Je suis Médiateur Numérique

4xfSG6OBjs-9z8B_0l1DPzl72eJkfbmt4t8yenImKBVvK0kTmF0xjctABnaLJIm9Cela fait dix ans que je suis en poste. Avant j’étais animateur multimédia, maintenant je suis médiateur numérique. Expliquer la différence entre ces deux terminologies pourrait surement faire l’objet d’un débat. A juste titre d’autres diront qu’ils sont Animateurs Socio-numérique  mais disons-le sans détour médiateur numérique c’est moins parlant que chauffeur de bus. Aussi je vais essayer de répondre à cette question simple qu’on me pose souvent : c’est quoi ton boulot au juste ?

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Tiers Lieux et ruralité

IMG_0925Dans le cadre des rencontres Ruralitic qui se sont déroulées au Château de Vixouze j’ai été invité à participer à la table ronde concernant les Tiers Lieux. En premier lieu ce sont les questions d’accès au réseau qui ont dominé ces deux jours de rencontre. Il y a incontestablement un décalage entre les taux de couverture annoncés par les opérateurs et la perception qu’en ont les usagers. La vérité de Paris n’est pas celle du terrain….

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Littératie numérique pour tous

41785_16720836937_6242187_nQuand on évoque la question des besoins de formation en matière de numérique on pense naturellement à ce rapport publié par Syntec Numérique qui identifie plus de 36 000 créations d’emploi nettes d’ici 2018 dans les secteurs liés au numérique. On pense aussi à ces initiatives qui visent à introduire l’enseignement du code informatique à l’école dès le primaire et les formations “à la carte” à la manière de 42 de Xavier Niel ou de Simplon pour ne prendre que des exemples parmi les plus emblématiques en la matière. Et même si l’enjeu est considérable, ce besoin en termes de compétences techniques spécifiques ne représente que la face immergée de l’iceberg.

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Coopération entre bibliothécaires et animateurs multimédia

affiche-anim-multi-et-biblio-4J’ai assisté ce jeudi 30 avril à une très belle journée d’étude appelée “Animateurs multimédia et bibliothécaires, une coopération en construction”. J’ai mis en ligne un “Storify” de cette journée à partir des tweets de quelques uns des participants.

Retour vers le futur

Le premier Espace Public Numérique a ouvert en 1995. En vingt ans la mission de ces Espaces Publics Numérique a considérablement évolué passant d’une accès à l’outil à un lieu de littératie numérique.Celle-ci consiste en «l’aptitude à comprendre et à utiliser le numérique dans la vie courante, à la maison, au travail et dans la collectivité en vue d’atteindre des buts personnels et d’étendre ses compétences et capacités» (OCDE, 2000). Au fil des années l’animateur multimédia est ainsi devenu médiateur numérique. En 2011 déjà j’écrivais un article sur cette évolution de posture. Quand j’ai crée ce blog, je me suis arrêté sur “médiateur numérique” je m’étais inspiré de la fonction de “médiateur du livre” des bibliothécaires. Par ailleurs, la définition de la médiation numérique donnée par Silvère Mercier fait d’ailleurs référence. D’une part car il s’agît à ma connaissance de la première définition du vocable et d’autre part parce qu’elle est donnée par un bibliothécaire (à relire sur le blog de Silvère Mercier). Cette définition peut complètement s’appliquer au champ des Espaces Publics Numériques. Pour autant en assistant à ces rencontres de Romans j’ai comme eu le sentiment que le rapprochement entre l’animation multimédia (ou médiation numérique) et les bibliothèques peinait à se faire.

Le blues de l’animateur multimédia.

L’animateur multimédia serait isolé, cherchant de la légitimité à sa présence et n’étant pas intégré à la médiathèque. Pourquoi ? Parce qu’il n’est pas bibliothécaire, qu’il ne gère pas de collection, qu’il n’a pas un DUT métier du livre (dans lequel on ne cause que très peu numérique de ce que j’ai compris), parce qu’il n’est pas dans le “moule”. Et pourtant c’est exactement pour cela qu’on l’embauche : pour sa capacité à être disruptif, pour sa capacité à animer des ateliers avec le public, à être innovant et à être transversal. Deux logiques de fonctionnement distinctes, d’une part la logique sillo de la bibliothèque organisée en départements, commissions et collections et celle de l’animateur multimédia qui vient mettre son grain de sable partout car le numérique est omniprésent. Un réflexe peut être trop présent celui consistant à se dédouaner de la “res numerica” de la part des bibliothécaires à l’arrivée d’un animateur multimédia. Quid alors de la continuité du service public ?

