J’ai testé les aides en ligne

La plateforme mes-aides.gouv.fr est juste géniale. Elle vous permet d’évaluer vos droits à 25 aides sociales. Par contre, le délai de 7 minutes est très optimiste. A titre personnel, en ayant à ma disposition tous mes papiers, une calculatrice, et une concentration maximale j’ai mis 30 minutes pour effectuer la démarche. Ce temps de 7 minutes est bien entendu un temps médian. Plus la simulation comporte de champs à remplir pour les ressources et la famille, plus la durée augmente. De plus, afin d’affiner les résultats, l’utilisateur peut indiquer en fin de parcours ses derniers revenus imposables ainsi que son patrimoine (ce que j’ai fait). 95% des situations (y compris les plus complexes) se font en moins de 30 minutes. Ainsi cette plateforme pourrait être un outil formidable pour les travailleurs sociaux notamment. Mais elle n’est pas sans poser de question sur l’accompagnement qui en découle.

 

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Des citoyens augmentés pour des territoires intelligents.

La compétence numérique est une des huit compétences clefs nécessaires à tout individu pour l’épanouissement et le développement personnels, la citoyenneté active, l’intégration sociale et l’emploi. Cette compétence vise pour chacun d’entre nous à appréhender les outils, les usages et les enjeux des univers numériques. A l’heure des procédures dématérialisées, des objets connectés, de la réalité virtuelle, de la donnée, les milliers d’espaces de médiation numérique présents en France diffusent les éléments de littératie numérique. La littératie numérique n’est pas seulement la maitrise des compétences en matière de pratiques numériques. C’est également une notion qui entraine une remise en question de ce que le numérique a changé chez les individus autour d’une nouvelle approche : celle d’une sagesse numérique qu’il convient d’enseigner à tous. Pour que nos territoires deviennent intelligents, il faut qu’ils soient intelligibles. Le rôle des médiateurs numériques est d’accompagner l’écosystème d’un territoire vers sa mutation numérique.

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Je suis Médiateur Numérique

4xfSG6OBjs-9z8B_0l1DPzl72eJkfbmt4t8yenImKBVvK0kTmF0xjctABnaLJIm9Cela fait dix ans que je suis en poste. Avant j’étais animateur multimédia, maintenant je suis médiateur numérique. Expliquer la différence entre ces deux terminologies pourrait surement faire l’objet d’un débat. A juste titre d’autres diront qu’ils sont Animateurs Socio-numérique  mais disons-le sans détour médiateur numérique c’est moins parlant que chauffeur de bus. Aussi je vais essayer de répondre à cette question simple qu’on me pose souvent : c’est quoi ton boulot au juste ?

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Littératie numérique pour tous

41785_16720836937_6242187_nQuand on évoque la question des besoins de formation en matière de numérique on pense naturellement à ce rapport publié par Syntec Numérique qui identifie plus de 36 000 créations d’emploi nettes d’ici 2018 dans les secteurs liés au numérique. On pense aussi à ces initiatives qui visent à introduire l’enseignement du code informatique à l’école dès le primaire et les formations “à la carte” à la manière de 42 de Xavier Niel ou de Simplon pour ne prendre que des exemples parmi les plus emblématiques en la matière. Et même si l’enjeu est considérable, ce besoin en termes de compétences techniques spécifiques ne représente que la face immergée de l’iceberg.

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Médiation numérique et handicap mental

Auteur : Jenn Durfey. Licence : By
Auteur : Jenn Durfey. Licence : By

Un médiateur numérique accompagne les publics éloignés aux usages du numérique. Travailler avec ces publics relève davantage de l’accompagnement social. J’ai eu la chance de partager un temps de travail avec l’équipe éducative d’un équipement accueillant des personnes handicapées mentales sur l’accompagnement aux mondes numériques de ces personnes.

Éduquons

Le problème de départ est relativement simple. Un résident consulte des sites internet dans les escaliers de la structure (seul endroit où sa tablette capte le réseau). Les sites qu’il consulte pourraient “heurter” (à prendre au sens très large) d’autres résidents; que faire ?

