Quand nos données font leurs deniers

Auteur : Leonora Enking Licence BY-SA
Auteur : Leonora Enking Licence BY-SA

L’actualité récente liée au “Celebgate” (pour mémoire le vol de photos coquines de plusieurs célébrités) est riche de plusieurs enseignements. Les stars victimes de ce vol sont des digiborigènes. Agées de vingt ans, elles sont nées avec la génération internet et smartphone et force est de constater que cela ne les a pas spécialement rendues plus compétentes dans les mondes numériques. Si au moins cette affaire pouvait balayer l’idée que parce qu’on a vingt cinq ans on est forcément à l’aise avec les réseaux sociaux et les univers numériques cela serait pas mal. Mais quels sont les éléments qu’elles auraient pu apprendre autrement qu’à leurs dépends ?

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Eduquer au numérique : cure d’anti anxyogène

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Est-il possible de parler des mondes numériques autrement que par la peur ? Les dangers d’internet, le cyberharcélement, la dépendance au jeu vidéo, les logiciels malveillants, le piratage informatique, l’usurpation d’identité, les propos homophobes de Twitter rythment l’actualité.

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Pôle Emploi et l’accompagnement aux usages numériques

Entrée Chomeurs / Ingang Werklozen

Je voudrais par le biais de ce billet te remercier pour tous les usagers que tu m’envoies quotidiennement dans mon Espace Public Numérique. Il n’est pas un jour sans que quelqu’un n’arrive avec cette phrase magique “c’est Pôle Emploi qui m’envoie”. Il est vrai qu’à la vue de notre territoire commun, la probabilité qu’un usager de l’Espace Numérique n’arrive recommandé par nos soins dans ton agence n’est pas loin d’être nulle.

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L’identité numérique et la jeunesse

L’identité numérique est elle une affaire de vieux ? C’est en quelque sorte la question que je me suis posé lorsque l’on m’a sollicité pour intervenir au plan local dans un forum destiné à la recherche de job d’étés ou plus récemment encore à l’occasion d’un Rallye Santé. Impression subjective d’entretiens avec des adolescents (une centaine) en petit groupe autour de Facebook en particulier à l’appui de cette présentation.

 

Identité numérique ?

Assez étrangement la notion d’identité numérique est absente dans les documentations à destinations du public “jeunesse”. Si je prends pas exemple le guide “Trouver un job en rhône alpes 2012 édité par le CRIJ”. , l’identité numérique en est complètement absente, tout juste on trouve une invitation à utiliser les réseaux sociaux (page 13) pour décocher un job d’étés.  Je peux convenir aisément que Linkedin n’est pas l’outil le plus approprié pour un jeune de 17 ans qui veut faire vendeur de chouchous sur la plage. Cependant la gestion de l’identité numérique est à intégrer au moins à partir de cet âge là si on souhaite éviter de réparer les dégâts dix ans plus tard.

Génération Y

L’idée que nos jeunes de 15-20 ans sont des experts en informatique a encore la vie dure. Ceux que j’ai rencontré et avec lesquels j’ai échangé savent d’une manière générale ce qu’il faut ne pas faire sur Facebook. Cependant, j’ai pu constater avec eux qu’ils n’avaient pas, ou très peu le mode d’emploi technique. Nombreux sont ceux qui ont été surpris que je puisse accéder à leur profil personnel à partir du mien, persuadé d’avoir configurer leur compte uniquement à “leurs amis”. Dans une petite ville (30 000 habitants) comme la mienne, il est tout de suite facile de devenir l’ami de l’ami et d’avoir ainsi accès à des informations mal paramétrées.

Le théorème de la babby sitter

Un autre a priori pourrait consister à se dire que ce n’est pas important  de parler d’identité numérique à des jeunes ou que cela ne les intéresse pas. En ce qui me concerne pour que ce concept marque, j’utilise le théorème de la babby sitter. Je suis un particulier et aussi un employeur, je cherche une babby sitter pour garder mon bébé de 6 mois deux ou trois heures par semaine. Le genre de travail qui conviendrait parfaitement à une jeune fille. Avant de recruter, je vais utiliser Facebook pour me faire une idée de ma future employée et voir quelle image elle renvoie. Quand certaines études indiquent que 80% des employeurs testent la “présence en ligne” de leurs futurs employés, cela ne concerne pas que les grandes entreprises.

Je reste disponible pour introduire une dose d’identité numérique dans tout support destiné à la jeunesse. Cela s’intègre parfaitement dans le module “naviguer dans un internet plus responsable” du B2i.

Les alcoves du net

Naughty Secrets IMG_0781“Tout ce que vous publiez pourra être un jour retenu contre vous”. C’est en quelque sorte l’un des principe régissant l’usage du web qui est devenue une préoccupation majeure de bon nombre d’internautes.”

