J’ai testé les aides en ligne

La plateforme mes-aides.gouv.fr est juste géniale. Elle vous permet d’évaluer vos droits à 25 aides sociales. Par contre, le délai de 7 minutes est très optimiste. A titre personnel, en ayant à ma disposition tous mes papiers, une calculatrice, et une concentration maximale j’ai mis 30 minutes pour effectuer la démarche. Ce temps de 7 minutes est bien entendu un temps médian. Plus la simulation comporte de champs à remplir pour les ressources et la famille, plus la durée augmente. De plus, afin d’affiner les résultats, l’utilisateur peut indiquer en fin de parcours ses derniers revenus imposables ainsi que son patrimoine (ce que j’ai fait). 95% des situations (y compris les plus complexes) se font en moins de 30 minutes. Ainsi cette plateforme pourrait être un outil formidable pour les travailleurs sociaux notamment. Mais elle n’est pas sans poser de question sur l’accompagnement qui en découle.

 

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Littératie numérique pour tous

41785_16720836937_6242187_nQuand on évoque la question des besoins de formation en matière de numérique on pense naturellement à ce rapport publié par Syntec Numérique qui identifie plus de 36 000 créations d’emploi nettes d’ici 2018 dans les secteurs liés au numérique. On pense aussi à ces initiatives qui visent à introduire l’enseignement du code informatique à l’école dès le primaire et les formations “à la carte” à la manière de 42 de Xavier Niel ou de Simplon pour ne prendre que des exemples parmi les plus emblématiques en la matière. Et même si l’enjeu est considérable, ce besoin en termes de compétences techniques spécifiques ne représente que la face immergée de l’iceberg.

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Marketing pour votre Espace Public Numérique

Pour vous présenter ce qui a été fait au sein de mon Espace Numérique sur une semaine, j’ai deux choix. Soit je vous dis qu’on a joué aux playmobils toute la semaine et vous vous diriez qu’on est pas payé à faire grand chose surement (tous les animateurs socio-culturels ont hélas vécu eu droit à ce genre de réflexion au moins une fois), soit je vous dis qu’on a développé la culture numérique d’une groupe de jeunes adolescents issus des quartiers populaires et ce billet va vous en expliquer la démarche marketing… Continue reading “Marketing pour votre Espace Public Numérique”

Eduquer au numérique, les enseignants ne sont pas seuls

Four Laptops Per Child« Plus de 4000 lieux publics d’accès à l’internet sont ouverts en France, dans lesquels un ou plusieurs animateurs multimédias accompagnent, initient chacun à maîtriser et bien utiliser ces outils et services offerts par internet et plus largement par les technologies de l’information et de la communication.»

(Netpublic.fr)

 

Des ressources locales

Ces lieux d’accès publics à internet plus communément appelés Espaces Publics Numériques (EPN) sont souvent des lieux financés par les collectivités locales. Ces EPN ont toute légitimité pour accompagner les enseignants dans leur approche personnelles des mondes numériques. Au-delà des enseignants, les EPN peuvent s’inscrire parfaitement dans une dynamique locale. Depuis de nombreuses années les EPN s’inscrivent dans des campagnes nationales visant à réduire la fracture des usages numériques.

Ainsi en février les EPN sont invités à proposer des animations en lien avec le programme « Internet plus sur » (Safer Internet Day) destiné à promouvoir une utilisation plus sûre et plus responsable de l’Internet fixe et mobile chez les jeunes. Comment ne pas y voir un lien évident avec le module « naviguer dans un environnement plus sur » du B2i ?

Le numérique pour tous

Au-delà de la formation des enfants à un usage maîtrisé des nouvelles technologies, il est primordial que ces notions puissent s’exporter en dehors de l’école. Pour ce faire, il me paraît primordial d’associer les parents à la démarche. Les parents sont parfois en recherche de clefs de lecture des usages numériques, ils se sentent parfois dépassés et se rangent derrière la soit-disante maîtrise technique de leurs enfants pour ne pas les accompagner dans leurs usages numériques. Là encore, l’EPN est un interlocuteur naturel pour conforter le parent dans son rôle pédagogique vis à vis des nouvelles technologies. Il ne s’agît pas d’apprendre aux parents à Twitter, mais à les aider à comprendre ce que font leurs enfants dans les mondes numériques pour qu’ils puissent mieux se positionner. Bien entendu une initiation à Twitter est toujours possible dans un EPN.