La mise en place d’une solution technologique s’avèrera sans effet à moyen terme. Les résidents ayant la possibilité d’avoir un smartphone connecté à la 3G (et plus si affinités) pourront contourner aisément notre éventuel dispositif de filtrage. En partant du principe que le contournement sera possible, j’ai proposé une solution visible : créer un espace de consultation libre à internet. Investir un endroit cosy dans lequel les résidents pourront se connecter à internet par le biais d’appareils mis à disposition par la structure : un micro espace “public” numérique. L’objectif de cet espace est de créer un lieu de dialogue autour du numérique. Il est également de créer un espace ressource pour les éducateurs qui pourraient se saisir de ce lieu pour mener des activités de groupe autour d’internet. Pourquoi ne pas imaginer de créer une liaison skype avec le foyer distant de 3 kilomètres ? Il permettra également d’accompagner les résidents dans leurs pratiques numériques. Que cela soit une réponse technique (imprimer un document par exemple) ou que cela soit une réponse éducative. Si l’un va sur des sites “choquants” dans notre espace public, on va pouvoir se saisir de la situation pour éduquer aux médias. Si l’autre est choqué par ce qu’il voit, l’éducateur spécialisé va pouvoir intervenir auprès du résident. Il le pourra d’autant mieux si cette situation arrive dans cet espace numérique que s’il arrivait dans sa chambre à l’insu de tous.  Si un troisième se fait “draguer” par une belle inconnue des pays de l’Est, l’éducateur pourra intervenir pour lui montrer que ce n’est qu’une supercherie. Autant de situations qui pourront être abordées par la mise en lumière des pratiques sans les juger.

Changeons

Avant de mettre en place des activités liées au numérique, j’ai proposé que les éducateurs changent eux-mêmes leur perception de l’outil. Bien souvent l’outil n’est perçu que comme problème et trop rarement comme solution. De ce que je connais des formations d’éducateur spécialisé, les mondes numériques y sont étrangement absents. Quand ils y sont présents c’est souvent pour les dépeindre d’une manière caricaturale. Quelle utilisation avez-vous vous-mêmes de ces outils numériques ? Si je prends l’exemple simple de Facebook, beaucoup l’utilisent globalement pour dire que ce week end ils vont pouvoir aller skier et que c’est cool. Combien sont membres d’un groupe de discussion sur des pratiques professionnelles ? Combien utilisent également Facebook comme source d’information professionnelle ?

Pourquoi ne pas imaginer de créer un profil facebook de l’institution avec lesquels les résidents pourraient également échanger ? Certains ont des troubles du langage mais sont à l’aise à l’écrit. D’autres pourraient profiter de l’interface écran pour dire des choses qu’ils ne diraient pas en face à face. Et bien sur, il se peut que personne ne s’en serve…

La limite entre vie privée et vie publique va être encore questionnée. Je dis encore, car elle est toujours en questionnement dans la pratique professionnelle. Connaître les mots de passe de messagerie des résidents ou voir ce qu’ils postent sur leurs murs Facebook sont des outils. L’objectif n’est évidemment pas de fliquer, mais d’être présents “au cas où”.

Libérons les énergies

“Permettre d’accéder aux codes sociaux qui faciliteront leur intégration sociale” va être l’un des objectifs types que l’on va trouver dans une structure d’hébergement de personnes handicapées. Même si les textes datent (surtout à l’échelle de l’évolution des nouvelles technologies),il me semble évident que pour exercer sa citoyenneté il est impératif d’avoir accès aux mondes numériques. Intégrer les outils numériques aux activités habituelles de nos publics, mettre en place des actions spécifiques autour de ces outils numériques comme par exemple cette magnifique reprise de “Happy” pour souhaiter une joyeuse journée mondiale de la trisomie !

 

Ressources

Je me suis documenté en amont pour préparer ce temps de travail et voici quelques petites ressources que j’ai sélectionnées pour leur intérêt :

TIC et prise en charge des personnes handicapées mentales par Audrey Bonjour et Vincent Meyer. Un article de fond très bien documenté et écrit avec une bibliographie complémentaire

“L’utilisation de l’informatique et de l’Internet par les personnes handicapées mentales accueillies en établissements spécialisés s’inscrit aujourd’hui dans les pratiques professionnelles du champ médico-social. Si cette communication médiatisée devient un relais de la prise en charge, elle équipe et valorise une professionnalité, mais participe aussi d’une évolution des représentations des professionnels sur les usagers de ces établissements.”

http://communicationorganisation.revues.org/3152

Dossier Jeu Vidéo et Handicap in “le journal d’une gameuse”. Un article présentant les différents handicaps et les répercussions pour joueur au jeu vidéo avec une deuxième partie comment rendre le jeu vidéo accessible à tous très pertinente.

