Vers le Formateur 2.0

L’UMP et le PS viennent de publier leur proposition de projet numérique en vue des élections présidentielles de 2012.  L’un et l’autre font une part belle au développement d’une culture numérique au près de tous les Français. Ainsi l’UMP :” “L’Internet fait intégralement partie de notre société. Il faut apprendre à chacun des Français à utiliser « l’outil », à en comprendre les nouveaux usages et leurs conséquences: il faut former, éduquer, informer toujours plus,..” Le C2i2e/formateur Avec plus de 4000 lieux sur tout le territoire, les Espaces Publics Numériques sont les lieux d’éducation aux usages du numérique pour tous. L’animateur multimédia a pour mission d’apprendre à utiliser l’outil et de faire comprendre les usages. Cependant les jeunes générations sont elles formées et éduquées à l’outil et à ces usages au sein des établissements scolaires ? Initier aux outils et aux usages demandent des compétences spécifiques qui sont validées à ce jour par le Certificat Informatique et Internet niveau 2. Ce certificat est parfois donné au sein de l’Éducation Nationale sans aucune vérification des aptitudes et/ou capacités à intégrer les nouvelles technologies dans l’enseignement. Paradoxalement, ce certificat n’est pas accessible aux animateurs d’Espaces Publics Numériques dont c’est pourtant la mission. On peut ainsi se trouver sur certains territoires dans une situation avec un enseignant qui possède le diplôme mais pas les compétences et un animateur d’Espace Public Numérique qui possède les compétences mais pas le diplôme.  Le C2I Éducation est par ailleurs délivré par l’Éducation Nationale. Sont admis à se présenter au C2i2e les candidats engagés dans une formation de l’enseignement supérieur conduisant à la délivrance d’un diplôme ou d’un titre reconnu par l’État de niveau bac + 5, les candidats titulaires d’un diplôme de niveau bac + 5, les enseignants en poste et les formateurs. Problème supplémentaires, les animateurs d’Espace Public Numérique ont rarement un diplôme de formateur. C’est face à ce type de constat qu’est menée en ce moment une expérimentation visant à délivrer le C2i2e pour des formateurs, y compris pour des animateurs d’Espaces Publics Numériques. Un groupe de pionniers, dont je fais partie, teste actuellement cette

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De la Promotion des Usages Responsables…

La Hadopi souhaite mobiliser les collectivités territoriales via les espaces Publics Numériques et les écoles pour influer sur le comportement des internautes en matière d’usages responsables d’internet. Les instituteurs et animateurs multimédias seront ainsi amener à prêcher la bonne parole en expliquant de manière pédagogique l’importance du droit d’auteur. Dans l’absolu, il n’est pas incohérent qu’un animateur multimédia prône un usage responsable d’internet. D’ailleurs, l’animateur multimédia n’a pas attendu la Hadopi pour le faire. L’usage responsable peut se décliner en trois phases. La protection de l’individu. Dès le plus jeune âge, l’internaute va être invité à contrôler son identité numérique. Évidement, en classe de CE 2, il y a peu de chance pour que soit utilisé le terme d’identité numérique et encore moins de personnal branding. L’accent va être mis d’avantage sur le caractère public d’internet et par conséquent sur l’attention à apporter sur les informations transmises en clair. L’usage responsable sera là d’alerter sur le risque potentiel de transmettre des données personnelles en clair. L’usage responsable c’est de faire appel à la prudence de l’internaute quand il publie des informations sans nécessairement agiter l’épouvantail du pervers.  Il y a bien d’autres “désagréments” liés à la transmission de données personnelles, être médiateur numérique c’est aussi être responsable dans l’analyse des risques. La protection de la machine La sécurité informatique est une préoccupation qui doit être intégrée au plus tôt dans les usages responsables. Cette sécurité informatique va de paire avec la protection de l’individu. L’usage responsable consisterait à ménager sa monture si l’on veut surfer loin. Il en va ainsi de l’antivirus au choix du navigateur, voire de l’OS. Être un médiateur numérique responsable, c’est peut-être aussi orienter vers un Opérateur Système fiable. L’ordinateur est un objet mécanique tout autant qu’une voiture et pour autant on se soucie assez peu de la fiabilité de l’outil. Adopter une aptitude responsable vis à vis de sa navigation sur le net, c’est aussi repérer les pièges et, tant qu’à faire, les éviter. Le respect de la loi L’internet n’est pas un espace sans loi et des préconisations du type “n’insulte pas un prof

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La médiation numérique au service d’un territoire

