Consultation Démocratie Numérique

Le numérique est partout, dans tous les rouages du pouvoir, utilisé pour permettre aux citoyens de contribuer au débat. Les plateformes se multiplient pour solliciter notre avis sur la politique logement par exemple, ou sur les mobilités. Les formes de consultation intègrent également des questions au premier Ministre sur sa page Facebook et des compte rendus réguliers de l’action gouvernementale sur Periscope par le porte parole du gouvernement.  Mais s’il y a une consultation qu’il faut distinguer des autres c’est la consultation Démocratie Numérique présidée par la Députée Paula Forteza. Cette consultation s’inscrit dans un cadre plus globale de réforme de l’Assemblée Nationale initiée par son Président.

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J’ai testé les aides en ligne

La plateforme mes-aides.gouv.fr est juste géniale. Elle vous permet d’évaluer vos droits à 25 aides sociales. Par contre, le délai de 7 minutes est très optimiste. A titre personnel, en ayant à ma disposition tous mes papiers, une calculatrice, et une concentration maximale j’ai mis 30 minutes pour effectuer la démarche. Ce temps de 7 minutes est bien entendu un temps médian. Plus la simulation comporte de champs à remplir pour les ressources et la famille, plus la durée augmente. De plus, afin d’affiner les résultats, l’utilisateur peut indiquer en fin de parcours ses derniers revenus imposables ainsi que son patrimoine (ce que j’ai fait). 95% des situations (y compris les plus complexes) se font en moins de 30 minutes. Ainsi cette plateforme pourrait être un outil formidable pour les travailleurs sociaux notamment. Mais elle n’est pas sans poser de question sur l’accompagnement qui en découle.

 

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La médiation numérique et la présidentielle

La loi “république numérique” dans son article 69 vise à  construire les “orientations nationales pour le développement des usages et des services numériques dans les territoires”. L’agence du numérique a organisé une consultation à ce sujet et on peut imaginer qu’elle en donnera les conclusions au prochain gouvernement. La question est de savoir ce que ce gouvernement en ferra. Un coup d’oeil sur le programme des candidats nous donne déjà quelques éléments. Je me suis consacré à regarder les programmes de François Fillon, Benoit Hamon, Emmanuel Macron et Jean Luc Mélenchon. j’ai interrogé leur staff par email pour avoir des précisions complémentaires quand ce n’était pas suffisamment clair pour moi ou quand il me semblait y avoir des omissions.

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Kit d’organisation d’un C@fé des P@rents

 

Sydney Ken Wilber Reading Group

Au fil des ans j’ai mis en place plusieurs formats pour causer numérique avec les adultes relais dont le c@fé des p@rents. L’objectif de ce rendez-vous est relativement simple : créer un espace convivial de dialogues autour des mondes numériques. Chaque session nous abordons une thématique différente que nous étayons de nos expériences de Parents. Dans ce rendez-vous le plus important est de parler et d’échanger les points de vue. L’animateur est là pour collecter, disséquer, expliquer éventuellement mais dans tous les cas ne pas juger.

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Codesign de la Lex Numerica

Aux assises de la médiation numérique à Caen
Aux assises de la médiation numérique à Caen

C’est une expérience inédite qu’a lancé Axelle Lemaire, Secrétaire d’état au numérique : permettre aux citoyens de donner leur avis sur projet de loi avant même que celui-ci ne soit présenté aux deux assemblées. Jusqu’au 18 octobre, il est possible à tout à chacun de faire des propositions, de commenter, et de voter (pour ou contre) les propositions des internautes. A 12 jours de la clôture de cette consultation ce sont plus de 3000 contributeurs qui ont proposé plus 3500 contribution qui elles-mêmes ont recueilli plus de 30 000 votes !

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Je suis Médiateur Numérique

4xfSG6OBjs-9z8B_0l1DPzl72eJkfbmt4t8yenImKBVvK0kTmF0xjctABnaLJIm9Cela fait dix ans que je suis en poste. Avant j’étais animateur multimédia, maintenant je suis médiateur numérique. Expliquer la différence entre ces deux terminologies pourrait surement faire l’objet d’un débat. A juste titre d’autres diront qu’ils sont Animateurs Socio-numérique  mais disons-le sans détour médiateur numérique c’est moins parlant que chauffeur de bus. Aussi je vais essayer de répondre à cette question simple qu’on me pose souvent : c’est quoi ton boulot au juste ?

