Quand nos données font leurs deniers

Auteur : Leonora Enking Licence BY-SA
Auteur : Leonora Enking Licence BY-SA

L’actualité récente liée au “Celebgate” (pour mémoire le vol de photos coquines de plusieurs célébrités) est riche de plusieurs enseignements. Les stars victimes de ce vol sont des digiborigènes. Agées de vingt ans, elles sont nées avec la génération internet et smartphone et force est de constater que cela ne les a pas spécialement rendues plus compétentes dans les mondes numériques. Si au moins cette affaire pouvait balayer l’idée que parce qu’on a vingt cinq ans on est forcément à l’aise avec les réseaux sociaux et les univers numériques cela serait pas mal. Mais quels sont les éléments qu’elles auraient pu apprendre autrement qu’à leurs dépends ?

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Les VRAIS dangers du web

par @eddiejavelle généré depuis StripGenerator.com
par @eddiejavelle généré depuis StripGenerator.com

Le ministre de l’éducation nationale a fait le point sur sa stratégie “école numérique”, l’occasion est ainsi donnée d’aborder grâce au point 6 de cette stratégie un thème qui m’est cher : celui des “Vrais” dangers du web. Dans le billet précédent je faisais part du décalage entre la commande institutionnelle et les attentes des élèves sur cette notion de dangers du web. Il est à noter que le terme de “médiateur” prend tout sons sens dans ce contexte tant les demandes sont éloignées. Pour autant, ni l’une, ni l’autre n’aborde la question de ces dangers telle que je l’entends en tant que professionnel. Dans son discours à la Gaiété Lyrique, le ministre a affirmé en préambule : “nous préparons nos élèves à devenir des citoyens actifs” et en ce sens, a relancé  l’éducation aux médias.

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Le fossé éducatif numérique

Trust us, we're expert
Licence by sa Paolo Massa

Quand je fais des interventions dans les établissements scolaires, ma plus grande difficulté est liée aux écarts entre la commande institutionnelle et la demande du terrain.  En règle générale, l’institution se pose comme “ignorante” des mondes numériques et me contacte en ma qualité “d’expert” pour sensibiliser les élèves aux dangers du web.

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Peut on éduquer au numérique ?

rallye sante (6)Il y a quelques jours, je participais à une rencontre avec des professeurs de collège quand l’un d’eux me demanda si je pouvais faire une présentation sur les réseaux sociaux. Assez naturellement je lui ai demandé ce qu’il entendait par là.

« Dans le Collège, nous avons des soucis liés à l’utilisation des réseaux sociaux, il y a des bagarres qui ont lieu dans la cour d’école à cause des réseaux sociaux, et surtout de Facebook. Le Collège aimerait que tu expliques aux jeunes qu’ils ne peuvent pas faire n’importe quoi, dire n’importe quoi sur Facebook. »

Je me questionne sérieusement sur la capacité des adultes qui interviennent dans un Collège à vivre dans notre monde. Comment se fait il que des professeurs ne se sentent pas armés au point de devoir faire appel à un « expert » (je cite) pour évoquer ce genre de problèmes.

Quel est le problème au fait ?

A bien regarder, il me semble que le problème n’est à la base qu’un problème d’apprentissage de la vie en société. Ce genre de problème chez un collégien, ne me semble en rien extraordinaire. Si deux jeunes s’insultent dans la rue et se bagarrent ensuite dans la cour, va-t-on chercher un éducateur de rue pour faire un laïus sur ce qu’il ne faut pas faire dans la rue ? A priori, non. De cet angle là, je ne vois pas ce que je vais bien pouvoir leur raconter aux jeunes : « Attention, ne vous insultez pas sur Facebook, c’est pas bien ». Éduquer au numérique, ce n’est pas ça, en tout cas ce n’est pas ma conception des choses.

Quelle est la solution ?

Le plus ennuyeux dans cette histoire est finalement la solution envisagée à l’origine par l’établissement : faire appel à une association de lutte contre la pédopornographie sur internet pour sensibiliser les élèves de quatrième aux dangers sur internet. Passons sur le fait que la dite association n’intervienne plus en France et que de surcroît elle est fortement décriée, y compris dans le milieu enseignant. Comment passe t-on d’un problème mineur (des insultes dans la cour) à une solution aussi radicale ? Là encore, un peu de jugement et de recul permettraient de constater le fossé qu’il y a entre le problème et les moyens envisagés pour y pallier.