A propos de l’utilisation d’un service web ou d’un logiciel, l’EPN peut accompagner l’adulte dans sa prise en main de l’outil. Demain, un enseignant d’une commune souhaite utiliser Twitter en classe. En venant dans un EPN, il pourra comprendre le fonctionnement de Twitter et apprendre à s’en servir. Il pourra bénéficier en outre de la veille qu’il effectue pour être mis en lien avec des collègues enseignants qui utilisent déjà Twitter. Enfin, il pourra solliciter l’EPN sur une fonctionnalité précise de l’outil dans 3 ou 4 mois. Charge à l’enseignant de savoir ensuite comment il va l’utiliser dans sa classe. Et pourquoi ne pas s’appuyer sur l’EPN quand la collectivité va équiper ses écoles de tablettes tactiles ? L’EPN accompagne des seniors, des demandeurs d’emplois, des personnes illettrées, des personnes en situation de handicap aux usages numériques, pourquoi ne pourrait il pas accompagner les enseignants ? Cette question se pose d’autant plus lorsque dans l’EPN de votre commune le médiateur numérique est titulaire du C2i2e éducation…

« L’école ne s’arrête pas à ses murs » déclarait Vincent PEILLON à l’assemblée de Ludovia2012, franchira t-elle la porte des EPN ?

 

 

Une campagne numérique ?

 

La campagne présidentielle qui vient de se dérouler en France a, une nouvelle fois, permis de donner un coup de projecteur sur des usages et des outils numériques. La star de cette campagne aura été Twitter. Si les principaux prétendants à l’élection présidentielle ont effectivement investi la toile et les réseaux sociaux pour propager leurs messages c’est en partie grâce à l’appui d’équipes dédiées à la web-campagne. Mais une fois la présidentielle passée, le soufflé retombe quand il s’agît de passer à l’échelon des élections législatives. Les moyens des candidats à la députation ne sont pas les mêmes et cela se voit dans leurs usages d’internet. Continue reading “Une campagne numérique ?”

Une année numérique

Digital Design: Light PaintingL’année qui vient de s’écouler aura été celle de la naissance de la médiation numérique, concrétisée notamment par les assises de la médiation numérique à Ajaccio mais aussi par les rencontres d’Autrans en début de ce mois de janvier. Si les avis divergent sur la définition de la médiation numérique, il y a cependant consensus pour affirmer que l’éducation aux outils et enjeux du numérique est une priorité.

Une démarche de territoire

J’entends par “médiation numérique”, les processus ou dispositifs qui utilisent le numérique comme outil ou levier. Le numérique n’est, à mon sens, pas une fin en soit mais un moyen. Le rôle du médiateur numérique est de proposer les outils numériques qui vont permettre à un projet de mieux se réaliser. Le numérique devrait être inscrit de fait dans tous les projets de l’action sociale. L’utilisation des outils numériques impliquent des compétences techniques d’une part, mais aussi et surtout une nouvelle approche dans la méthodologie de travail. Le médiateur numérique est celui qui s’inscrit dans cette démarche d’intelligence collective en apportant un outil dont la transversalité va favoriser le travail en réseau. Il est ainsi le trait d’union entre les différents acteurs d’un projet et utilise le numérique dans le but de bonifier le projet. C’est ainsi que je définirais le rôle du médiateur numérique en paraphrasant l’étymologie du terme.

Un outil de cohésion sociale

Le numérique est omniprésent dans notre société. A titre d’exemple nous avons échangés plus d’un milliard de sms dans la nuit du 31 décembre ! Ne pas se servir du numérique c’est être en marge de la société. C’est pour cela que le médiateur numérique, agent de cohésion sociale, doit focaliser son attention sur les publics éloignés.Le défi du médiateur est d’accompagner la société dans sa mutation. La “révolution numérique” est à mon sens la manifestation de cette évolution.

Un défi de société

La médiation numérique ne semble être qu’une affaire de professionnels. Les propositions des candidats à l’élection présidentielle font peu référence à cette préoccupation. Le numérique est avant tout abordé sous l’aspect économique. Les instances représentatives nationales, comme le Conseil National du Numérique, n’intègrent pas de représentants de la médiation numérique. Pour autant l’éducation aux usages du numérique est incluse dans les propositions (programmes ?) des principaux candidats à l’élection présidentielle, mais son approche est souvent réduite  l’aspect scolaire de la chose.

Vœu numérique

En cette période propice aux vœux, je formule le souhait que la médiation numérique puisse devenir une préoccupation majeure de nos élus. En tant qu’acteurs du monde du numérique, nous disposons de l’intelligence collective pour nous faire entendre. Il nous reste à trouver les moyens pour y parvenir. Gageons que le livre blanc sur la médiation numérique pourra être la base de notre manifeste.

