Quand nos données font leurs deniers

Auteur : Leonora Enking Licence BY-SA
Auteur : Leonora Enking Licence BY-SA

L’actualité récente liée au “Celebgate” (pour mémoire le vol de photos coquines de plusieurs célébrités) est riche de plusieurs enseignements. Les stars victimes de ce vol sont des digiborigènes. Agées de vingt ans, elles sont nées avec la génération internet et smartphone et force est de constater que cela ne les a pas spécialement rendues plus compétentes dans les mondes numériques. Si au moins cette affaire pouvait balayer l’idée que parce qu’on a vingt cinq ans on est forcément à l’aise avec les réseaux sociaux et les univers numériques cela serait pas mal. Mais quels sont les éléments qu’elles auraient pu apprendre autrement qu’à leurs dépends ?

Un peu de culture numérique

Pour commencer, nous aurions pu expliquer à ces jeunes filles le fonctionnement de Facebook ou de Apple (ici en l’occurrence). Il est bon de savoir que toutes les données que nous stockons chez eux sont conservées. Quand nous supprimons une photo de Facebook ou de Icloud il en reste une copie sur leurs serveurs. Pour prendre des photos coquines, je recommande l’utilisation d’un bon “vieil” appareil photo numérique. D’une part les photos pourraient être de meilleure qualité (bon cela demande une démarche artistique un peu réfléchie) et surtout ces photos n’auraient pas été transférées “automatiquement” dans l’internet des nuages. A ce propos il est surprenant de constater qu’un simple réglage aurait permis que ces photos ne soient pas disponibles dans Icloud pour ne rester que sur le smartphone. Rappelons au passage, que si le smartphone avait été reconditionné et revendu il aurait quand même été possible d’avoir accès aux fichiers de l’ancien client.

Sur les usages

 Pour accéder aux espaces de stockage en ligne d’un tiers, il faut soit que celui-ci ait rendu son contenu public, soit qu’il l’ait partagé avec nous, soit qu’on pirate ces espaces. L’une des thèses avancées par Apple est que les mots de passe de ces utilisateurs en particulier aient été piratés. On peut comprendre qu’Apple nie la présence d’une faille de sécurité dans son système et s’en remette à la négligence supposée des utilisateurs. Sur la site de Netpublic, on trouvera un article sur “comment protéger ses photos en lignes” Cet article recense huit guides pratiques sur le sujet.

Enfin si le nom de “sexting” est relativement récent, la pratique d’envois de clichés érotiques n’est quant à elle loin de l’être. Nous pouvons ainsi nous référer à cet article de slate qui nous éclaire sur les pratiques des soldats lors de la seconde guerre mondiale. Le numérique amplifie les usages (quel qu’ils soient) et peut-être que cette dimension amplificatrice n’a pas été anticipée par ces jeunes femmes pourtant habituées à gérer leur image.

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