Intégrer le numérique

La solution la plus pertinente qui m’apparaît pour éduquer au numérique est d’intégrer le numérique dans la pédagogie, pour que le numérique devienne naturel.  Que le médiateur numérique soit sollicité sur cette question me paraît être une porte d’entrée légitime.  cette intégration du numérique dans la pédagogie suppose d’abord que le numérique soit autoriser à entrer dans les établissements. Pour la petite histoire, j’ai préparé mon intervention sur Twitter avec quelques élèves du collège en question, et bien entendu Twitter n’est pas accessible dans ce collège..

La Page Spotted des Médiateurs Numériques

Happy Valentine's Day!“O toi la jolie Médiatrice Numérique qui a animé le Diaspora Camp, sache que si tu veux recommencer, je te suivrais..”

Le phénomène “spotted”  consiste à déclarer sa flamme à un inconnu de manière anonyme à travers un compte lui même anonyme. 90% du temps les messages laissés par les jeunes sont plutôt fleur bleue, mais parfois cela dérape et ce sont les dérapages qui inquiètent la communauté éducative (voir cet article du cafépédagogique).

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Internet sans crainte…?

Le Jour ni l'Heure 6791 : autoportrait avec crainte et tremblement, Plieux, bibliothèque, mardi 18 octobre 2011, 25:25:31

 

Internet est-il dangereux ? Que font mes enfants sur le Web ? Où sont vraiment les risques ? Quels bons gestes sur Internet ? Payer en ligne, c’est le plus risqué, non ? Que cherchent les pirates en ligne aujourd’hui ? Le 5 février c’était la journée mondiale pour un internet (Safer Internet Day) plus sûr avec son lot de questions et d’affirmations toutes les plus angoissantes les unes que les autres…

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Soyez motivés qu’ils disaient…!

What's your motivation?

On a beau jeu de compter sur la bonne volonté des animateurs multimédias en place pour faire “reculer la fracture numérique”. C’est commode de s’en remettre à leur capacité d’autoformation. Mais il faudrait voir à ne pas pousser le bouchon trop loin non plus. N’est ce pas Monsieur Vincent Peillon ?

Ni fait, ni à faire.

“Le réseau Cyber-bases sera mobilisé dans le but de réduire la fracture numérique touchant les publics défavorisés. La Caisse des Dépôts envisage de diffuser, à partir de son portail, l’offre des grands opérateurs de l’Etat (Onisep, Cned…) à destination des enfants et de leurs parents. Les actions déjà menées par les Cyber-bases en matière de soutien scolaire, de lutte contre l’illettrisme et d’orientation et de découverte des métiers seront ainsi complétées et renforcées.” (extrait de Localtis du 21 janvier 2013)

Vous avez peut-être lu Monsieur le Ministre qu’il n’y avait que 750 Cyber-bases en France sur les 4 500 Espaces Publics Numériques recensés par la Délégation aux Usages de l’Internet (portée, je le rappelle par votre collègue Fleur Pellerin) ? Ils font quoi les 3 800 autres EPN qui ne sont pas labellisés”cyber_base” ? Le protocole de partenariat proposé est relativement clair. Les 750 cyberbases de France seront valorisés comme lieu de démocratisation numérique, les 3 800 autres non ! Puisque l’heure est à l’Open Data, je demande la transparence sur ce partenariat. En quoi mon Espace Public Numérique, labellisé NetPublic n’est il pas compétent aux yeux du Ministère de l’Education Nationale pour “réduire la fracture numérique” ? Mis à part que ma collectivité ne débourse pas 2500 € Hors Taxe par an pour obtenir et garder ce label, je ne vois pas.

Le résultat de ce protocole ubuesque est évident, pour réduire la fracture numérique, on crée une autre forme de fracture là où on aurait pu faire autrement. C’est ni fait, ni à faire, revoyez votre copie en ne rajoutant pas de l’exclusion à l’exclusion.

Ecole numérique avec ou sans epn ?

J’ai assisté à l’annonce de la stratégie “école numérique” présentée par Vincent Peillon et Fleur Pellerin à la Gaiété Lyrique.J’ai été globalement satisfait de cette présentation, plutôt bien pensée. J’ai senti dans le ton du Ministre de l’Education un certain volontarisme, mais j’ai surtout été déçu par une absence : celle des Espaces Publics Numériques.

