Un mooc pour débusquer les Fake News

Une “Fake News” est une fausse nouvelle qui se propage sur internet. Si le terme a été largement popularisé par Donald Trump, il n’en demeure pas moins que le phénomène est loin d’être nouveau.  Un peu avant l’élection présidentielle France Télévisions, Le Monde et Rue 89 se sont associés pour réaliser une série de sept vidéos pédagogiques pour que chacun devienne “Fact Checkeur”. Dans une étude, Bakamo Social estime qu’un quart des informations diffusées pendant la présidentielle étaient fausses (Voir sur Huffingtonpost ). On mesure donc toute l’importance qu’il y a à développer un esprit critique.

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Kit d’organisation d’un C@fé des P@rents

 

Sydney Ken Wilber Reading Group

Au fil des ans j’ai mis en place plusieurs formats pour causer numérique avec les adultes relais dont le c@fé des p@rents. L’objectif de ce rendez-vous est relativement simple : créer un espace convivial de dialogues autour des mondes numériques. Chaque session nous abordons une thématique différente que nous étayons de nos expériences de Parents. Dans ce rendez-vous le plus important est de parler et d’échanger les points de vue. L’animateur est là pour collecter, disséquer, expliquer éventuellement mais dans tous les cas ne pas juger.

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Du porno pour nos ados ?

L’observatoire de la parentalité et de l’éducation numérique a publié en ligne fin mars une étude révélant qu’un adolescent sur deux avait déjà visionné des contenus pornographiques sur internet. (voir l’étude complète). C’est un peu avant 15 ans que seraient visionnés les contenus X en moyenne, ce qui n’est pas sans poser question en terme de parentalité numérique.

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Periscope : en direct de ma vie

Periscope est une application gratuite qui permet de diffuser en direct des vidéos. Periscope revendique 10 millions d’utilisateurs dans le monde (pas de données pour la France) et a été mise en lumière suite aux propos peu élogieux  d’un joueur vedette du PSG à l’encontre de son entraîneur. l’application rencontre un fort succès auprès des jeunes ce qui ne manquent pas de créer des inquiétudes.

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Quand nos données font leurs deniers

Auteur : Leonora Enking Licence BY-SA
Auteur : Leonora Enking Licence BY-SA

L’actualité récente liée au “Celebgate” (pour mémoire le vol de photos coquines de plusieurs célébrités) est riche de plusieurs enseignements. Les stars victimes de ce vol sont des digiborigènes. Agées de vingt ans, elles sont nées avec la génération internet et smartphone et force est de constater que cela ne les a pas spécialement rendues plus compétentes dans les mondes numériques. Si au moins cette affaire pouvait balayer l’idée que parce qu’on a vingt cinq ans on est forcément à l’aise avec les réseaux sociaux et les univers numériques cela serait pas mal. Mais quels sont les éléments qu’elles auraient pu apprendre autrement qu’à leurs dépends ?

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Ask :le réseau social qui pose question

“The Answer” Licence BY. SA . Auteur : llamnudds

Ask.fm est un média  social utilisé par environ 1,3 million de français dont la moitié sont âgés de moins 17 ans (médiamétrie, juin 2013). Le principe en est relativement simple, les utilisateurs communiquent entre eux en posant et en répondant à des questions. Mais depuis quelques jours Ask est aussi la nouvelle bête noire de David Cameron qui a appelé au boycott des réseaux sociaux “abjects”.

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Soyez motivés qu’ils disaient…!

What's your motivation?

On a beau jeu de compter sur la bonne volonté des animateurs multimédias en place pour faire “reculer la fracture numérique”. C’est commode de s’en remettre à leur capacité d’autoformation. Mais il faudrait voir à ne pas pousser le bouchon trop loin non plus. N’est ce pas Monsieur Vincent Peillon ?

Ni fait, ni à faire.