La médiation numérique se pense au niveau d’un territoire. Elle met en lien des personnes (morales ou physiques) et des lieux de médiation. Beaucoup d’acteurs ont la volonté de faire de la médiation numérique. Le médiateur, lui a pour rôle de transformer ces essais en coup de maître. La médiation numérique un enjeu à la portée de tous ? La première étape du processus est de faire prendre conscience à tous que l’éducation aux usages numériques est un enjeu de société majeur. La première difficulté consiste donc à sensibiliser “tout le monde”.  Le rôle du médiateur numérique est d’être à la pointe de cette sensibilisation. En théorie, un médiateur numérique doit avoir une très bonne culture numérique.  Savoir créer un compte Twitter est à la portée de tous, manipuler un smartphone aussi; comprendre le modèle socio-économique de l’outil et les enjeux éducatifs qui y sont liés sont du domaines de la médiation numérique. Ce n’est pas en passant un clip de 2 minutes et 30 secondes sur le label pur que l’on explique ce qu’est le droit d’auteur. La pollinisation numérique L’erreur à ne pas commettre serait de ne se considérer ou de se faire considérer comme seul capable. L’objectif du médiateur est d’essaimer une culture numérique à l’échelle de son territoire. Pour se faire, il peut s’appuyer sur des vents portants qui lui sont favorables. L’éducation au numérique est inscrite dans les programmes scolaires.  L’éducation nationale va être naturellement le premier lieu vers lequel se tourner. Problème, l’éducation nationale c’est Fort Alamo. Heureusement si l’institution en elle même reste très hermétique, les correspondants TICE sont des personnes ressources sur lesquels s’appuyer. Ceux-ci interviennent au niveau primaire et utilisent les mêmes outils de sensibilisation que le médiateur numérique. Il semblera évident qu’on ne peut sensibiliser les enfants sans informer les parents, et pour ce public là, le médiateur numérique prend le relais du correspondant TICE. Qui dit parents, dit réseaux d’aide à l’éducation à la parentalité, dit compétence du Conseil général et/ou de la Direction Départementale de la Cohésion Sociale… Tous au numérique ? Ils sont nombreux à s’intéresser à

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Internet, zone à risques ?

A force d’être appelé pour animer des présentations sur les dangers d’internet, je me questionne de plus en plus sur cet amalgame entre internet et danger. D’une part on ne peut pas prétendre qu’on peut naviguer sur internet en toute impunité sans courir le moindre risque. Mais est-ce que là où il y a risque il  y a danger ? Rien n’est moins sur. Des risques liés à Internet Il va du rôle du médiateur numérique d’aborder la question des risques liés aux usages de l’internet (ou d’une manière plus générale de l’outil numérique). Les risques proviennent de l’utilisation que nous faisons de l’outil et non de l’outil en lui-même, la technologie est  neutre. Ainsi on ne peut prétendre qu’internet est dangereux, on ne peut que constater qu’un mauvais usage de cet outil engendre une prise de risques. En notre qualité de médiateur, il faut donc sensibiliser le public à un usage responsable des outils numériques.Par cet usage responsable, nous pouvons éduquer sur les risques que peuvent engendrer des mauvaises pratiques. Mais si nous véhiculons comme message qu’internet est dangereux, il faut alors être cohérent et retirer nos enfants de cet outil. L’Internet de tous les dangers Le traitement médiatique réservé à l’outil numérique n’aide guère à notre mission. Harcèlement sur Facebook, cyber criminalité, piratage, logiciels espions, et tant d’autres expression qui laissent à penser que la troisième guerre mondiale a lieu sur le net. Sortie de son contexte Hadopi, la terminologie “risposte graduée” n’est pas sans rappeler les heures de la guerre froide. Le danger, ce n’est pas Internet, c’est l’image qu’on veut nous donner cet outil formidable. Au delà de cette présentation noircie de l’outil, l’objectif est d’aseptiser cet espace de liberté au nom d’un principe de précaution dont on peut douter. La mécanique est simple, en braquant les feux de la rampe sur cet élève qui s’est fait harceler sur Facebook, on va proposer de suspendre le compte Facebook des fauteurs de troubles. Pour emballer tout cela on va s’adosser à une association qui a pignon sur rue et on va ainsi vanter les bienfaits de l’internet

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Qui fait l’info sur le net ?

Il y a quelques semaines de cela dans le cadre de la semaine des médias à l’école, la question posée était : qui fait l’info ?  S’il n’est pas toujours facile de savoir qui fait l’info, par contre il est certain que l’info se fait sur internet. Le twitter buzz Twitter semble s’imposer de plus en plus comme le média du temps réel.  Cela est surement du à la simplicité d’utilisation du service et à l’audience qui peut être générée par un bon message. Cette montée en puissance de Twitter n’est pas sans poser quelques soucis notamment aux médias traditionnels. Comment le journaliste doit-il se comporter vis à vis de cet outil ? Peut-il diffuser de l’information sur Twitter au risque de ne pas garder l’exclusivité pour son média ? Peut il citer Twitter comme source au risque que certaines informations ne soient pas données par des journalistes mais par des citoyens ordinaires ? Comment peut-il alimenter un compte Twitter, sachant que chacun des ses gazouillis peut être repris (retweeté devrais-je dire) ou sera considéré comme une information fiable ? L’avis du CSA Quand les journalistes se posent des questions sur l’évolution, il y a plusieurs façons de répondre. La réponse du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel, vient nous plonger tout droit dans la quatrième dimension. Pour se faire une idée plus précise des conséquences de cette décision il convient de se reporter au billet de Jean Christophe Dupuis-Rémond sur son blog (auquel la syndication est vivement recommandée). Quelques jours plus tôt, en pleine tourment #DSK c’est canal Plus qui s’illustrait en interdisant à ses journalistes de twitter alors que ceux-ci se servaient de Twitter pour informer. Le fameux web 2.0, ou web social en portant tous les internautes en qualité de contributeurs a fait de chacun d’entre nous une source d’information. De fait le métier de journaliste évolue et les “indics” des séries noires deviennent des “twittos”. Le journaliste se mue ainsi en manager de communauté virtuelle, à défaut de faire l’info, c’est lui qui en atteste et en vérifie la qualité. En ce qui me concerne, je vous invite

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