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Action Innocence jette l’éponge

Action Innocence arrête ses actions de prévention en France pour motif économique. On notera que dans ce courrier, Action Innocence France suggère aux établissements scolaire de faire appel à d’autres organismes dont Calysto, qui est très décrié lui aussi (A lire par ailleurs cet article de Sabine Blanc sur owni). Quant aux interventions d’Action Innocence, elles n’ont pas toujours fait l’unanimité loin s’en faut comme en témoigne marc Serrand pour l’Express.

Comme l’indique Michel Guillou sur son blog il y a deux manières d’aborder la présence des jeunes sur Internet, l’éducation aux mondes numériques étant la porte d’entrée à privilégier. Dans cette perspective, les Espaces Publics Numériques devraient s’associer voir impulser des actions de sensibilisation dans les établissements scolaires sur les mondes numériques.

Un grand merci à l’ADEP74 de m’avoir signalé cette ressource

 

 

Eduquer au numérique, les enseignants ne sont pas seuls

Four Laptops Per Child« Plus de 4000 lieux publics d’accès à l’internet sont ouverts en France, dans lesquels un ou plusieurs animateurs multimédias accompagnent, initient chacun à maîtriser et bien utiliser ces outils et services offerts par internet et plus largement par les technologies de l’information et de la communication.»

(Netpublic.fr)

 

Des ressources locales

Ces lieux d’accès publics à internet plus communément appelés Espaces Publics Numériques (EPN) sont souvent des lieux financés par les collectivités locales. Ces EPN ont toute légitimité pour accompagner les enseignants dans leur approche personnelles des mondes numériques. Au-delà des enseignants, les EPN peuvent s’inscrire parfaitement dans une dynamique locale. Depuis de nombreuses années les EPN s’inscrivent dans des campagnes nationales visant à réduire la fracture des usages numériques.

Ainsi en février les EPN sont invités à proposer des animations en lien avec le programme « Internet plus sur » (Safer Internet Day) destiné à promouvoir une utilisation plus sûre et plus responsable de l’Internet fixe et mobile chez les jeunes. Comment ne pas y voir un lien évident avec le module « naviguer dans un environnement plus sur » du B2i ?

Le numérique pour tous

Au-delà de la formation des enfants à un usage maîtrisé des nouvelles technologies, il est primordial que ces notions puissent s’exporter en dehors de l’école. Pour ce faire, il me paraît primordial d’associer les parents à la démarche. Les parents sont parfois en recherche de clefs de lecture des usages numériques, ils se sentent parfois dépassés et se rangent derrière la soit-disante maîtrise technique de leurs enfants pour ne pas les accompagner dans leurs usages numériques. Là encore, l’EPN est un interlocuteur naturel pour conforter le parent dans son rôle pédagogique vis à vis des nouvelles technologies. Il ne s’agît pas d’apprendre aux parents à Twitter, mais à les aider à comprendre ce que font leurs enfants dans les mondes numériques pour qu’ils puissent mieux se positionner. Bien entendu une initiation à Twitter est toujours possible dans un EPN.

A propos de l’utilisation d’un service web ou d’un logiciel, l’EPN peut accompagner l’adulte dans sa prise en main de l’outil. Demain, un enseignant d’une commune souhaite utiliser Twitter en classe. En venant dans un EPN, il pourra comprendre le fonctionnement de Twitter et apprendre à s’en servir. Il pourra bénéficier en outre de la veille qu’il effectue pour être mis en lien avec des collègues enseignants qui utilisent déjà Twitter. Enfin, il pourra solliciter l’EPN sur une fonctionnalité précise de l’outil dans 3 ou 4 mois. Charge à l’enseignant de savoir ensuite comment il va l’utiliser dans sa classe. Et pourquoi ne pas s’appuyer sur l’EPN quand la collectivité va équiper ses écoles de tablettes tactiles ? L’EPN accompagne des seniors, des demandeurs d’emplois, des personnes illettrées, des personnes en situation de handicap aux usages numériques, pourquoi ne pourrait il pas accompagner les enseignants ? Cette question se pose d’autant plus lorsque dans l’EPN de votre commune le médiateur numérique est titulaire du C2i2e éducation…

« L’école ne s’arrête pas à ses murs » déclarait Vincent PEILLON à l’assemblée de Ludovia2012, franchira t-elle la porte des EPN ?