Du tableau à la tablette

La tablette numérique a fait une entrée remarquée dans les usages numériques tant est si bien que leurs utilisateurs ont droit à leur vocable : les tablonautes. En France on dénombrait 20 millions de tablonautes fin mars 2012 (Voir l’étude de médiamétrie). La tablette a su très vite s’imposer pour son ergonomie d’une part mais aussi pour la qualité des applications proposées, notamment en matière d’éducation.

Une tablette dans le cartable ?

Depuis des années, le problème est récurrent, les cartables sont trop lourds. Le numérique permet de palier d’une manière substantielle ce problème. Que l’on décide d’équiper son enfant d’un netbook ou d’une tablette, le choix des nouvelles technologies apparaît comme une évidence. Pour autant, mettre une tablette dans le cartable de ses tablettes est une bonne choses, le mieux serait qu’il s’en serve à l’école.

Le premier écueil pour l’introduction des nouvelles technologies à l’école est le corps enseignant. Non pas que le corps enseignant soit hostile à ce type d’outils, mais plus parce qu’il n’est pas formé à son utilisation. “Globalement, les obstacles à l’usage des TIC sont liés à la taille des groupes d’élèves (67%) et à l’insuffisance du taux d’équipement (51%). Sont également cités comme freins, l’obsolescence du matériel, le manque de formation, les contraintes horaires et organisationnelles.” (enquête 2011 sur la pratique TIC des enseignants) Ce n’est que depuis 2012 qu’il est demandé aux candidats ou futur stagiaire professeur des écoles d’avoir le C2ie2 pour avoir suffisamment de connaissances dans le domaine informatique.

L’écueil n’est pas tant dans l’apprentissage du maniement de la tablette en soi mais bien dans son utilisation à des fins pédagogiques. C’est tout l’apport du C2i2e que de permettre d’introduire les nouvelles technologies dans sa pratique pédagogique. Il est à noter qu’à titre expérimentale, la Région Rhône Alpes a permis aux animateurs d’Espaces Publics Numériques de la région d’obtenir leur C2i2E. J’ai participé à cette expérimentation qui se termine dans quelques jours, le billet est en cours de préparation

Internet à l’école ?

Le deuxième écueil pour l’introduction des nouvelles technologies est celui des parents. Il est formidable de constater que l’introduction d’internet dans les écoles soulève autant de réactions et inquiétudes de la part des parents. A titre personnel, j’aimerais que cette préoccupation légitime se poursuive au domicile. Il est tout à fait naturel qu’un parent s’interroge sur les contenus qui seront accessibles (et surtout ceux qui ne le seront pas) via Internet à l’école ou encore s’interroge sur la possible nuisance du wifi (pendant 20 minutes) dans une classe de moyenne section. Cependant quand on renvoie les parents à leurs propres pratiques, ils mettent en avant bien souvent leur incompréhension des univers numériques et par la même leurs besoins d’accompagnement.

Cet accompagnement est d’autant plus nécessaire si par exemple on prévoit que la collectivité dote l’élève d’un équipement mobile qui puisse être amené à domicile.

 

Des équipements mobiles ?

En choisissant de doter des écoles de matériel mobile, il faut prendre garde au dernier écueil, celui de la fracture sociale. Je vois beaucoup de collectivités qui équipent leurs écoles avec des tablettes numériques afin de renforcer la réussite éducative. ces tablettes sont, sans surprises, des Ipads. Or il n’aura échapper à personne que ces tablettes ne sont pas financièrement accessibles à tous. Il faut prendre garde à ne pas créer un distingo entre les enfants qui ont un Ipad à domicile et ceux qui n’en ont pas. Aussi il convient de trouver des solutions pour permettre à tous (et plus particulièrement aux populations les plus fragiles) d’avoir accès aux nouvelles technologies. Les Espaces Publics Numériques apparaissent comme le lieu ressource pour ce type de services, d’autant qu’en plus ils sauront à même de pouvoir accompagner sur les usages.

Des outils, des usages, des médiateurs…

Le médiateur numérique doit s’inscrire dans les politiques d’acquisition d’outils au sein de la collectivité. Des nouveaux outils impliquent parfois de nouveaux usages. Les usages demandes à être accompagnés. L’Espace Public Numérique doit pouvoir s’inscrire comme Pôle de Ressources Numériques locales.

 

Vers le Formateur 2.0

CultureL’UMP et le PS viennent de publier leur proposition de projet numérique en vue des élections présidentielles de 2012.  L’un et l’autre font une part belle au développement d’une culture numérique au près de tous les Français. Ainsi l’UMP :”
“L’Internet fait intégralement partie de notre société. Il faut apprendre à chacun des Français à utiliser « l’outil », à en comprendre les nouveaux usages et leurs conséquences: il faut former, éduquer, informer toujours plus,..”

Le C2i2e/formateur

Avec plus de 4000 lieux sur tout le territoire, les Espaces Publics Numériques sont les lieux d’éducation aux usages du numérique pour tous. L’animateur multimédia a pour mission d’apprendre à utiliser l’outil et de faire comprendre les usages. Cependant les jeunes générations sont elles formées et éduquées à l’outil et à ces usages au sein des établissements scolaires ?

Initier aux outils et aux usages demandent des compétences spécifiques qui sont validées à ce jour par le Certificat Informatique et Internet niveau 2. Ce certificat est parfois donné au sein de l’Éducation Nationale sans aucune vérification des aptitudes et/ou capacités à intégrer les nouvelles technologies dans l’enseignement.

Paradoxalement, ce certificat n’est pas accessible aux animateurs d’Espaces Publics Numériques dont c’est pourtant la mission. On peut ainsi se trouver sur certains territoires dans une situation avec un enseignant qui possède le diplôme mais pas les compétences et un animateur d’Espace Public Numérique qui possède les compétences mais pas le diplôme.  Le C2I Éducation est par ailleurs délivré par l’Éducation Nationale. Sont admis à se présenter au C2i2e les candidats engagés dans une formation de l’enseignement supérieur conduisant à la délivrance d’un diplôme ou d’un titre reconnu par l’État de niveau bac + 5, les candidats titulaires d’un diplôme de niveau bac + 5, les enseignants en poste et les formateurs.

Problème supplémentaires, les animateurs d’Espace Public Numérique ont rarement un diplôme de formateur. C’est face à ce type de constat qu’est menée en ce moment une expérimentation visant à délivrer le C2i2e pour des formateurs, y compris pour des animateurs d’Espaces Publics Numériques. Un groupe de pionniers, dont je fais partie, teste actuellement cette démarche avant de la modéliser ensuite à un plus grand nombre.  Si la démarche vous intéresse n’hésitez pas à interpeller le groupe de pionniers…