“Le réseau Cyber-bases sera mobilisé dans le but de réduire la fracture numérique touchant les publics défavorisés. La Caisse des Dépôts envisage de diffuser, à partir de son portail, l’offre des grands opérateurs de l’Etat (Onisep, Cned…) à destination des enfants et de leurs parents. Les actions déjà menées par les Cyber-bases en matière de soutien scolaire, de lutte contre l’illettrisme et d’orientation et de découverte des métiers seront ainsi complétées et renforcées.” (extrait de Localtis du 21 janvier 2013)

Vous avez peut-être lu Monsieur le Ministre qu’il n’y avait que 750 Cyber-bases en France sur les 4 500 Espaces Publics Numériques recensés par la Délégation aux Usages de l’Internet (portée, je le rappelle par votre collègue Fleur Pellerin) ? Ils font quoi les 3 800 autres EPN qui ne sont pas labellisés”cyber_base” ? Le protocole de partenariat proposé est relativement clair. Les 750 cyberbases de France seront valorisés comme lieu de démocratisation numérique, les 3 800 autres non ! Puisque l’heure est à l’Open Data, je demande la transparence sur ce partenariat. En quoi mon Espace Public Numérique, labellisé NetPublic n’est il pas compétent aux yeux du Ministère de l’Education Nationale pour “réduire la fracture numérique” ? Mis à part que ma collectivité ne débourse pas 2500 € Hors Taxe par an pour obtenir et garder ce label, je ne vois pas.

Le résultat de ce protocole ubuesque est évident, pour réduire la fracture numérique, on crée une autre forme de fracture là où on aurait pu faire autrement. C’est ni fait, ni à faire, revoyez votre copie en ne rajoutant pas de l’exclusion à l’exclusion.

L’identité numérique et la jeunesse

L’identité numérique est elle une affaire de vieux ? C’est en quelque sorte la question que je me suis posé lorsque l’on m’a sollicité pour intervenir au plan local dans un forum destiné à la recherche de job d’étés ou plus récemment encore à l’occasion d’un Rallye Santé. Impression subjective d’entretiens avec des adolescents (une centaine) en petit groupe autour de Facebook en particulier à l’appui de cette présentation.

 

Identité numérique ?

Assez étrangement la notion d’identité numérique est absente dans les documentations à destinations du public “jeunesse”. Si je prends pas exemple le guide “Trouver un job en rhône alpes 2012 édité par le CRIJ”. , l’identité numérique en est complètement absente, tout juste on trouve une invitation à utiliser les réseaux sociaux (page 13) pour décocher un job d’étés.  Je peux convenir aisément que Linkedin n’est pas l’outil le plus approprié pour un jeune de 17 ans qui veut faire vendeur de chouchous sur la plage. Cependant la gestion de l’identité numérique est à intégrer au moins à partir de cet âge là si on souhaite éviter de réparer les dégâts dix ans plus tard.

Génération Y

L’idée que nos jeunes de 15-20 ans sont des experts en informatique a encore la vie dure. Ceux que j’ai rencontré et avec lesquels j’ai échangé savent d’une manière générale ce qu’il faut ne pas faire sur Facebook. Cependant, j’ai pu constater avec eux qu’ils n’avaient pas, ou très peu le mode d’emploi technique. Nombreux sont ceux qui ont été surpris que je puisse accéder à leur profil personnel à partir du mien, persuadé d’avoir configurer leur compte uniquement à “leurs amis”. Dans une petite ville (30 000 habitants) comme la mienne, il est tout de suite facile de devenir l’ami de l’ami et d’avoir ainsi accès à des informations mal paramétrées.

Le théorème de la babby sitter

Un autre a priori pourrait consister à se dire que ce n’est pas important  de parler d’identité numérique à des jeunes ou que cela ne les intéresse pas. En ce qui me concerne pour que ce concept marque, j’utilise le théorème de la babby sitter. Je suis un particulier et aussi un employeur, je cherche une babby sitter pour garder mon bébé de 6 mois deux ou trois heures par semaine. Le genre de travail qui conviendrait parfaitement à une jeune fille. Avant de recruter, je vais utiliser Facebook pour me faire une idée de ma future employée et voir quelle image elle renvoie. Quand certaines études indiquent que 80% des employeurs testent la “présence en ligne” de leurs futurs employés, cela ne concerne pas que les grandes entreprises.

Je reste disponible pour introduire une dose d’identité numérique dans tout support destiné à la jeunesse. Cela s’intègre parfaitement dans le module “naviguer dans un internet plus responsable” du B2i.

Les absents du net

Desert sceneIls ne sont pas des oubliés de la révolution numérique. Ils ne sont pas des symboles de la fracture numérique.  Ils ont décidés de ne pas être présents sur internet. C est un choix de leur part. Pour autant, bien qu étant volontairement absents de ce réseau, ils ont une idée de ce à quoi il doit ressembler.Ils ont en charge le monde de la jeunesse et sont directeurs de collèges, lycée, maisons de jeunes…et autant ils sont absents des mondes numériques autant ils ont une idée assez particulière de ces univers.

