Education ou propagande numérique ?

Dans de nombreux établissements scolaires, la prévention de la délinquance numérique est devenue une préoccupation majeure. Cette préoccupation n’est pas issue ex nihilo, elle fait suite a une série de campagnes gouvernementales bien affutées. Ainsi le module “naviguer dans un environnement plus sur” est au programme de toutes les classes depuis la primaire a travers le brevet informatique et internet. Il est d ailleurs interessant de constater que ce module est devenu petit a petit “usages responsables de l’internet”.   Comme on est jamais aussi bien servi que par soi-même, le gouvernement a confie l’education aux usages numériques aux acteurs du web! Tout comme le géant de la malbouffe viendrait dans nos écoles pour nous parler d’équilibre alimentaire, une société privée vient civiliser nos jeunes internautes dans nos collèges. La percée de cette société dans nos collèges met en évidence deux problématiques. D une part nos collèges ne sont pas en capacités de répondre a cette demande. Le millefeuille administratif, fait que nos collèges dépendent de nos départements, or les départements ayant mis en place une programme d’ éducation aux usages numériques sont rares. D’autre part les professeurs formés à ces contenus ne sont pas légions n’ont plus. Quand on voit également comme le C2i2e est parfois “donné automatiquement” aux enseignants, il y a tout lieu d être inquiets Pour pouvoir mettre en place un programme d’éducation aux usages numériques, il faudrait idéalement pouvoir s’appuyer sur un acteur opérationnel identifié. Dans les communes, les espaces publics numériques apparaissent comme des interlocuteurs identifiés pour aborder les usages numériques. Cependant ces espaces numériques ont un périmètre d’intervention souvent limité à leur financement. D autre part, les portes des collèges (et des lycées a fortiori) restent souvent hermétiques aux espaces numériques, toujours pour des raisons administratives (mais ce coup ci liée a l’administration “éducation nationale”). Combien même elles pourraient s’ouvrir sur une commune, ces portes ne seraient pas accessibles sur la commune d’à côté. Aussi il apparait fondamental dans le cadre de la réforme des collectivités territoriales d inscrire au chapitre des compétences de la politique de la ville, l’éducation aux usages numériques.

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Améliorer la relation numérique à l’usager

Le 26 septembre le député Franck Riestler a remis à Valérie Pécresse, ministre du budget, des comptes publics et de la réfome de l’état, un rapport issu d’un groupe de travail autour de l’amélioration de la relation numérique à l’usager.Ce rapport comporte 15 propositions et l’un des axes  est l’accompagnement personnalisé usagers) pour renforcer  le développement des usages numériques. La Proposition n° 9 “Soutenir l’utilisation des services en ligne dans les lieux d’accueil du public”, telle est la neuvième proposition du groupe de travail d’experts mené par le député Riestler. Dans cette proposition le député mentionne la possibilité de s’appuyer sur les Espaces Publics Numériques pour accompagner les usagers dans la e-administration. Rappelons donc à ce groupe d’experts le rôle d’un Espace Public Numérique : accompagner tous les publics pour tous les usages du numérique. On pourra ainsi se référer à l’étude de l’Agence Nouvelle des Solidarités Actives sur le lien entre la Politique de la Ville et un Espace Public Numérique. L’accompagnement de l’utilisateur doit être la priorité première dans ce type d’initiatives. Le groupe de travail ne semble pas interpellés par le fait que seuls 2,5 millions d’utilisateurs aient créé un compte sur mon service-public.fr.  Comparativement au 40 millions d’internautes en France, cela représente une proportion particulièrement faible. Quand dans le même temps 47% des français jugent la dématérialisation des services publics trop avancée et que 34 % des citoyens déclarent être prêts à se rendre dans des lieux publics proches de chez eux s’ils y sont accompagnés pour utiliser un ordinateur ou Internet, cela démontre clairement que c’est l’accompagnement aux usagers qu’il faut privilégier. Faîtes le en-ligne ! Le groupe de travail préconise notamment de mettre en place une campagne du type “faîtes le en ligne, nous vous montrons comment” en s’appuyant sur les Espaces Publics Numériques. Si la volonté de nouer un partenariat avec les Espaces Publics Numériques se concrétise de manière opérationnelle, il faudrait alors permettre d’aller chercher les populations les plus éloignées du numérique. Le député Riestler évoque à juste titre la faible proportion de seniors connectés (19% des plus de 65 ans sont

