Portrait d’usager : Nadège

Auteur : Spirit-Fire. Licence : By
Auteur : Spirit-Fire. Licence : By

Après vous avoir dressé le portrait de Toni, je vous propose celui de Nadège. Comme précédemment, les identités sont fictives, mais les cas sont réels et comme le mentionne Allisson Gaulier dans son commentaire, il ne s’agît pas de cas isolé, mais de ce que l’on pourrait considérer comme des archétypes. Pour ce portrait, j’utilise la méthode du cadavre exquis en prenant des éléments de plusieurs usagers pour n’en faire qu’un seul, l’usager connecté. Cet usager connecté est intéressant à double titre car il nous interpelle d’une part sur le regard que nous posons sur ceux qui ne sont pas isolés des mondes numériques. D’autre part, il remet en cause la notion de lieu. Dans la consultation médiation numérique, il est fait référence aux “lieux de médiation numérique qui assurent une fonction d’accueil public, offrent un accès à l’Internet et de proposent un accompagnement humain averti et qualifié pour permettre aux citoyens de s’approprier les technologies numériques”. A cette notion de lieu, je préfère lui substituer la notion d’espace.

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Eduquer au numérique : cure d’anti anxyogène

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Est-il possible de parler des mondes numériques autrement que par la peur ? Les dangers d’internet, le cyberharcélement, la dépendance au jeu vidéo, les logiciels malveillants, le piratage informatique, l’usurpation d’identité, les propos homophobes de Twitter rythment l’actualité.

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L’identité numérique et la jeunesse

L’identité numérique est elle une affaire de vieux ? C’est en quelque sorte la question que je me suis posé lorsque l’on m’a sollicité pour intervenir au plan local dans un forum destiné à la recherche de job d’étés ou plus récemment encore à l’occasion d’un Rallye Santé. Impression subjective d’entretiens avec des adolescents (une centaine) en petit groupe autour de Facebook en particulier à l’appui de cette présentation.

 

Identité numérique ?

Assez étrangement la notion d’identité numérique est absente dans les documentations à destinations du public “jeunesse”. Si je prends pas exemple le guide “Trouver un job en rhône alpes 2012 édité par le CRIJ”. , l’identité numérique en est complètement absente, tout juste on trouve une invitation à utiliser les réseaux sociaux (page 13) pour décocher un job d’étés.  Je peux convenir aisément que Linkedin n’est pas l’outil le plus approprié pour un jeune de 17 ans qui veut faire vendeur de chouchous sur la plage. Cependant la gestion de l’identité numérique est à intégrer au moins à partir de cet âge là si on souhaite éviter de réparer les dégâts dix ans plus tard.

Génération Y

L’idée que nos jeunes de 15-20 ans sont des experts en informatique a encore la vie dure. Ceux que j’ai rencontré et avec lesquels j’ai échangé savent d’une manière générale ce qu’il faut ne pas faire sur Facebook. Cependant, j’ai pu constater avec eux qu’ils n’avaient pas, ou très peu le mode d’emploi technique. Nombreux sont ceux qui ont été surpris que je puisse accéder à leur profil personnel à partir du mien, persuadé d’avoir configurer leur compte uniquement à “leurs amis”. Dans une petite ville (30 000 habitants) comme la mienne, il est tout de suite facile de devenir l’ami de l’ami et d’avoir ainsi accès à des informations mal paramétrées.

Le théorème de la babby sitter

Un autre a priori pourrait consister à se dire que ce n’est pas important  de parler d’identité numérique à des jeunes ou que cela ne les intéresse pas. En ce qui me concerne pour que ce concept marque, j’utilise le théorème de la babby sitter. Je suis un particulier et aussi un employeur, je cherche une babby sitter pour garder mon bébé de 6 mois deux ou trois heures par semaine. Le genre de travail qui conviendrait parfaitement à une jeune fille. Avant de recruter, je vais utiliser Facebook pour me faire une idée de ma future employée et voir quelle image elle renvoie. Quand certaines études indiquent que 80% des employeurs testent la “présence en ligne” de leurs futurs employés, cela ne concerne pas que les grandes entreprises.

Je reste disponible pour introduire une dose d’identité numérique dans tout support destiné à la jeunesse. Cela s’intègre parfaitement dans le module “naviguer dans un internet plus responsable” du B2i.