Cachez ce profil que je ne saurais voir…

J’observe que de plus en plus de personnes me contactent pour effacer leur trace sur internet. Souvent ces personnes ont déterré des pages internet datant de Mathusalem dans lesquelles elles figurent. Rappelons quelques principes simples atour de la loi informatique et libertés (tirés du site de la CNIL)

“Pour demander la suppression des informations vous concernant sur un site internet, il faut tout d’abord vous adresser à son responsable.C’est le responsable du site internet, qui met en ligne ces informations, qui peut décider d’exclure du référencement de son site certaines pages.Vous trouverez des éléments d’information sur son identité dans les mentions légales ou les conditions générales d’utilisation du site. Si vous ne trouvez pas ces informations sur le site, vous pouvez retrouver l’identité et l’adresse du propriétaire  du nom de domaine dans les bases de données whois de n’importe quel bureau d’enregistrement de nom de domaine.”

E reputation ou réputation virtuelle.

“Pour faire supprimer une information vous concernant sur une page web, vous devez justifier auprès du responsable en quoi la publication de ce contenu nuit à votre réputation ou à votre vie privée.”

La réputation en ligne ne se base pas uniquement sur ce que nous disons mais aussi sur ce qu’il est dit de nous sur le web et ce qui en ressort aux yeux de tous. Cette définition que j’emprunte à l’équipe de Technofutur TIC met en lumière les trois axes autour desquels se construit ma réputation en ligne : ce que je dis, ce que l’on dit de moi et surtout ce que l’on en pense. Et sur ce dernier point, il est assez difficile de préjuger ce que le tout venant va tirer de ma présence en ligne. En effet, il faut tout d’abord préjuger que l’on veuille mesurer ma réputation en ligne. Si je reste relativement prudent sur les données que je publie personnellement, il faut garder à l’esprit qu’une page a priori négative peut également avoir des répercussions positives sur ma réputation. Si je construits de toute pièce une réputation virtuelle, il est possible également que l’on se rende compte que cette réputation soir artificielle.  Autant il est important de réfléchir avant de publier, autant il faut y réfléchir à deux fois avant de demander à supprimer des informations dont on pense qu’elle pourrait nuire à notre réputation.

Sea, sex and surf…

Mojo Graf II
Mojo Graf II par RYN TMRW

C’est l’été et comme tous les étés David  va aller passer ses vacances au Camping. Sauf que pour une fois David a préparé ses vacances avec minutie, cet été ce sera sea sex and surf pour lui.

Surf

Cela fait des mois qu’il écume les sites et les forums pour étudier.  A force de commentaires, de publications, il est parvenu à se bâtir une réputation en ligne. Il est le EMaster. Sa technique est simple :plusieurs centaines de posts par semaine dont un bon tiers de “merci”. Il est abonné à une demi-douzaine de forums qu’il a agrégé sur sa page d’accueil. Il a créé une adresse de courrier électronique sur mesure. Il a pris soin de se trouver un prénom d’emprunt et a composé un anagramme avec son nom. Il a calculé son itinéraire, programmé son hébergement et effectué une visite virtuelle de son hôtel. Bref il va arriver dans un camping où il ne connaît personne et pourtant la star c’est lui.

Sex

Génération mythique ? Il y a quelques années de cela s’inscrire dans une agence de rencontres était complètement ringard. Aujourd’hui qui n’a pas dans ses connaissances quelqu’un inscrit sur le site numéro 1 de mise en relations des célibataires ? Et si vous avez eu l’occasion de visiter ce site, alors vous aurez surement remarqué comment cela tourne parfois au supermarché du sexe.

Ce qui est étonnant, c’est que les adultes adoptent une attitude moralisatrice vis à vis des supposées pratiques numériques de la jeunesse. Ainsi la rencontre avec un inconnu est souvent le risque cité en premier par les adultes concernant les enfants. Assez étrangement, l’adulte n’éprouve aucune difficulté à partir à la rencontre d’un(e) inconnu(e) croisée sur un site de rencontres dont certains ont des noms dont la poésie laisse perplexe. Certains diront que les adultes agissent en responsable.

Sea

Les vacances sont des moments de décompression. A l’heure de l’hyper connexion, certains viennent à penser que des vacances décontractées ce sont des vacances déconnectées. Éteignons les portables, rangeons les GPS, proscrivons les appareils photos numériques et bannissons Facebook de nos plages pourraient être le mot d’ordre de cette nouvelle tendance. Tout comme certains profitent de leurs vacances pour arrêter de fumer d’autres en profiteraient en décrochant d’internet.

 

Ma vitrine magique

Alter Ego
Alter Ego par rebecca de leon sur Fickr

Les nouvelles technologies et les réseaux sociaux impactent considérablement nos modes de vie, et encore plus ceux de nos adolescents.

Nous avons du mal à nous expliquer ce que nos enfants peuvent bien se dire pendant des heures à travers les réseaux sociaux. Si nous accédons à leurs historiques de navigation ou si nous observons leurs publications nous restons tout aussi sceptique sur l’intérêt de la discussion autour de la nouvelle coupe de cheveux de Mélanie.. C’est le propre de la relation entre l’adolescent et l’adulte, un fossé d’incompréhensions les sépare.  Fossé qui s’agrandit de surcroît par notre incompréhension (relative certes) des nouveaux moyens de de communication.