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Tiers Lieux et ruralité

IMG_0925Dans le cadre des rencontres Ruralitic qui se sont déroulées au Château de Vixouze j’ai été invité à participer à la table ronde concernant les Tiers Lieux. En premier lieu ce sont les questions d’accès au réseau qui ont dominé ces deux jours de rencontre. Il y a incontestablement un décalage entre les taux de couverture annoncés par les opérateurs et la perception qu’en ont les usagers. La vérité de Paris n’est pas celle du terrain….

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Littératie numérique pour tous

41785_16720836937_6242187_nQuand on évoque la question des besoins de formation en matière de numérique on pense naturellement à ce rapport publié par Syntec Numérique qui identifie plus de 36 000 créations d’emploi nettes d’ici 2018 dans les secteurs liés au numérique. On pense aussi à ces initiatives qui visent à introduire l’enseignement du code informatique à l’école dès le primaire et les formations “à la carte” à la manière de 42 de Xavier Niel ou de Simplon pour ne prendre que des exemples parmi les plus emblématiques en la matière. Et même si l’enjeu est considérable, ce besoin en termes de compétences techniques spécifiques ne représente que la face immergée de l’iceberg.

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Coopération entre bibliothécaires et animateurs multimédia

affiche-anim-multi-et-biblio-4J’ai assisté ce jeudi 30 avril à une très belle journée d’étude appelée “Animateurs multimédia et bibliothécaires, une coopération en construction”. J’ai mis en ligne un “Storify” de cette journée à partir des tweets de quelques uns des participants.

Retour vers le futur

Le premier Espace Public Numérique a ouvert en 1995. En vingt ans la mission de ces Espaces Publics Numérique a considérablement évolué passant d’une accès à l’outil à un lieu de littératie numérique.Celle-ci consiste en «l’aptitude à comprendre et à utiliser le numérique dans la vie courante, à la maison, au travail et dans la collectivité en vue d’atteindre des buts personnels et d’étendre ses compétences et capacités» (OCDE, 2000). Au fil des années l’animateur multimédia est ainsi devenu médiateur numérique. En 2011 déjà j’écrivais un article sur cette évolution de posture. Quand j’ai crée ce blog, je me suis arrêté sur “médiateur numérique” je m’étais inspiré de la fonction de “médiateur du livre” des bibliothécaires. Par ailleurs, la définition de la médiation numérique donnée par Silvère Mercier fait d’ailleurs référence. D’une part car il s’agît à ma connaissance de la première définition du vocable et d’autre part parce qu’elle est donnée par un bibliothécaire (à relire sur le blog de Silvère Mercier). Cette définition peut complètement s’appliquer au champ des Espaces Publics Numériques. Pour autant en assistant à ces rencontres de Romans j’ai comme eu le sentiment que le rapprochement entre l’animation multimédia (ou médiation numérique) et les bibliothèques peinait à se faire.

Le blues de l’animateur multimédia.

L’animateur multimédia serait isolé, cherchant de la légitimité à sa présence et n’étant pas intégré à la médiathèque. Pourquoi ? Parce qu’il n’est pas bibliothécaire, qu’il ne gère pas de collection, qu’il n’a pas un DUT métier du livre (dans lequel on ne cause que très peu numérique de ce que j’ai compris), parce qu’il n’est pas dans le “moule”. Et pourtant c’est exactement pour cela qu’on l’embauche : pour sa capacité à être disruptif, pour sa capacité à animer des ateliers avec le public, à être innovant et à être transversal. Deux logiques de fonctionnement distinctes, d’une part la logique sillo de la bibliothèque organisée en départements, commissions et collections et celle de l’animateur multimédia qui vient mettre son grain de sable partout car le numérique est omniprésent. Un réflexe peut être trop présent celui consistant à se dédouaner de la “res numerica” de la part des bibliothécaires à l’arrivée d’un animateur multimédia. Quid alors de la continuité du service public ?

