Trois règles pour bien râter sa web-campagne électorale

Dans l’indifférence généralisée, nous venons de procéder à l’élection des derniers conseillers généraux.  Au delà de cette élection, je me suis intéressé à la manière dont les candidats aux élections locales utilisaient le web comme outil de propagande.  Force est de constater qu’en matière d’usages à internet, les élus (et au delà les candidats) sont loin des usages moyens. Règle 1 : ne pas dire qu’on est sur le web. Dans le canton que j’ai observé avec le plus d’attention seuls deux candidats sur sept avaient une présence connue sur internet. Présence connue est déjà un grand mot. En effet, j’observe la vie citoyenne de cette commune depuis plus de dix ans et la présence des blogs de ces deux candidats éteint connus  plus par le fruit de recherches personnelles que par une campagne de communication quelconque de l’un ou l’autre des candidats. Sans surprise aucun de ces deux candidats n’a mentionné l’existence de son blog sur ses éléments de communication de campagne (tract, affiche, profession de foi). D’où une question assez bête mais à quoi peut servir un blog si on n’en communique l’adresse à personne ? Quelle est l’utilité pour un candidat à une élection locale de posséder un tel outil de communication ? Règle 2 : la communication ne se fait que dans un sens. “Je suis quelqu’un de très ouvert au dialogue” prétendait l’un des candidats. N’en doutant pas une seconde, je me rends sur son blog pour y constater que je n’ai pas la possibilité de glisser un seul commentaire (fusse t-il en sa faveur). Ce candidat est surement quelqu’un de très ouvert au dialogue mais en tout cas pas sur le web, il a choisi de rendre l’internaute complètement muet. Même le formulaire de contact de son blog renvoit vers la personne qui a réalisé le blog… Quant à l’autre candidat c’est un peu mieux, il faut le concéder. Il permet à l’internaute de commenter mais modère les commentaires (ce qui sommes toutes peut se comprendre lorsqu’on est en campagne électorale). Là où c’est amusant c’est quand il ne publie pas les commentaires mais

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Ma vitrine magique

Les nouvelles technologies et les réseaux sociaux impactent considérablement nos modes de vie, et encore plus ceux de nos adolescents. Nous avons du mal à nous expliquer ce que nos enfants peuvent bien se dire pendant des heures à travers les réseaux sociaux. Si nous accédons à leurs historiques de navigation ou si nous observons leurs publications nous restons tout aussi sceptique sur l’intérêt de la discussion autour de la nouvelle coupe de cheveux de Mélanie.. C’est le propre de la relation entre l’adolescent et l’adulte, un fossé d’incompréhensions les sépare.  Fossé qui s’agrandit de surcroît par notre incompréhension (relative certes) des nouveaux moyens de de communication. L’appel de la tribu. Un phénomène vieux comme le monde, pour s’émanciper comme individu l’adolescent suit les codes de la tribu, et ces codes évoluent avec l’âge. La génération des “digital natives” se retrouve sur Facebook ou sur World of Warcraft, c’est ainsi. Pour être en relation avec ses pairs l’adolescent doit être présent là où les autres le sont, montrer qu’il partage les codes communs. Le phénomène d’identification est souvent la motivation première de l’adolescent. Si vous posez la question à un adolescent du pourquoi il est présent sur facebook, il répondra quasi invariablement “parce que tout le monde y est”. Le réseau social lui permet ainsi de rester en contact avec ses pairs. Les adultes ne perçoivent que trop souvent que le côté chronophage de l’activité et non son intérêt en tant qu’outil de socialisation. Le réseau a l’avantage de permettre à l’adolescent d’expérimenter tout en lui donnant un sentiment de sécurité. L’expérimentation se construit assez souvent seul dans sa chambre et l’interface de l’ordinateur lui donne la sensation de pouvoir agir en toute liberté sans risquer d’intrusion dans son intimité. Il reste maître de ce qu’il produit et de la partager avec qui il veut. Dans sa quête d’identité personnelle il a plutôt tendance à partager avec tout le monde sans distinction. Pour autant il a consciences des risques inhérents à ce type de comportement. Des jeunes adolescents me confiaient ainsi qu’ils restaient vigilants sur leur cercle de diffusion, leur