“Le handicap, bien qu’étant un sujet de moins en moins tabou dans notre société, le reste bel et bien en matière de jeux vidéo. Pourtant les joueurs souffrant de handicap représentent 15 à 20% des gamers. Il serait quand même temps pour les développeurs de s’intéresser à ce public et d’arrêter de penser que les consommateurs sont forcément de jeunes hommes blancs valides et hérérosexuels…”

http://www.lejournaldunegameuse.fr/?p=666

+250 logiciels éducatifs gratuits créés pour et avec des personnes handicapées mentales

Voici une liste de plus de 250 logiciels qui nous ont semblé pouvoir intéresser les enfants ou adultes plus ou moins longtemps, et qui présentent à des degrés divers un caractère éducatif.
Cette page est en perpétuelle actualisation, et tendra à se spécialiser vers les logiciels en freeware, le budget de nombreux établissements étant encore souvent trop restreint en ce qui concerne l’utilisation de l’outil informatique par les personnes qui y sont accueillies.

http://www.siwadam.com/hmm/log00.htm

Du digital native à l’illectré

Illustration ©Simon CARUSO. www.simoncaruso.com
Illustration ©Simon CARUSO. www.simoncaruso.com

Il y a encore quelques mois, on nous parlait des “digital natives” comme des surdoués de l’internet, partant du principe que cette génération Y née avec l’internet avait nativement le code source en elle…Ces jeunes n’avaient ni besoin d’être formés, ni d’être éduqués aux pratiques numériques. Et puis il y a quelques jours cet article de slate nous rappelle qu’il y a 10 millions de français qui “souffrent d’illectronisme…

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Fracture numérique et e-inclusion au Conseil National du Numérique

Le gouvernement a demandé au Conseil National du Numérique de lui adresser ses recommandations sur les questions de fracture numérique et d’inclusion numérique.Le Conseil National du Numérique organise une consultation pour échanger sur ce sujet à son siège. Le ticket d’entrée pour participer aux “vendredis contributifs” est la rédaction d’une contribution écrite préalable.  Sur la forme je m’étonne que cette autorité n’ait pas mis en place un espace collaboratif, mais revenons au fond.

Définition de l’e-inclusion

Cette définition est celle issue du groupe de travail qui s’est déjà réuni une fois. A noter que l’e-inclusion est abordée sous son angle social, ce qui me paraît une bonne chose.

“Le groupe de travail propose de définir l’ « e-inclusion » comme « l’inclusion dans une
société et une économie où le numérique joue un rôle essentiel ». Il s’agit d’une
inclusion sociale au sens large, y compris professionnelle, économique et citoyenne.
Si l’e-inclusion ne se rajoute pas à l’inclusion sociale ou économique, si elle n’en
change pas la signification, en revanche elle en change les conditions et les moyens.
Nous considérons donc l’inclusion comme qualifiant le fait d’être un citoyen actif et
autonome de la société dans laquelle il vit, où le numérique joue un rôle essentiel.”

Contribution de la Médiation Numérique

A lire les questions que pose le Conseil national du Numérique, il semble évident que les acteurs de la médiation numérique sont sollicités. Malheureusement, à défaut de représentation nationale, d’association susceptible de répondre collectivement, les contributions vont donc être rendues “individuellement” (espérons tout de même que deux ou trois acteurs s’accordent sur une contribution commune comme cela fut le cas pour l’appel lancé il y a quelques semaines). C’est à titre individuel que je vais apporter ma contribution à cette consultation en mettant en avant le rôle des Espaces Publics Numériques dans le cadre d’une politique publique d’e-inclusion.

Soyez motivés qu’ils disaient…!

What's your motivation?

On a beau jeu de compter sur la bonne volonté des animateurs multimédias en place pour faire “reculer la fracture numérique”. C’est commode de s’en remettre à leur capacité d’autoformation. Mais il faudrait voir à ne pas pousser le bouchon trop loin non plus. N’est ce pas Monsieur Vincent Peillon ?

Ni fait, ni à faire.