Et combien même l’animateur multimédia arriverait en terrain favorable il serait alors limité dans le champ des possibles par l’aspect matériel : réseau trop lent, filtré à outrance, ordinateurs trop vieux, charte d’utilisation inadaptée etc… Pour un peu on peut se demander si la coopération est souhaitable 🙂

Médiateur, Bibliothécaire, même combat

Qu’importe les outils, les freins et les réticences supposées ou réelles gardons à l’esprit que nos missions sont similaires !” Le bibliothécaire est un intermédiaire actif entre les usagers et les ressources offertes. La formation professionnelle et continue du bibliothécaire est indispensable pour assurer des services adéquats.Des programme d’assistance et de formation des utilisateurs doivent être fournis pour les aider à bénéficier de toutes les ressources.” (Manifeste de l’Unesco sur la bibliothèque publique). “L’animateur multimédia a pour mission de faire découvrir et partager les connaissances et les pratiques numériques pour faciliter l’accès de tous aux services et aux innovations de l’Internet et des Nouvelles Technologies de l’information et de la communication.  Il propose et accompagne des projets individuels et collectifs, avec un accueil adapté (enfants, seniors, demandeurs d’emploi, familles, associations, TPE, habitants, …) aux compétences recherchées (maîtrise des outils et de leurs usages citoyens, techniques, sociaux, économiques et culturels…)” (Portail des métiers de l’internet).

Ceci étant dit la coopération est une évidence. L’animateur mutimédia étant en quelque sorte un bibliothécaire spécialisé dans les domaines du numériques, l’idéal à terme étant que cette “spécificité” fasse partie intégrante du cursus du bibliothécaire multimédia.La question n’est donc plus de savoir s’il faut travailler ensemble mais comment le faire.

 

Soyez motivés qu’ils disaient…!

What's your motivation?

On a beau jeu de compter sur la bonne volonté des animateurs multimédias en place pour faire “reculer la fracture numérique”. C’est commode de s’en remettre à leur capacité d’autoformation. Mais il faudrait voir à ne pas pousser le bouchon trop loin non plus. N’est ce pas Monsieur Vincent Peillon ?

Ni fait, ni à faire.

“Le réseau Cyber-bases sera mobilisé dans le but de réduire la fracture numérique touchant les publics défavorisés. La Caisse des Dépôts envisage de diffuser, à partir de son portail, l’offre des grands opérateurs de l’Etat (Onisep, Cned…) à destination des enfants et de leurs parents. Les actions déjà menées par les Cyber-bases en matière de soutien scolaire, de lutte contre l’illettrisme et d’orientation et de découverte des métiers seront ainsi complétées et renforcées.” (extrait de Localtis du 21 janvier 2013)

Vous avez peut-être lu Monsieur le Ministre qu’il n’y avait que 750 Cyber-bases en France sur les 4 500 Espaces Publics Numériques recensés par la Délégation aux Usages de l’Internet (portée, je le rappelle par votre collègue Fleur Pellerin) ? Ils font quoi les 3 800 autres EPN qui ne sont pas labellisés”cyber_base” ? Le protocole de partenariat proposé est relativement clair. Les 750 cyberbases de France seront valorisés comme lieu de démocratisation numérique, les 3 800 autres non ! Puisque l’heure est à l’Open Data, je demande la transparence sur ce partenariat. En quoi mon Espace Public Numérique, labellisé NetPublic n’est il pas compétent aux yeux du Ministère de l’Education Nationale pour “réduire la fracture numérique” ? Mis à part que ma collectivité ne débourse pas 2500 € Hors Taxe par an pour obtenir et garder ce label, je ne vois pas.

Le résultat de ce protocole ubuesque est évident, pour réduire la fracture numérique, on crée une autre forme de fracture là où on aurait pu faire autrement. C’est ni fait, ni à faire, revoyez votre copie en ne rajoutant pas de l’exclusion à l’exclusion.

Médiations Numériques et Open Data

Stickers

“C’est le rôle des Espaces Publics Numériques que d’accompagner les citoyens sur l’opendata”. Voilà une position qui aura fait consensus aux rencontres “Médiations Numériques et Open Data” organisées par ArsenicPaca. Cette position est d’autant plus intéressante qu’elle est un curseur fort de l’évolution du métier.

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Pôle Emploi et l’accompagnement aux usages numériques

Entrée Chomeurs / Ingang Werklozen

Je voudrais par le biais de ce billet te remercier pour tous les usagers que tu m’envoies quotidiennement dans mon Espace Public Numérique. Il n’est pas un jour sans que quelqu’un n’arrive avec cette phrase magique “c’est Pôle Emploi qui m’envoie”. Il est vrai qu’à la vue de notre territoire commun, la probabilité qu’un usager de l’Espace Numérique n’arrive recommandé par nos soins dans ton agence n’est pas loin d’être nulle.

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Une campagne numérique ?

 

La campagne présidentielle qui vient de se dérouler en France a, une nouvelle fois, permis de donner un coup de projecteur sur des usages et des outils numériques. La star de cette campagne aura été Twitter. Si les principaux prétendants à l’élection présidentielle ont effectivement investi la toile et les réseaux sociaux pour propager leurs messages c’est en partie grâce à l’appui d’équipes dédiées à la web-campagne. Mais une fois la présidentielle passée, le soufflé retombe quand il s’agît de passer à l’échelon des élections législatives. Les moyens des candidats à la députation ne sont pas les mêmes et cela se voit dans leurs usages d’internet. Continue reading “Une campagne numérique ?”