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Un souffle de liberté…

Non ce n’est pas ce que vous pensez, nous n’allons pas évoquer dans ce billet les bouleversements actuels ayant lieu au Moyen orient. A l’heure où l’internet civilisé pourrait être au menu du prochain G20, à l’heure où des pétitions circulent pour réclamer la libération des données échangées sur Facebook en amont des mouvements révolutionnaires en Tunisie ou en Égypte, nous pouvons nous interroger sur “l’internet libre”. Internet régulé ? Dans les années 90, Internet était, dans mon esprit, un espace de libertés absolues, l’endroit de tous les possibles. C’était d’ailleurs avant tout en ce qui me concerne un délire de science-fiction. Les “netrunners” se connectaient littéralement à un câble qui les permettaient de projeter un avatar personnalisé dans la “matrice”. Ces “netrunners” avaient quelque chose d’héroïque. Dans cet univers cyberpunk, ils étaient souvent des pirates informatiques qui s’infiltraient dans les réseaux afin d’obtenir des informations pour lutter contre les mégacorporations. Le cyberespace tels que défini dans l’univers de la SF était certes un espace souvent dangereux, mais surtout un espace dans lequel les “opprimés” (quelque soit la définition que l’on donne à ce mot) venaient chercher les clefs de leur liberté. Mais cela n’était que la fiction. Assez rapidement, les médias usuels (et en particulier la télévision) ont présenté ce nouvel espace de liberté comme étant l’espace de tous les dangers : le far web (expression que j’emprunte à Pierre KOSCIUSKO-MORIZET dans son rapport relatif à la création du Conseil National du Numérique : “l’internet   n’est   pas   « sous-régulé »   comme   peuvent   l’imaginer   certains   interlocuteurs.  L’internet n’est pas le « far web ». L’internet n’est pas une zone grise dépourvue de toute  législation. L’internet n’est pas la zone sans foi, ni loi. L’internet et ses acteurs sont soumis à  de  nombreux  textes  législatifs  et  réglementaires,  dont  certains  destinés  à  s’appliquer  spécifiquement  à  ce  secteur.”) La sortie du Président de la République Jacques Chirac à l’encontre de yahoo à propos de la mise en vente des objets nazis aura marqué au moins dans les esprits du grand public (Le récit qu’en fait Jean Michel BILLAULT sur son blog est à

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A la poursuite d’un emploi sur le web

J’ai eu la chance de participer à plusieurs rencontres autour de la thématique de l’emploi. S’il y a un bien un domaine sur lequel le médiateur numérique doit concentrer ses efforts, c’est bien ce lui de l’emploi. En effet, le chantier est bien vaste…et la recherche d’un emploi sur internet peut relever du film d’aventure… Dématérialisation C’est en 1995 avec la loi sur la modernisation de l’état que la dématérialisation va devenir un leitmotiv. Pour autant il faudra attendre une bonne dizaine d’années et l’arrivée de l’ADSL pour que l’on passe à la vitesse supérieure en la matière. En matière de recherche d’emploi,la création du Pôle Emploi a encore accéléré les choses et évidement la politique du gouvernement en matière de réduction des effectifs de la fonction publique a joué aussi un rôle prépondérant dans cette dématérialisation. Tant et si bien que même un aide-maçon doit avoir un lot de compétences numériques minimum pour pouvoir trouver un emploi. En effet, même l’inscription aux services de pôle Emploi s’effectue depuis Internet. Plus besoin de se déplacer, sauf pour l’entretien avec le conseiller. Ce qui apparaîtrait logique à mon sens pour palier la fermeture de certains sites et éviter à des usagers des dizaines de kilomètres, serait d’équiper les pôle Emplois en Web-Cam. Bon, nous n’en sommes pas tout à fait à dématérialisé les rendez-vous, mais cela ne saurait tarder. Mission Impossible Pour ceux qui n’auraient pas accès à Internet, l’inscription par téléphone est possible à partir du 3949. Pas facile, à croire que ce 3949 n’a que comme mission que de réorienter les usagers vers internet. Qu’à cela ne tienne, nous voilà inscrits sur le site de Pôle Emploi, rendez-vous à l’agence pour la suite. A l’agence après le rendez-vous avec un conseiller, on profite d’être sur place pour utiliser les ressources de l’agence. Direction les ordinateurs pour saisir CV, lettre de motivation. Motivation : c’est le mot qui convient le mieux dans cette démarche. Une fois devant l’ordinateur, vous n’avez pas la possibilité d’activer un éditeur de texte et un seul est disponible celui de Pôle Emploi. Au mieux, il

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Internet, chasse gardée des jeunes ?

La Délégation aux Usages de l’Internet propose une e-formation aux usages responsables de l’internet initiée par Tralalère et le Céméa. Cette formation est à destination des animateurs d’Espaces Publics Numériques. Déjà on peut s’étonner du public cible, tant il semble évident qu’un animateur d’EPN est formé à ces usages responsables de l’internet.  Envisageons plutôt cette formation en ligne comme une remise à niveau, ce qui est toujours utile.

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