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Les alcoves du net

“Tout ce que vous publiez pourra être un jour retenu contre vous”. C’est en quelque sorte l’un des principe régissant l’usage du web qui est devenue une préoccupation majeure de bon nombre d’internautes.” Cachez ce profil que je ne saurais voir… J’observe que de plus en plus de personnes me contactent pour effacer leur trace sur internet. Souvent ces personnes ont déterré des pages internet datant de Mathusalem dans lesquelles elles figurent. Rappelons quelques principes simples atour de la loi informatique et libertés (tirés du site de la CNIL) “Pour demander la suppression des informations vous concernant sur un site internet, il faut tout d’abord vous adresser à son responsable.C’est le responsable du site internet, qui met en ligne ces informations, qui peut décider d’exclure du référencement de son site certaines pages.Vous trouverez des éléments d’information sur son identité dans les mentions légales ou les conditions générales d’utilisation du site. Si vous ne trouvez pas ces informations sur le site, vous pouvez retrouver l’identité et l’adresse du propriétaire  du nom de domaine dans les bases de données whois de n’importe quel bureau d’enregistrement de nom de domaine.” E reputation ou réputation virtuelle. “Pour faire supprimer une information vous concernant sur une page web, vous devez justifier auprès du responsable en quoi la publication de ce contenu nuit à votre réputation ou à votre vie privée.” La réputation en ligne ne se base pas uniquement sur ce que nous disons mais aussi sur ce qu’il est dit de nous sur le web et ce qui en ressort aux yeux de tous. Cette définition que j’emprunte à l’équipe de Technofutur TIC met en lumière les trois axes autour desquels se construit ma réputation en ligne : ce que je dis, ce que l’on dit de moi et surtout ce que l’on en pense. Et sur ce dernier point, il est assez difficile de préjuger ce que le tout venant va tirer de ma présence en ligne. En effet, il faut tout d’abord préjuger que l’on veuille mesurer ma réputation en ligne. Si je reste relativement prudent sur les données que je publie personnellement,

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L’Espace de Médiation Numérique

  En ouverture des Assises de la médiation Numérique à Ajaccio, il a été présenté une définition de la médiation numérique bien singulière. Si le souhait de l’orateur était de faire réagir , force est de constater que la réussite a été au rendez-vous. Ce qui m’a le plus interpellé dans la définition de cet orateur c’est la logique de cloisonnement. Qu’est-ce qu’un Espace Public Numérique ? Le site NetPublic nous rappelle qu’un espace public numérique est :”destiné à tous les publics, un espace public numérique propose à ses usagers des activités variées et encadrées, par le biais d’ateliers collectifs, mais également dans le cadre de médiations individuelles et de plages réservées à la libre consultation.(…)Il contribue également à promouvoir les usages et à faciliter la découverte au plus grand nombre de l’accès aux Technologies de l’Information et de la Communication et aux principaux usages de l’internet.” A la lecture de cette définition et plus encore de la Charte NetPublic, on se rend compte qu’il n’y a pas de distinction dans la qualité du lieu. Les bibliothèques, médiathèques, bureau information jeunesse sont aussi des Espaces Publics Numériques. La confusion pour certains vient du fait que “Espace Public Numérique” est anciennement un label et il n’est pas rare que des agents de médiathèque ne considèrent pas leur structure comme un Espace Public Numérique. L’Espace de Médiation Numérique. La médiation numérique peut s’envisager comme une posture. Il s’agirait ainsi d’utiliser l’outil numérique (quelqu’il soit) pour faire le lien entre l’usager et un contenu dématérialisé.  Par exemple se servir de l’outil numérique pour permettre à un usager de parcourir une exposition du Grand Palais. Certains diront que c’est de la médiation culturelle par la médiation numérique. Pourquoi pas. Mais pour que cet usager soit autonome dans sa recherche culturelle, il faut au préalable qu’il ait appris à se servir de l’outil numérique en tant que tel.Si je me positionne dans un centre social et que j’explique à un usager comment faire sa demande de casier judiciaire en ligne, cela devient de la médiation sociale. A écouter certains la médiation numérique ne consisterait qu’à

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De l’animateur multimédia au médiateur numérique

L’animateur multimédia L’animateur multimédia est généralement présenté comme un pédagogue doublé d’un technicien. Ainsi sur le site du CIDJ ” activités éducatives, artistiques, ludiques, techniques, lui servent d’applications pédagogiques pour ses « élèves ». Il procède à ses activités d’enseignement, d’accompagnement individuel ou collectif en organisant des ateliers. Il conseille, explique, démontre par l’exemple et propose divers exercices d’application. Explications du fonctionnement et du maniement des outils et familiarisation des principaux usages de l’internet constituent le « plat de résistance » de son métier. L’animateur remplit aussi une activité de maintenance courante du matériel et des logiciels des postes informatiques. “ Sortie de son contexte cette définition pourrait faire penser à celle d’un professeur en nouvelles technologies.  Si l’apprentissage des nouvelles technologies est effectivement l’une des composantes de ce métier, l’animateur multimédia n’est pas le seul professionnel à intervenir sur ce domaine. Le médiateur numérique Au sein d’un même territoire, de nombreux acteurs sont concernés par l’apprentissage des nouvelles technologies, en premier lieu l’éducation nationale et les organismes de formation. Cet apprentissage démarre dès le primaire par l’intermédiaire du Brevet Informatique et Internet. Le module 2 (adopter une attitude responsable) de ce B2i est souvent celui qui pose le plus de difficulté dans sa transmission, et les écoles sont nombreuses à faire appel à des intervenants extérieurs. Le profil de ces intervenants montre bien l’étendu des notions à appréhender pour bâtir une culture numérique de base. Parfois il est fait appel à la Gendarmerie (ou à la Police), parfois à des prestataires privés dépendant de grosses sociétés américaines, parfois à des associations locales, et parfois même à des animateurs multimédias. Le rôle du médiateur numérique est de pouvoir fédérer l’ensemble de ces acteurs autour d’une définition de la culture numérique de proximité. A cet effet cette culture numérique doit s’envisager tout au long de la vie et être le reflet d’une politique locale coordonnée. C’est en ce sens, à mon avis, qu’il faut parler de médiation numérique et non d’animation multimédia. Peut-être aurons nous le plaisir d’en débattre aux Assises de la Médiation Numérique ?

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