Internet sans crainte…?

Le Jour ni l'Heure 6791 : autoportrait avec crainte et tremblement, Plieux, bibliothèque, mardi 18 octobre 2011, 25:25:31

 

Internet est-il dangereux ? Que font mes enfants sur le Web ? Où sont vraiment les risques ? Quels bons gestes sur Internet ? Payer en ligne, c’est le plus risqué, non ? Que cherchent les pirates en ligne aujourd’hui ? Le 5 février c’était la journée mondiale pour un internet (Safer Internet Day) plus sûr avec son lot de questions et d’affirmations toutes les plus angoissantes les unes que les autres…

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De la Promotion des Usages Responsables…

MusicLa Hadopi souhaite mobiliser les collectivités territoriales via les espaces Publics Numériques et les écoles pour influer sur le comportement des internautes en matière d’usages responsables d’internet. Les instituteurs et animateurs multimédias seront ainsi amener à prêcher la bonne parole en expliquant de manière pédagogique l’importance du droit d’auteur. Dans l’absolu, il n’est pas incohérent qu’un animateur multimédia prône un usage responsable d’internet. D’ailleurs, l’animateur multimédia n’a pas attendu la Hadopi pour le faire. L’usage responsable peut se décliner en trois phases.

La protection de l’individu.

Dès le plus jeune âge, l’internaute va être invité à contrôler son identité numérique. Évidement, en classe de CE 2, il y a peu de chance pour que soit utilisé le terme d’identité numérique et encore moins de personnal branding. L’accent va être mis d’avantage sur le caractère public d’internet et par conséquent sur l’attention à apporter sur les informations transmises en clair. L’usage responsable sera là d’alerter sur le risque potentiel de transmettre des données personnelles en clair. L’usage responsable c’est de faire appel à la prudence de l’internaute quand il publie des informations sans nécessairement agiter l’épouvantail du pervers.  Il y a bien d’autres “désagréments” liés à la transmission de données personnelles, être médiateur numérique c’est aussi être responsable dans l’analyse des risques.

La protection de la machine

La sécurité informatique est une préoccupation qui doit être intégrée au plus tôt dans les usages responsables. Cette sécurité informatique va de paire avec la protection de l’individu. L’usage responsable consisterait à ménager sa monture si l’on veut surfer loin. Il en va ainsi de l’antivirus au choix du navigateur, voire de l’OS. Être un médiateur numérique responsable, c’est peut-être aussi orienter vers un Opérateur Système fiable. L’ordinateur est un objet mécanique tout autant qu’une voiture et pour autant on se soucie assez peu de la fiabilité de l’outil. Adopter une aptitude responsable vis à vis de sa navigation sur le net, c’est aussi repérer les pièges et, tant qu’à faire, les éviter.

Le respect de la loi

L’internet n’est pas un espace sans loi et des préconisations du type “n’insulte pas un prof sur le net sinon tu pourrais te faire coller” sont monnaies courantes dans l’animation multimédia. Ainsi , la Hadopi sollicite les collectivités territoriales pour que les espaces publics numériques sensibilisent au droit d’auteur. Il faut se féliciter de cette volonté de la Hadopi de reconnaître les Espaces Publics Numériques comme lieu de médiation sur les questions relatives à la législation sur internet. Aussi, puisque la Hadopi nous reconnaît cette compétence, nous ne pouvons que la renvoyer vers l’article 19, paragraphe 2 du Pacte International relatif aux Droits Civiques et Politiques de l’ONU qui explique : « Toute personne a droit à la liberté d’expression; ce droit comprend la liberté de rechercher, de recevoir et de répandre des informations et des idées de toute espèce, sans considération de frontières, sous une forme orale, écrite, imprimée ou artistique, ou par tout autre moyen de son choix. » et qui rend de fait la loi Hadopi illégale.

… A la Promotion de l’Internet Libre

Enfin à quelques heures de la fête de la musique, permettez-moi quelques instants pour vous faire découvrir un artiste que j’aime beaucoup : Greg Beaumont. Le site Jamendo a demandé le fameux label pur de la Hadopi et ne l’a pas encore obtenu, pourtant la Promotion de l’Internet Libre va bien au-delà des usages responsables. En attendant la mise en place du label PIL, profitez de quelques instants pour découvrir la musique de Greg Beaumont. N’hésitez pas à faire part de votre coup de cœur dans les commentaires.

Internet, zone à risques ?

Censure internetA force d’être appelé pour animer des présentations sur les dangers d’internet, je me questionne de plus en plus sur cet amalgame entre internet et danger.

D’une part on ne peut pas prétendre qu’on peut naviguer sur internet en toute impunité sans courir le moindre risque. Mais est-ce que là où il y a risque il  y a danger ? Rien n’est moins sur.