Et combien même l’animateur multimédia arriverait en terrain favorable il serait alors limité dans le champ des possibles par l’aspect matériel : réseau trop lent, filtré à outrance, ordinateurs trop vieux, charte d’utilisation inadaptée etc… Pour un peu on peut se demander si la coopération est souhaitable 🙂

Médiateur, Bibliothécaire, même combat

Qu’importe les outils, les freins et les réticences supposées ou réelles gardons à l’esprit que nos missions sont similaires !” Le bibliothécaire est un intermédiaire actif entre les usagers et les ressources offertes. La formation professionnelle et continue du bibliothécaire est indispensable pour assurer des services adéquats.Des programme d’assistance et de formation des utilisateurs doivent être fournis pour les aider à bénéficier de toutes les ressources.” (Manifeste de l’Unesco sur la bibliothèque publique). “L’animateur multimédia a pour mission de faire découvrir et partager les connaissances et les pratiques numériques pour faciliter l’accès de tous aux services et aux innovations de l’Internet et des Nouvelles Technologies de l’information et de la communication.  Il propose et accompagne des projets individuels et collectifs, avec un accueil adapté (enfants, seniors, demandeurs d’emploi, familles, associations, TPE, habitants, …) aux compétences recherchées (maîtrise des outils et de leurs usages citoyens, techniques, sociaux, économiques et culturels…)” (Portail des métiers de l’internet).

Ceci étant dit la coopération est une évidence. L’animateur mutimédia étant en quelque sorte un bibliothécaire spécialisé dans les domaines du numériques, l’idéal à terme étant que cette “spécificité” fasse partie intégrante du cursus du bibliothécaire multimédia.La question n’est donc plus de savoir s’il faut travailler ensemble mais comment le faire.

 

Médiation numérique et handicap mental

Auteur : Jenn Durfey. Licence : By
Auteur : Jenn Durfey. Licence : By

Un médiateur numérique accompagne les publics éloignés aux usages du numérique. Travailler avec ces publics relève davantage de l’accompagnement social. J’ai eu la chance de partager un temps de travail avec l’équipe éducative d’un équipement accueillant des personnes handicapées mentales sur l’accompagnement aux mondes numériques de ces personnes.

Éduquons

Le problème de départ est relativement simple. Un résident consulte des sites internet dans les escaliers de la structure (seul endroit où sa tablette capte le réseau). Les sites qu’il consulte pourraient “heurter” (à prendre au sens très large) d’autres résidents; que faire ?

La mise en place d’une solution technologique s’avèrera sans effet à moyen terme. Les résidents ayant la possibilité d’avoir un smartphone connecté à la 3G (et plus si affinités) pourront contourner aisément notre éventuel dispositif de filtrage. En partant du principe que le contournement sera possible, j’ai proposé une solution visible : créer un espace de consultation libre à internet. Investir un endroit cosy dans lequel les résidents pourront se connecter à internet par le biais d’appareils mis à disposition par la structure : un micro espace “public” numérique. L’objectif de cet espace est de créer un lieu de dialogue autour du numérique. Il est également de créer un espace ressource pour les éducateurs qui pourraient se saisir de ce lieu pour mener des activités de groupe autour d’internet. Pourquoi ne pas imaginer de créer une liaison skype avec le foyer distant de 3 kilomètres ? Il permettra également d’accompagner les résidents dans leurs pratiques numériques. Que cela soit une réponse technique (imprimer un document par exemple) ou que cela soit une réponse éducative. Si l’un va sur des sites “choquants” dans notre espace public, on va pouvoir se saisir de la situation pour éduquer aux médias. Si l’autre est choqué par ce qu’il voit, l’éducateur spécialisé va pouvoir intervenir auprès du résident. Il le pourra d’autant mieux si cette situation arrive dans cet espace numérique que s’il arrivait dans sa chambre à l’insu de tous.  Si un troisième se fait “draguer” par une belle inconnue des pays de l’Est, l’éducateur pourra intervenir pour lui montrer que ce n’est qu’une supercherie. Autant de situations qui pourront être abordées par la mise en lumière des pratiques sans les juger.