L’appel de la tribu.

Un phénomène vieux comme le monde, pour s’émanciper comme individu l’adolescent suit les codes de la tribu, et ces codes évoluent avec l’âge. La génération des “digital natives” se retrouve sur Facebook ou sur World of Warcraft, c’est ainsi. Pour être en relation avec ses pairs l’adolescent doit être présent là où les autres le sont, montrer qu’il partage les codes communs. Le phénomène d’identification est souvent la motivation première de l’adolescent. Si vous posez la question à un adolescent du pourquoi il est présent sur facebook, il répondra quasi invariablement “parce que tout le monde y est”. Le réseau social lui permet ainsi de rester en contact avec ses pairs. Les adultes ne perçoivent que trop souvent que le côté chronophage de l’activité et non son intérêt en tant qu’outil de socialisation. Le réseau a l’avantage de permettre à l’adolescent d’expérimenter tout en lui donnant un sentiment de sécurité. L’expérimentation se construit assez souvent seul dans sa chambre et l’interface de l’ordinateur lui donne la sensation de pouvoir agir en toute liberté sans risquer d’intrusion dans son intimité. Il reste maître de ce qu’il produit et de la partager avec qui il veut. Dans sa quête d’identité personnelle il a plutôt tendance à partager avec tout le monde sans distinction. Pour autant il a consciences des risques inhérents à ce type de comportement. Des jeunes adolescents me confiaient ainsi qu’ils restaient vigilants sur leur cercle de diffusion, leur tribu. L’un d’entre eux m’expliquait ainsi qu’il avait créé plusieurs profils, l’un pour ses amis et l’autre pour sa famille ou ses professeurs.

L’alter ego numérique.

Sur Warcraft, je suis un puissant seigneur de guerre, on me respecte. J’ai créé ma propre guilde et je commande à plusieurs dizaines de joueurs. Dans la vie réelle, je suis l’élève moyen auquel personne ne prête attention. Les univers virtuels offrent un large spectre d’expérimentation aux adolescents, les jeux vidéos en ligne en sont un excellent exemple. Notre perception d’adulte nous fait souvent voir cet univers que sous son aspect “addictif”.  Dans notre esprit l’adolescent qui passe des heures sur son jeu est un asocial. Et pourtant c’est loin d’être le cas. L’essence même des jeux en ligne massivement multi joueurs fait que l’adolescent ne peut accomplir sa quête seul, il doit s’il veut parvenir à son objectif  rejoindre une tribu, une guilde dans l’exemple de World of Warcraft. Se faisant il doit obéir à des règles. Les joueurs ont un code de déontologie qui n’est pas sans rappeler celui de nos cours d’écoles : ne pas s’attaquer aux novices, ne pas voler ses camarades de jeu, ne pas mettre en péril la guilde par un comportement irraisonné, etc…Les jeux favorisent également l’entraide et la cohésion de groupe. L’atteinte d’un objectif particulièrement élevé se planifie longtemps à l’avance. Les leaders mettent en place une stratégie dans laquelle les tâches sont réparties, les moyens sont mutualisés et optimisés. Les guildes sont des mini-sociétés dans lesquelles, chacun peut s’exprimer, chacun peut obtenir de la reconnaissance soit par ses propos soit par ses actes. La reconnaissance est justement ce que vient chercher notre adolescent. Enfin, en se promenant dans les mondes virtuels d’avantage de joueurs trentenaires que d’adolescents. Pourtant on entend assez rarement les médias nous parler des néfastes de l’addiction aux jeux vidéos pour un cadre d’entreprise. L’addiction c’est une maladie exclusivement réservée aux adolescents et les jeux vidéos ne présentent  des risques que pour les adolescents…Nous avons du mal à prendre le jeu au sérieux, sauf si ce sont des jeux d’adultes…pour autant la pédagogie par le jeu n’est pas une nouveauté, mais bon les mentalités ont du mal à changer…

Être ou ne pas être sur Facebook ?

This is not communication

Certaines collectivités se posent la question de savoir s’il faut être ou ne pas être présent sur le réseau social “Facebook”. Dans une liste de discussion de professionnels des collectivités locales, voici la réponse que donne un cabinet “attention, y être c’est aussi s’exposer aux critiques… ” Voici un argument qui devrait finir de convaincre tous les maires de France et de Navarre de ne pas être présent sur les réseaux sociaux. Pour aborder la question avec un peu plus de sérieux, tentons de répondre à la question du Chargé de Communication de Maville : “faut-il être présent sur Facebook” ?

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Tu t’es vu(e) quand t’es nu(e) ?

Female Striptease Fireman IMG_0057

On ne compte plus les conseils donnés autour de la notion d’identité numérique et sur la prudence à confier à Internet des données intimes. Pour autant il est assez difficile de cerner les limites de cet intime. Aussi, plongeons dans un univers où l’intimité n’est guère présente pour tenter d’en cerner les limites : l’univers de l’exhibition virtuelle.

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