De l’animateur multimédia au médiateur numérique

L’animateur multimédia

L’animateur multimédia est généralement présenté comme un pédagogue doublé d’un technicien. Ainsi sur le site du CIDJ ” activités éducatives, artistiques, ludiques, techniques, lui servent d’applications pédagogiques pour ses « élèves ». Il procède à ses activités d’enseignement, d’accompagnement individuel ou collectif en organisant des ateliers. Il conseille, explique, démontre par l’exemple et propose divers exercices d’application. Explications du fonctionnement et du maniement des outils et familiarisation des principaux usages de l’internet constituent le « plat de résistance » de son métier. L’animateur remplit aussi une activité de maintenance courante du matériel et des logiciels des postes informatiques. “

Sortie de son contexte cette définition pourrait faire penser à celle d’un professeur en nouvelles technologies.  Si l’apprentissage des nouvelles technologies est effectivement l’une des composantes de ce métier, l’animateur multimédia n’est pas le seul professionnel à intervenir sur ce domaine.

Le médiateur numérique

Au sein d’un même territoire, de nombreux acteurs sont concernés par l’apprentissage des nouvelles technologies, en premier lieu l’éducation nationale et les organismes de formation. Cet apprentissage démarre dès le primaire par l’intermédiaire du Brevet Informatique et Internet. Le module 2 (adopter une attitude responsable) de ce B2i est souvent celui qui pose le plus de difficulté dans sa transmission, et les écoles sont nombreuses à faire appel à des intervenants extérieurs. Le profil de ces intervenants montre bien l’étendu des notions à appréhender pour bâtir une culture numérique de base. Parfois il est fait appel à la Gendarmerie (ou à la Police), parfois à des prestataires privés dépendant de grosses sociétés américaines, parfois à des associations locales, et parfois même à des animateurs multimédias.

Le rôle du médiateur numérique est de pouvoir fédérer l’ensemble de ces acteurs autour d’une définition de la culture numérique de proximité. A cet effet cette culture numérique doit s’envisager tout au long de la vie et être le reflet d’une politique locale coordonnée. C’est en ce sens, à mon avis, qu’il faut parler de médiation numérique et non d’animation multimédia.

Peut-être aurons nous le plaisir d’en débattre aux Assises de la Médiation Numérique ?

Un verre ça va, trois verres bonjour les débats

Apéritif - repas parents 2 Les beaux jours arrivent, nous allons bientôt ressortir les barbecues et peut-être même oser s’organiser des apéros. Cela tombe plutôt bien, notre gouvernement par la voie de madame Jeannette Bougrab, secrétaire d’Etat à la Jeunesse, a annoncé la désignation de « médiateurs » dans chaque département. « Ces médiateurs départementaux auront pour rôle de coordonner, avec le référent national au sein de mon ministère, l’ensemble de ces événements festifs » a tenu à préciser Madame Bougrab.

Pourquoi un Monsieur Apéro Facebook ?

Selon Le Figaro, Jeannette Bougrab a rappelé que la consommation de « produits psycho-actifs », (drogue, alcool etc.) avait entraîné la mort d’une dizaine de jeunes depuis une dizaine d’années lors de rassemblements festifs, notamment à Nantes en mai dernier. « Nous devons protéger notre jeunesse de ses propres excès », a-t-elle souligné.

On souligne trop souvent le rôle “diabolique” de Facebook dans le comportement des jeunes. Force est de constater que les apéros Facebook auront permis au gouvernement de se pencher sur la consommation excessive d’alcool.Globalement, on estime ainsi à 45 000 le nombre de morts par an, directement ou indirectement imputables à l’alcool. Or il aura fallu attendre l’arrivée du phénomène Facebook pour que quelqu’un s’intéresse au problème. Sauf qu’en fait ce n’est pas l’alcool ou la drogue qu’on veut réguler c’est le net…

Et pour les Twunch ?

Voyons donc le côté positif de la chose la mise en place d’un Mr Apéro Facebook pourrait avoir deux conséquences. Premièrement les jeunes vont se ruer sur Twitter pour pouvoir organiser des Twunch. Pendant ce temps là, les vieux quant à eux pourront rester sur Facebook, le secrétariat d’état à la jeunesse n’est pas leur autorité de tutelle. Deuxièmement plus personne ne sera obligé de participer à la fête des voisins celle-ci devient caduque. Rappelons quand même que le Sénat figure en premier dans la liste des partenaires de ce qui ressemble tout de même fortement à un apéro géant. Mais bon, vu qu’il n’est pas organisé au travers de Facebook, cela change tout.