Du digital natif au digital naïf

Ils véhiculent l’idée que les jeunes sont des surdoués des mondes numériques. Les digiborigènes connaissent tout du fonctionnement des outils et univers numériques et cette connaissance est innée. Pour autant, combien d’élèves de terminale sont en capacité d’ envoyer une pièce jointe par mail en copie carbone invisible à un tiers ? Combien d autres sont en capacité d’expliquer ce qu’est internet ? Qui a déjà lu les conditions générales d’utilisation de Facebook ? Comment expliquer la levée de boucliers des internautes envers Hadopi ? Qu’est ce quel open data. ? la géolocalisation ? Non, nos jeunes ne connaissent pas le monde dans lequel ils évoluent. Et oui c est bien à nous, adultes, de leur apprendre. Nous ne pouvons pas nous contenter de pointer du doigt les lacunes d’un élève de 10 ans et rester sur le mode déclaratif “il ne sait pas faire, il n’a pas conscience de…” et dans le même temps rester passifs devant cette lacune.

Se former pour mieux former

Dans de nombreux collèges, on me fait part de supposées pratiques numériques des jeunes qui ne vont que dans le sens de la stigmatisation. Et c’est cette angle de vue bien étroit qui mène ces collèges à faire appel à des associations surfant sur les peurs du web. On pourra se référer aux articles d’OWNI sur le sujet dont “Peurs sur le Web” et je partage l’avis de ceux qui trouvent ces présentations anxyogènes n’offrant pas une vision constructive d’internet.Pour passer ce stade de la peur, il me semble impératif de former les personnels éducatifs aux pratiques numériques des jeunes. L’équipe pédagogique ne peut se contenter de sous traiter la question de l’éducation au numérique à un prestataire extérieur sans s’en emparer elle-même.

Le médiateur numérique doit pouvoir être en capacité d’accompagner, voir de former les équipes aux enjeux éducatifs du numérique. C’est en ce sens, en ce qui me concerne que je me suis engagé dans une démarche de C2i2e, qui ferra l’objet d’un retour prochainement.

 

Un verre ça va, trois verres bonjour les débats

Apéritif - repas parents 2 Les beaux jours arrivent, nous allons bientôt ressortir les barbecues et peut-être même oser s’organiser des apéros. Cela tombe plutôt bien, notre gouvernement par la voie de madame Jeannette Bougrab, secrétaire d’Etat à la Jeunesse, a annoncé la désignation de « médiateurs » dans chaque département. « Ces médiateurs départementaux auront pour rôle de coordonner, avec le référent national au sein de mon ministère, l’ensemble de ces événements festifs » a tenu à préciser Madame Bougrab.

Pourquoi un Monsieur Apéro Facebook ?

Selon Le Figaro, Jeannette Bougrab a rappelé que la consommation de « produits psycho-actifs », (drogue, alcool etc.) avait entraîné la mort d’une dizaine de jeunes depuis une dizaine d’années lors de rassemblements festifs, notamment à Nantes en mai dernier. « Nous devons protéger notre jeunesse de ses propres excès », a-t-elle souligné.

On souligne trop souvent le rôle “diabolique” de Facebook dans le comportement des jeunes. Force est de constater que les apéros Facebook auront permis au gouvernement de se pencher sur la consommation excessive d’alcool.Globalement, on estime ainsi à 45 000 le nombre de morts par an, directement ou indirectement imputables à l’alcool. Or il aura fallu attendre l’arrivée du phénomène Facebook pour que quelqu’un s’intéresse au problème. Sauf qu’en fait ce n’est pas l’alcool ou la drogue qu’on veut réguler c’est le net…

Et pour les Twunch ?

Voyons donc le côté positif de la chose la mise en place d’un Mr Apéro Facebook pourrait avoir deux conséquences. Premièrement les jeunes vont se ruer sur Twitter pour pouvoir organiser des Twunch. Pendant ce temps là, les vieux quant à eux pourront rester sur Facebook, le secrétariat d’état à la jeunesse n’est pas leur autorité de tutelle. Deuxièmement plus personne ne sera obligé de participer à la fête des voisins celle-ci devient caduque. Rappelons quand même que le Sénat figure en premier dans la liste des partenaires de ce qui ressemble tout de même fortement à un apéro géant. Mais bon, vu qu’il n’est pas organisé au travers de Facebook, cela change tout.