On a sauvé maryvette

La victoire des réseaux sociaux

L’histoire est digne d’un mauvais téléfilm américain. Les réseaux sociaux ont sauvé Maryvette. Maryvette c’est cette employée lambda d’une grande chaîne de distribution menacée de licenciement pour avoir “volé” un ticket de caisse. L’ histoire aurait peut être fait l’objet d’ une brève dans un quotidien de la presse locale, mais au lieu de cela elle c’est retrouvée en tête des trending topics deTwitter, offrant là un bad buzz d un million pour un ticket à un euro selon la formule de Maître Eolas, l’avocat 2.0. Pendant plusieurs jours la page Facebook de cette enseigne a essuyé des déluges de commentaires indignés de milliers  d’internautes scandalisés par les intentions de cette enseigne. Tant est si bien je la grande enseigne en question à fait marche arrière et que Maryvette (prénom d’ emprunt) ne sera pas licenciée pour cet odieux méfait. Victoire du web ?

Les nouveaux champs de batailles ?

Pas si sur. L’internaute semble capable de s’emparer des réseaux sociaux pour s’impliquer dans une cause, mais paraît peu enclin à les utiliser pour militer. Internet paraît être le dernier lieu public de protestation à la mode, protestation et non mobilisation. Que cela soit pour son association, pour ses idées politiques, l’internaute se saisit peu de la caisse de résonance offerte par le médias sociaux. En matière , j y vois pour ma part un manque d’ éducation aux outils et aux usages du web. Combien d internautes sont capables d’ouvrir un blog, de créer un compte twitter ou d’alimenter un tumblr pour véhiculer leurs idees et opinions ?Combien d’entre eux vont se servir de l’outil pour alimenter leur réflexion personnelle en cette année électorale qui va s’ouvrir ? Pourquoi les associations 1901 sont si peu présentes dans e web 2.0? Peut-être parce que l’internaute n à pas intègré  la dimension sociale des nouvelles technologies et que le web 2.0 dit web social, n’est social que pour une minorité . Il appartient vraisemblablement au médiateur numérique d’ accompagner l’usager dans cette approche socale des nouvelles technologies en proposant par exemple aux associations d investir le web et ses outils .

Améliorer la relation numérique à l’usager

Le 26 septembre le député Franck Riestler a remis à Valérie Pécresse, ministre du budget, des comptes publics et de la réfome de l’état, un rapport issu d’un groupe de travail autour de l’amélioration de la relation numérique à l’usager.Ce rapport comporte 15 propositions et l’un des axes  est l’accompagnement personnalisé usagers) pour renforcer  le développement des usages numériques.

La Proposition n° 9

“Soutenir l’utilisation des services en ligne dans les lieux d’accueil du public”, telle est la neuvième proposition du groupe de travail d’experts mené par le député Riestler. Dans cette proposition le député mentionne la possibilité de s’appuyer sur les Espaces Publics Numériques pour accompagner les usagers dans la e-administration. Rappelons donc à ce groupe d’experts le rôle d’un Espace Public Numérique : accompagner tous les publics pour tous les usages du numérique. On pourra ainsi se référer à l’étude de l’Agence Nouvelle des Solidarités Actives sur le lien entre la Politique de la Ville et un Espace Public Numérique.

L’accompagnement de l’utilisateur doit être la priorité première dans ce type d’initiatives. Le groupe de travail ne semble pas interpellés par le fait que seuls 2,5 millions d’utilisateurs aient créé un compte sur mon service-public.fr.  Comparativement au 40 millions d’internautes en France, cela représente une proportion particulièrement faible. Quand dans le même temps 47% des français jugent la dématérialisation des services publics trop avancée et que 34 % des citoyens déclarent être prêts à se rendre dans des lieux publics proches de chez eux s’ils y sont accompagnés pour utiliser un ordinateur ou Internet, cela démontre clairement que c’est l’accompagnement aux usagers qu’il faut privilégier.

Faîtes le en-ligne !

Le groupe de travail préconise notamment de mettre en place une campagne du type “faîtes le en ligne, nous vous montrons comment” en s’appuyant sur les Espaces Publics Numériques. Si la volonté de nouer un partenariat avec les Espaces Publics Numériques se concrétise de manière opérationnelle, il faudrait alors permettre d’aller chercher les populations les plus éloignées du numérique. Le député Riestler évoque à juste titre la faible proportion de seniors connectés (19% des plus de 65 ans sont connectés). cette partie de la population a une culture du papier bien ancrée et la présente d’un community manager sur les réseaux sociaux n’est surement pas la solution la plus adéquate pour cette frange de la population.  Pour cibler les populations touchées par le fossé numérique, il faut que le numérique vienne à eux, dans les lieux qu’ils fréquentent déjà, c’est tout simplement ce que je considère comme étant de la médiation numérique (bien que je ne résume pas la médiation numérique à ce seul aspect).