On a sauvé maryvette

La victoire des réseaux sociaux

L’histoire est digne d’un mauvais téléfilm américain. Les réseaux sociaux ont sauvé Maryvette. Maryvette c’est cette employée lambda d’une grande chaîne de distribution menacée de licenciement pour avoir “volé” un ticket de caisse. L’ histoire aurait peut être fait l’objet d’ une brève dans un quotidien de la presse locale, mais au lieu de cela elle c’est retrouvée en tête des trending topics deTwitter, offrant là un bad buzz d un million pour un ticket à un euro selon la formule de Maître Eolas, l’avocat 2.0. Pendant plusieurs jours la page Facebook de cette enseigne a essuyé des déluges de commentaires indignés de milliers  d’internautes scandalisés par les intentions de cette enseigne. Tant est si bien je la grande enseigne en question à fait marche arrière et que Maryvette (prénom d’ emprunt) ne sera pas licenciée pour cet odieux méfait. Victoire du web ?

Les nouveaux champs de batailles ?

Pas si sur. L’internaute semble capable de s’emparer des réseaux sociaux pour s’impliquer dans une cause, mais paraît peu enclin à les utiliser pour militer. Internet paraît être le dernier lieu public de protestation à la mode, protestation et non mobilisation. Que cela soit pour son association, pour ses idées politiques, l’internaute se saisit peu de la caisse de résonance offerte par le médias sociaux. En matière , j y vois pour ma part un manque d’ éducation aux outils et aux usages du web. Combien d internautes sont capables d’ouvrir un blog, de créer un compte twitter ou d’alimenter un tumblr pour véhiculer leurs idees et opinions ?Combien d’entre eux vont se servir de l’outil pour alimenter leur réflexion personnelle en cette année électorale qui va s’ouvrir ? Pourquoi les associations 1901 sont si peu présentes dans e web 2.0? Peut-être parce que l’internaute n à pas intègré  la dimension sociale des nouvelles technologies et que le web 2.0 dit web social, n’est social que pour une minorité . Il appartient vraisemblablement au médiateur numérique d’ accompagner l’usager dans cette approche socale des nouvelles technologies en proposant par exemple aux associations d investir le web et ses outils .

Sea, sex and surf…

Mojo Graf II
Mojo Graf II par RYN TMRW

C’est l’été et comme tous les étés David  va aller passer ses vacances au Camping. Sauf que pour une fois David a préparé ses vacances avec minutie, cet été ce sera sea sex and surf pour lui.

Surf

Cela fait des mois qu’il écume les sites et les forums pour étudier.  A force de commentaires, de publications, il est parvenu à se bâtir une réputation en ligne. Il est le EMaster. Sa technique est simple :plusieurs centaines de posts par semaine dont un bon tiers de “merci”. Il est abonné à une demi-douzaine de forums qu’il a agrégé sur sa page d’accueil. Il a créé une adresse de courrier électronique sur mesure. Il a pris soin de se trouver un prénom d’emprunt et a composé un anagramme avec son nom. Il a calculé son itinéraire, programmé son hébergement et effectué une visite virtuelle de son hôtel. Bref il va arriver dans un camping où il ne connaît personne et pourtant la star c’est lui.

Sex

Génération mythique ? Il y a quelques années de cela s’inscrire dans une agence de rencontres était complètement ringard. Aujourd’hui qui n’a pas dans ses connaissances quelqu’un inscrit sur le site numéro 1 de mise en relations des célibataires ? Et si vous avez eu l’occasion de visiter ce site, alors vous aurez surement remarqué comment cela tourne parfois au supermarché du sexe.

Ce qui est étonnant, c’est que les adultes adoptent une attitude moralisatrice vis à vis des supposées pratiques numériques de la jeunesse. Ainsi la rencontre avec un inconnu est souvent le risque cité en premier par les adultes concernant les enfants. Assez étrangement, l’adulte n’éprouve aucune difficulté à partir à la rencontre d’un(e) inconnu(e) croisée sur un site de rencontres dont certains ont des noms dont la poésie laisse perplexe. Certains diront que les adultes agissent en responsable.

Sea

Les vacances sont des moments de décompression. A l’heure de l’hyper connexion, certains viennent à penser que des vacances décontractées ce sont des vacances déconnectées. Éteignons les portables, rangeons les GPS, proscrivons les appareils photos numériques et bannissons Facebook de nos plages pourraient être le mot d’ordre de cette nouvelle tendance. Tout comme certains profitent de leurs vacances pour arrêter de fumer d’autres en profiteraient en décrochant d’internet.

 

Trois règles pour bien râter sa web-campagne électorale

Vote Here Dans l’indifférence généralisée, nous venons de procéder à l’élection des derniers conseillers généraux.  Au delà de cette élection, je me suis intéressé à la manière dont les candidats aux élections locales utilisaient le web comme outil de propagande.  Force est de constater qu’en matière d’usages à internet, les élus (et au delà les candidats) sont loin des usages moyens.

