sexting…? La stratégie de la peur n’est efficace que pour éloigner une partie du public d’un danger, hors le propos du médiateur numérique est d’amener le public à internet. Il conviendrait de privilégier la stratégie de la confiance plus que celle de la défiance. De surcroît, en utilisant la stratégie de la peur on donne inconsciemment du crédit à une frange de la population qui pense qu’Internet est source de tous les maux et que c’est la raison pour laquelle il faut en réguler l’accès et les usages.

Bien entendu, éluder la question risque n’est pas le propos. Mais le risque ça se maîtrise et ça se relativise. Si quand vous apprenez à conduire, on ne vous parle que du nombre de morts sur la route ou d’accidentés graves de la circulation, cela ne vous donne pas envie d’aller plus loin; fort heureusement on vous enseigne le code, puis la façon de décrypter la route et même la bonne conduite …

Le risque existe, recevoir un polluriel est un risque. Les conséquences n’ont rien de titanesque, mais il n’empêche que cela devrait être le danger le plus courant auquel sera confronté l’internaute moyen. Ajoutons ensuite, l’acquisition de virus par les supports mobiles et l’usage des jeunes qui demande un traitement à part entière.

Les enfants du Web.

Dans les programmes scolaires, l’usage de l’informatique est devenue une compétence clef. le Brevet Informatique et Internet est obligatoire pour prétendre au Brevet des Collèges. Nos enfants sont confrontés dès le plus jeune âge à un outil qui nous est aussi commun que le stylo, l’ordinateur. Là où cela commence à se compliquer légèrement, c’est que l’encadrement n’est pas toujours à l’aise avec cet outil.  Au delà de cela il y a “l’après” école. Quand un enfant rentre chez lui et indique qu’il faut qu’il apprenne sa leçon de poésie ou fasse des exercices de mathématiques cela parle à tous les parents. Quand demain, il va dire qu’il faut qu’il mette son prof de français en partage sur Google Docs pour relire sa rédaction (déjà vu), pas sur que tous les parents suivent…

C’est à partir de l’âge de 8 ans que l’Internet est introduit dans l’enseignement en pratique. C’est à partir de cet âge là qu’il convient d’éduquer l’enfant aux usages. Dans l’école tout se passe bien, les accès au web et le matériel  sont filtrés et surveillés autant par des machines que par des hommes. Cependant, aucune garantie n’existe pour que ces conditions soient reconduites à domicile. Déjà, il faut partir du principe qu’il y a à domicile l’accès à ces ressources. Pour pallier cette déficience, l’Espace Public Numérique à un rôle majeur à jouer, à lui de se rapprocher de son inspection académique. Pour être certain de trouver un environnement sécurisé au domicile, on pourrait visiter chaque domicile pour vérifier et paramétrer la configuration de chaque ordinateur. Il y a fort à parier que le coût en serait affecté à la famille, ce qui impliquerait une démarche volontaire et, du coup, surement pas majoritaire. Le mieux serait d’accompagner (que je préfère à éduquer) les parents à l’usage de cet outil dans la scolarité de leurs enfants. Fournir aux parents des logiciels ressources (libres) utilisés à l’école (comme la suite G-compris par exemple) et quelques conseils avisés sur la gestion d’Internet. Et surtout,il convient d inscrire cette démarche dans le temps. En intervenant dès 9-10 ans, il n’est peut-être pas très utile d’évoquer les principes fondamentaux liés à la liberté d’expression applicables sur Internet. Il vaut peut-être mieux vanter les mérites de la présence d’un adulte pour aller sur l’ordinateur (de la même manière que pour apprendre sa poésie, ou faire ses exercices de maths) et de l’utilité d’un logiciel de filtrage de contenus. Inscrire sa démarche dans le temps c’est prévoir de revenir plus tard quand l’enfant sera au collège, qu’il sera confronté à d’autres problématiques, y compris au niveau des nouvelles technologies.

Pour conclure.

Parler de sensibilisation aux usages d’internet, c’est parler d’éducation aux médias. Pour pouvoir éduquer, il convient d’apprendre à comprendre. Dans cette tâche, le tort du médiateur numérique serait de partir seul tel Don Quichotte. S’agissant d’enjeux de société, mieux vaut s’assurer d’être bien entouré. De la même manière, il ne faut pas se leurrer, ce n’est pas en menant une séquence sur les “dangers de Facebook” que les choses risquent de changer. Cela se saurait…

Continue reading “Sensibiliser aux usages d’internet ?”