Silence on ferme.

Our Daily Challenge - DoorsA travers les différents médias sociaux, je vois que de plus en plus d’Espaces Publics Numériques ferment leurs portes ou sont amener à les fermer très prochainement. L’ambiance est à la soupe à la grimace, les Espaces Publics Numériques sont en voie de disparition, la faute à la crise mais pas que.

Chronique d’une extinction annoncée

Outre l’argument financier de la rentabilité mis en avant par les collectivités locales qui assument souvent le portage financier (directement ou par l’octroi de subventions) des Espaces Numérique, un raisonnement assez simpliste est également mis en avant. Aujourd’hui tout le monde possède internet, il n’est donc plus utile de soutenir financièrement un Espace Public Numérique. Or “Un peu plus de 64% des ménages déclarent avoir un accès à internet à leur domicile en 2010 contre 12% en 2000”, détaille l’Insee. Alors effectivement s’il s’agît d’un choix assumé de la part d’une collectivité de fermer un service public qui ne concernerait que 36 % des ménages de son territoire, beaucoup de services publics ont à craindre de leur devenir. Si nos élus, se servent d’arguments aussi simplistes, c’est qu’ils n’ont pas perçu les enjeux liés à l’éducation numérique. Nos élus appartiennent à un public cible bien connu dans les Espaces Publics Numériques, celui qui veut juste apprendre à se servir de l’outil, sans nécessairement en comprendre l’intérêt.

La mutation de l’animateur en médiateur

C’est ce changement d’échelle qui conditionne à mon sens la mutation de nos espaces, postures et enjeux professionnels. Il faut poser comme postulat que la maitrise des usages numériques est une des prérogatives des Espaces Publics Numériques. Elle n’est pas l’apanage du champ de l’éducation nationale seule, qui reconnaît par ailleurs avoir du retard à combler en ce domaine (on pourra se référer au rapport de la mission Fourgous : apprendre autrement à l’ère du numérique). L’acquisition d’une culture numérique est une nécessité pour chacun de nos concitoyens, et encore plus pour ceux qui sont en difficulté avec la société (en situation de handicap, en recherche d’emploi, en acquisition de notre langue…), car sans cette culture numérique ceux-là ne pourraient prétendre à rejoindre notre société d’aucune autre manière. Au delà des effets sémantiques qui peuvent toujours heurter quelques uns, il s’agît d’accompagner la construction de notre société qui, elle, sera numérique à travers une politique de médiation numérique territorialisée.

 

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