“Le réseau Cyber-bases sera mobilisé dans le but de réduire la fracture numérique touchant les publics défavorisés. La Caisse des Dépôts envisage de diffuser, à partir de son portail, l’offre des grands opérateurs de l’Etat (Onisep, Cned…) à destination des enfants et de leurs parents. Les actions déjà menées par les Cyber-bases en matière de soutien scolaire, de lutte contre l’illettrisme et d’orientation et de découverte des métiers seront ainsi complétées et renforcées.” (extrait de Localtis du 21 janvier 2013)

Vous avez peut-être lu Monsieur le Ministre qu’il n’y avait que 750 Cyber-bases en France sur les 4 500 Espaces Publics Numériques recensés par la Délégation aux Usages de l’Internet (portée, je le rappelle par votre collègue Fleur Pellerin) ? Ils font quoi les 3 800 autres EPN qui ne sont pas labellisés”cyber_base” ? Le protocole de partenariat proposé est relativement clair. Les 750 cyberbases de France seront valorisés comme lieu de démocratisation numérique, les 3 800 autres non ! Puisque l’heure est à l’Open Data, je demande la transparence sur ce partenariat. En quoi mon Espace Public Numérique, labellisé NetPublic n’est il pas compétent aux yeux du Ministère de l’Education Nationale pour “réduire la fracture numérique” ? Mis à part que ma collectivité ne débourse pas 2500 € Hors Taxe par an pour obtenir et garder ce label, je ne vois pas.

Le résultat de ce protocole ubuesque est évident, pour réduire la fracture numérique, on crée une autre forme de fracture là où on aurait pu faire autrement. C’est ni fait, ni à faire, revoyez votre copie en ne rajoutant pas de l’exclusion à l’exclusion.

Pôle Emploi et l’accompagnement aux usages numériques

Entrée Chomeurs / Ingang Werklozen

Je voudrais par le biais de ce billet te remercier pour tous les usagers que tu m’envoies quotidiennement dans mon Espace Public Numérique. Il n’est pas un jour sans que quelqu’un n’arrive avec cette phrase magique “c’est Pôle Emploi qui m’envoie”. Il est vrai qu’à la vue de notre territoire commun, la probabilité qu’un usager de l’Espace Numérique n’arrive recommandé par nos soins dans ton agence n’est pas loin d’être nulle.

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Le numérique a son champion

Trophies

Réjouissons-nous, Gilles Babinet a été nommé champion du numérique (digital champion) de la France auprès de l’Union Européenne.Le 14 février 2012, le président BARROSO a adressé à chaque État membre de l’Union un courrier les invitant à nommer une personnalité au sein du programme digital champion afin de participer à la promotion des avantages de la société numérique dans le cadre de l’action menée par Neelie KROES, vice-présidente de la Commission européenne. Cette initiative est destinée à mettre la stratégie numérique au cœur des enjeux européens et à mutualiser les savoirs-faire et les projets sur le sujet. Gilles Babinet a donc été nommé le 25 juin par Fleur Pellerin.

Champion du numérique ?

Gilles Babinet n’est pas inconnu dans la sphère de l’internet puisqu’il a été le président du Conseil National du Numérique. Aussi quand j’ai vu passer sa nomination à ce poste (fonction ?) de Champion du Numérique, je me suis demandé en quoi cela consistait. Pour Gilles Babinet, “ce poste recoupe les deux facteurs qui ont le plus d’importance : le
numérique pour son potentiel de transformation et de modernisation de la société, et
l’Europe comme nécessité impérative pour nous extraire de la crise que nous connaissons”. Le volet économique de sa mission est une évidence, d’autant que Fleur Pellerin est elle-même rattachée au Ministère du Redressement productif.

Côté Europe : Chaque Champion numérique travaille avec les citoyens, les collectivités et les entreprises à exploiter le potentiel de croissance de l’économie numérique. Ils peuvent le faire de plusieurs façons: en aidant les individus à améliorer leurs compétences informatiques, en veillant à ce que le secteur public devient plus efficace et plus conviviale et en aidant les entreprises à adopter de nouvelles technologies qui leur permettront d’être plus productive et plus concurrentielle (…) Chaque Champion numérique développe des initiatives dans son propre pays pour amener les gens vers plus de numérique.

Pour faire simple Gilles a pour mission de “promouvoir les bénéfices de l’inclusion numérique “. En quelque sorte il devient un ambassadeur des Espaces Publics Numériques dont la raison d’être est d’agir en faveur de l’inclusion numérique. N’hésitons donc pas à interpeller notre champion (@babgi sur Twitter), en plus il répond aimablement. En attendant, d’organiser des trophées français de l’e-inclusion, nous pouvons toujours nous inspirer de leur version européenne. Bonne chance à Gilles dans sa mission, et apportons lui tout le soutien que nous pouvons.