Règle 1 : ne pas dire qu’on est sur le web.

Dans le canton que j’ai observé avec le plus d’attention seuls deux candidats sur sept avaient une présence connue sur internet. Présence connue est déjà un grand mot. En effet, j’observe la vie citoyenne de cette commune depuis plus de dix ans et la présence des blogs de ces deux candidats éteint connus  plus par le fruit de recherches personnelles que par une campagne de communication quelconque de l’un ou l’autre des candidats. Sans surprise aucun de ces deux candidats n’a mentionné l’existence de son blog sur ses éléments de communication de campagne (tract, affiche, profession de foi). D’où une question assez bête mais à quoi peut servir un blog si on n’en communique l’adresse à personne ? Quelle est l’utilité pour un candidat à une élection locale de posséder un tel outil de communication ?

Règle 2 : la communication ne se fait que dans un sens.

“Je suis quelqu’un de très ouvert au dialogue” prétendait l’un des candidats. N’en doutant pas une seconde, je me rends sur son blog pour y constater que je n’ai pas la possibilité de glisser un seul commentaire (fusse t-il en sa faveur). Ce candidat est surement quelqu’un de très ouvert au dialogue mais en tout cas pas sur le web, il a choisi de rendre l’internaute complètement muet. Même le formulaire de contact de son blog renvoit vers la personne qui a réalisé le blog… Quant à l’autre candidat c’est un peu mieux, il faut le concéder. Il permet à l’internaute de commenter mais modère les commentaires (ce qui sommes toutes peut se comprendre lorsqu’on est en campagne électorale). Là où c’est amusant c’est quand il ne publie pas les commentaires mais qu’il publie des copiés collés de certains commentaires avec des coupes bien entendu ! Inutile de dire que dans ces conditions les commentaires publiés sont toute à la gloire du candidat….

Règle 3 : mes idées sont miennes, défense d’en parler.

En consultant les mentions légales de blogs de candidats, je fus très surpris d’y voir figurer cette mention : “toute reproduction et/ou représentation, partielle ou totale, est strictement interdite sans accord préalable” ! Ah ? En admettant donc qu’un article d’un candidat me plaît je n’est surtout pas le droit de le partager. Curieux. Si par hard il me venait à l’idée de vouloir faire pointer un lien vers le site de ce candidat, les mentions légales me rappellent que le candidat “n’est pas responsable des liens hypertextes susceptibles de pointer sur son site. Il interdit la mise en place de tels liens sans son accord préalable écrit.”

Bien entendu aucun des candidats n’est présent sur les réseaux sociaux, que ce soit à titre personnel, ou au titre d’un groupe type “pour que machin soit élu”. Il ne faudrait surtout pas utiliser ces outils qui déshumanisent les relations. Il est bien plus efficace d’organiser une réunion de quartier traditionnelle avec dix personnes. Une récent article dans la lettre du cadre territorial nous apprenait que “les élus municipaux sont ainsi, comme l’ensemble de la population française, une écrasante majorité à disposer d’une connexion internet, que ce soit en mairie (96%) ou à leur domicile (79%). En revanche, alors que près d’un citoyen français sur deux (45%) dispose d’une page Facebook, seuls 17% des élus peuvent en dire autant.”

Nous ne pouvons donc que constater cette fracture numérique qui est souvent couplée avec une fracture générationnelle. Comment ne pas se rappeler les remous qu’avait crées le Député Tardy qui avait oser twitter depuis l’Assemblée Nationale ? Ce qui est inquiétant c’est que ce sont nos élus qui décident des orientations à prendre en matière de médiation numérique. Il est donc de notre devoir de médiateur numérique de nous consacrer à ce public si particulier afin que nous puissions mener à bien nos missions. regardez comment vos élus s’emparent du web dans votre commune et n’hésitez pas à nous faire des retours.

Ma vitrine magique

Alter Ego
Alter Ego par rebecca de leon sur Fickr

Les nouvelles technologies et les réseaux sociaux impactent considérablement nos modes de vie, et encore plus ceux de nos adolescents.

Nous avons du mal à nous expliquer ce que nos enfants peuvent bien se dire pendant des heures à travers les réseaux sociaux. Si nous accédons à leurs historiques de navigation ou si nous observons leurs publications nous restons tout aussi sceptique sur l’intérêt de la discussion autour de la nouvelle coupe de cheveux de Mélanie.. C’est le propre de la relation entre l’adolescent et l’adulte, un fossé d’incompréhensions les sépare.  Fossé qui s’agrandit de surcroît par notre incompréhension (relative certes) des nouveaux moyens de de communication.