Trois règles pour bien râter sa web-campagne électorale

Vote Here Dans l’indifférence généralisée, nous venons de procéder à l’élection des derniers conseillers généraux.  Au delà de cette élection, je me suis intéressé à la manière dont les candidats aux élections locales utilisaient le web comme outil de propagande.  Force est de constater qu’en matière d’usages à internet, les élus (et au delà les candidats) sont loin des usages moyens.

Règle 1 : ne pas dire qu’on est sur le web.

Dans le canton que j’ai observé avec le plus d’attention seuls deux candidats sur sept avaient une présence connue sur internet. Présence connue est déjà un grand mot. En effet, j’observe la vie citoyenne de cette commune depuis plus de dix ans et la présence des blogs de ces deux candidats éteint connus  plus par le fruit de recherches personnelles que par une campagne de communication quelconque de l’un ou l’autre des candidats. Sans surprise aucun de ces deux candidats n’a mentionné l’existence de son blog sur ses éléments de communication de campagne (tract, affiche, profession de foi). D’où une question assez bête mais à quoi peut servir un blog si on n’en communique l’adresse à personne ? Quelle est l’utilité pour un candidat à une élection locale de posséder un tel outil de communication ?

Règle 2 : la communication ne se fait que dans un sens.

“Je suis quelqu’un de très ouvert au dialogue” prétendait l’un des candidats. N’en doutant pas une seconde, je me rends sur son blog pour y constater que je n’ai pas la possibilité de glisser un seul commentaire (fusse t-il en sa faveur). Ce candidat est surement quelqu’un de très ouvert au dialogue mais en tout cas pas sur le web, il a choisi de rendre l’internaute complètement muet. Même le formulaire de contact de son blog renvoit vers la personne qui a réalisé le blog… Quant à l’autre candidat c’est un peu mieux, il faut le concéder. Il permet à l’internaute de commenter mais modère les commentaires (ce qui sommes toutes peut se comprendre lorsqu’on est en campagne électorale). Là où c’est amusant c’est quand il ne publie pas les commentaires mais qu’il publie des copiés collés de certains commentaires avec des coupes bien entendu ! Inutile de dire que dans ces conditions les commentaires publiés sont toute à la gloire du candidat….

Règle 3 : mes idées sont miennes, défense d’en parler.

En consultant les mentions légales de blogs de candidats, je fus très surpris d’y voir figurer cette mention : “toute reproduction et/ou représentation, partielle ou totale, est strictement interdite sans accord préalable” ! Ah ? En admettant donc qu’un article d’un candidat me plaît je n’est surtout pas le droit de le partager. Curieux. Si par hard il me venait à l’idée de vouloir faire pointer un lien vers le site de ce candidat, les mentions légales me rappellent que le candidat “n’est pas responsable des liens hypertextes susceptibles de pointer sur son site. Il interdit la mise en place de tels liens sans son accord préalable écrit.”

Bien entendu aucun des candidats n’est présent sur les réseaux sociaux, que ce soit à titre personnel, ou au titre d’un groupe type “pour que machin soit élu”. Il ne faudrait surtout pas utiliser ces outils qui déshumanisent les relations. Il est bien plus efficace d’organiser une réunion de quartier traditionnelle avec dix personnes. Une récent article dans la lettre du cadre territorial nous apprenait que “les élus municipaux sont ainsi, comme l’ensemble de la population française, une écrasante majorité à disposer d’une connexion internet, que ce soit en mairie (96%) ou à leur domicile (79%). En revanche, alors que près d’un citoyen français sur deux (45%) dispose d’une page Facebook, seuls 17% des élus peuvent en dire autant.”

Nous ne pouvons donc que constater cette fracture numérique qui est souvent couplée avec une fracture générationnelle. Comment ne pas se rappeler les remous qu’avait crées le Député Tardy qui avait oser twitter depuis l’Assemblée Nationale ? Ce qui est inquiétant c’est que ce sont nos élus qui décident des orientations à prendre en matière de médiation numérique. Il est donc de notre devoir de médiateur numérique de nous consacrer à ce public si particulier afin que nous puissions mener à bien nos missions. regardez comment vos élus s’emparent du web dans votre commune et n’hésitez pas à nous faire des retours.