Changeons

Avant de mettre en place des activités liées au numérique, j’ai proposé que les éducateurs changent eux-mêmes leur perception de l’outil. Bien souvent l’outil n’est perçu que comme problème et trop rarement comme solution. De ce que je connais des formations d’éducateur spécialisé, les mondes numériques y sont étrangement absents. Quand ils y sont présents c’est souvent pour les dépeindre d’une manière caricaturale. Quelle utilisation avez-vous vous-mêmes de ces outils numériques ? Si je prends l’exemple simple de Facebook, beaucoup l’utilisent globalement pour dire que ce week end ils vont pouvoir aller skier et que c’est cool. Combien sont membres d’un groupe de discussion sur des pratiques professionnelles ? Combien utilisent également Facebook comme source d’information professionnelle ?

Pourquoi ne pas imaginer de créer un profil facebook de l’institution avec lesquels les résidents pourraient également échanger ? Certains ont des troubles du langage mais sont à l’aise à l’écrit. D’autres pourraient profiter de l’interface écran pour dire des choses qu’ils ne diraient pas en face à face. Et bien sur, il se peut que personne ne s’en serve…

La limite entre vie privée et vie publique va être encore questionnée. Je dis encore, car elle est toujours en questionnement dans la pratique professionnelle. Connaître les mots de passe de messagerie des résidents ou voir ce qu’ils postent sur leurs murs Facebook sont des outils. L’objectif n’est évidemment pas de fliquer, mais d’être présents “au cas où”.

Libérons les énergies

“Permettre d’accéder aux codes sociaux qui faciliteront leur intégration sociale” va être l’un des objectifs types que l’on va trouver dans une structure d’hébergement de personnes handicapées. Même si les textes datent (surtout à l’échelle de l’évolution des nouvelles technologies),il me semble évident que pour exercer sa citoyenneté il est impératif d’avoir accès aux mondes numériques. Intégrer les outils numériques aux activités habituelles de nos publics, mettre en place des actions spécifiques autour de ces outils numériques comme par exemple cette magnifique reprise de “Happy” pour souhaiter une joyeuse journée mondiale de la trisomie !

 

Ressources

Je me suis documenté en amont pour préparer ce temps de travail et voici quelques petites ressources que j’ai sélectionnées pour leur intérêt :

TIC et prise en charge des personnes handicapées mentales par Audrey Bonjour et Vincent Meyer. Un article de fond très bien documenté et écrit avec une bibliographie complémentaire

“L’utilisation de l’informatique et de l’Internet par les personnes handicapées mentales accueillies en établissements spécialisés s’inscrit aujourd’hui dans les pratiques professionnelles du champ médico-social. Si cette communication médiatisée devient un relais de la prise en charge, elle équipe et valorise une professionnalité, mais participe aussi d’une évolution des représentations des professionnels sur les usagers de ces établissements.”

http://communicationorganisation.revues.org/3152

Dossier Jeu Vidéo et Handicap in “le journal d’une gameuse”. Un article présentant les différents handicaps et les répercussions pour joueur au jeu vidéo avec une deuxième partie comment rendre le jeu vidéo accessible à tous très pertinente.

“Le handicap, bien qu’étant un sujet de moins en moins tabou dans notre société, le reste bel et bien en matière de jeux vidéo. Pourtant les joueurs souffrant de handicap représentent 15 à 20% des gamers. Il serait quand même temps pour les développeurs de s’intéresser à ce public et d’arrêter de penser que les consommateurs sont forcément de jeunes hommes blancs valides et hérérosexuels…”

http://www.lejournaldunegameuse.fr/?p=666

+250 logiciels éducatifs gratuits créés pour et avec des personnes handicapées mentales

Voici une liste de plus de 250 logiciels qui nous ont semblé pouvoir intéresser les enfants ou adultes plus ou moins longtemps, et qui présentent à des degrés divers un caractère éducatif.
Cette page est en perpétuelle actualisation, et tendra à se spécialiser vers les logiciels en freeware, le budget de nombreux établissements étant encore souvent trop restreint en ce qui concerne l’utilisation de l’outil informatique par les personnes qui y sont accueillies.

http://www.siwadam.com/hmm/log00.htm