L’appel de la tribu.

Un phénomène vieux comme le monde, pour s’émanciper comme individu l’adolescent suit les codes de la tribu, et ces codes évoluent avec l’âge. La génération des “digital natives” se retrouve sur Facebook ou sur World of Warcraft, c’est ainsi. Pour être en relation avec ses pairs l’adolescent doit être présent là où les autres le sont, montrer qu’il partage les codes communs. Le phénomène d’identification est souvent la motivation première de l’adolescent. Si vous posez la question à un adolescent du pourquoi il est présent sur facebook, il répondra quasi invariablement “parce que tout le monde y est”. Le réseau social lui permet ainsi de rester en contact avec ses pairs. Les adultes ne perçoivent que trop souvent que le côté chronophage de l’activité et non son intérêt en tant qu’outil de socialisation. Le réseau a l’avantage de permettre à l’adolescent d’expérimenter tout en lui donnant un sentiment de sécurité. L’expérimentation se construit assez souvent seul dans sa chambre et l’interface de l’ordinateur lui donne la sensation de pouvoir agir en toute liberté sans risquer d’intrusion dans son intimité. Il reste maître de ce qu’il produit et de la partager avec qui il veut. Dans sa quête d’identité personnelle il a plutôt tendance à partager avec tout le monde sans distinction. Pour autant il a consciences des risques inhérents à ce type de comportement. Des jeunes adolescents me confiaient ainsi qu’ils restaient vigilants sur leur cercle de diffusion, leur tribu. L’un d’entre eux m’expliquait ainsi qu’il avait créé plusieurs profils, l’un pour ses amis et l’autre pour sa famille ou ses professeurs.

L’alter ego numérique.

Sur Warcraft, je suis un puissant seigneur de guerre, on me respecte. J’ai créé ma propre guilde et je commande à plusieurs dizaines de joueurs. Dans la vie réelle, je suis l’élève moyen auquel personne ne prête attention. Les univers virtuels offrent un large spectre d’expérimentation aux adolescents, les jeux vidéos en ligne en sont un excellent exemple. Notre perception d’adulte nous fait souvent voir cet univers que sous son aspect “addictif”.  Dans notre esprit l’adolescent qui passe des heures sur son jeu est un asocial. Et pourtant c’est loin d’être le cas. L’essence même des jeux en ligne massivement multi joueurs fait que l’adolescent ne peut accomplir sa quête seul, il doit s’il veut parvenir à son objectif  rejoindre une tribu, une guilde dans l’exemple de World of Warcraft. Se faisant il doit obéir à des règles. Les joueurs ont un code de déontologie qui n’est pas sans rappeler celui de nos cours d’écoles : ne pas s’attaquer aux novices, ne pas voler ses camarades de jeu, ne pas mettre en péril la guilde par un comportement irraisonné, etc…Les jeux favorisent également l’entraide et la cohésion de groupe. L’atteinte d’un objectif particulièrement élevé se planifie longtemps à l’avance. Les leaders mettent en place une stratégie dans laquelle les tâches sont réparties, les moyens sont mutualisés et optimisés. Les guildes sont des mini-sociétés dans lesquelles, chacun peut s’exprimer, chacun peut obtenir de la reconnaissance soit par ses propos soit par ses actes. La reconnaissance est justement ce que vient chercher notre adolescent. Enfin, en se promenant dans les mondes virtuels d’avantage de joueurs trentenaires que d’adolescents. Pourtant on entend assez rarement les médias nous parler des néfastes de l’addiction aux jeux vidéos pour un cadre d’entreprise. L’addiction c’est une maladie exclusivement réservée aux adolescents et les jeux vidéos ne présentent  des risques que pour les adolescents…Nous avons du mal à prendre le jeu au sérieux, sauf si ce sont des jeux d’adultes…pour autant la pédagogie par le jeu n’est pas une nouveauté, mais bon les mentalités ont du mal à changer…

Être ou ne pas être sur Facebook ?

This is not communication

Certaines collectivités se posent la question de savoir s’il faut être ou ne pas être présent sur le réseau social “Facebook”. Dans une liste de discussion de professionnels des collectivités locales, voici la réponse que donne un cabinet “attention, y être c’est aussi s’exposer aux critiques… ” Voici un argument qui devrait finir de convaincre tous les maires de France et de Navarre de ne pas être présent sur les réseaux sociaux. Pour aborder la question avec un peu plus de sérieux, tentons de répondre à la question du Chargé de Communication de Maville : “faut-il être présent sur Facebook” ?

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