Des risques liés à Internet

Il va du rôle du médiateur numérique d’aborder la question des risques liés aux usages de l’internet (ou d’une manière plus générale de l’outil numérique). Les risques proviennent de l’utilisation que nous faisons de l’outil et non de l’outil en lui-même, la technologie est  neutre. Ainsi on ne peut prétendre qu’internet est dangereux, on ne peut que constater qu’un mauvais usage de cet outil engendre une prise de risques.

En notre qualité de médiateur, il faut donc sensibiliser le public à un usage responsable des outils numériques.Par cet usage responsable, nous pouvons éduquer sur les risques que peuvent engendrer des mauvaises pratiques. Mais si nous véhiculons comme message qu’internet est dangereux, il faut alors être cohérent et retirer nos enfants de cet outil.

L’Internet de tous les dangers

Le traitement médiatique réservé à l’outil numérique n’aide guère à notre mission. Harcèlement sur Facebook, cyber criminalité, piratage, logiciels espions, et tant d’autres expression qui laissent à penser que la troisième guerre mondiale a lieu sur le net. Sortie de son contexte Hadopi, la terminologie “risposte graduée” n’est pas sans rappeler les heures de la guerre froide. Le danger, ce n’est pas Internet, c’est l’image qu’on veut nous donner cet outil formidable. Au delà de cette présentation noircie de l’outil, l’objectif est d’aseptiser cet espace de liberté au nom d’un principe de précaution dont on peut douter. La mécanique est simple, en braquant les feux de la rampe sur cet élève qui s’est fait harceler sur Facebook, on va proposer de suspendre le compte Facebook des fauteurs de troubles. Pour emballer tout cela on va s’adosser à une association qui a pignon sur rue et on va ainsi vanter les bienfaits de l’internet régulé.

L’internet est en danger. Votre mission, médiateurs numériques, si vous l’acceptez et de sauver le cyberespace.

Sensibiliser aux usages d’internet ?

I <3 the internets!

La conduite de séquence de sensibilisation aux usages d’internet est un exercice de style faisant partie du bagage obligatoire du médiateur numérique (ou animateur multimédia, mais remettons ce débat là à plus tard). Bien que passage quasi incontournable de la fonction, le rôle du médiateur numérique est d’y donner un sens.

La peur du méchant loup.

C’est le nom que je donne à la méthode utilisée par mon opérateur. Il n’y a pas si longtemps de cela je reçois un appel du service commercial de mon fournisseur d’accès à internet (FAI).  Après les politesses d’usages celui souhaite m’interroger sur les mesures de sécurité prises sur mon ordinateur (rien que ça).  Mon interlocuteur me demande d’abord si j’ai des enfants qui utilisent l’ordinateur, puis si mon ordinateur est équipé d’un anti-virus, d’un anti-espiogiciel (spyware), d’un anti-rootkit, d’un anti-phishing et d’un logiciel de contrôle parental (et peut-être encore d’autres programmes). Je réponds à ce dernier ce qu’il veut entendre, que j’ai des enfants qui accèdent à mon ordinateur et que je n’ai aucun des logiciels qu’il a mentionné (ce qui en plus est vrai). Mon interlocuteur prend un ton alarmiste et limite me sermonne sur mon rôle de parent qui devrait faire plus attention parce que Internet c’est quand même dangereux. Fort heureusement mon FAI a créé un pack sécurité pour que je puisse utiliser tout cela tranquillement pour la modique somme de 5 € par mois ! Il s’en est fallu de peu pour que je résilie mon abonnement pour éviter l’exposition à un tel risque. Pour la petite histoire, quand le commercial m’a demandé quelle version de Windows j’utilisais et que je lui ai répondu que j’étais sous Linux il a raccroché.

Cette stratégie commerciale est souvent utilisée et demandée. Combien d’interventions ont lieu sur les risques ou les dangers liés à Internet ? Sur la cyberadiction , le happy-slapping , l’accoutumance aux jeux vidéos, le sexting…? La stratégie de la peur n’est efficace que pour éloigner une partie du public d’un danger, hors le propos du médiateur numérique est d’amener le public à internet. Il conviendrait de privilégier la stratégie de la confiance plus que celle de la défiance. De surcroît, en utilisant la stratégie de la peur on donne inconsciemment du crédit à une frange de la population qui pense qu’Internet est source de tous les maux et que c’est la raison pour laquelle il faut en réguler l’accès et les usages.

Bien entendu, éluder la question risque n’est pas le propos. Mais le risque ça se maîtrise et ça se relativise. Si quand vous apprenez à conduire, on ne vous parle que du nombre de morts sur la route ou d’accidentés graves de la circulation, cela ne vous donne pas envie d’aller plus loin; fort heureusement on vous enseigne le code, puis la façon de décrypter la route et même la bonne conduite …

Le risque existe, recevoir un polluriel est un risque. Les conséquences n’ont rien de titanesque, mais il n’empêche que cela devrait être le danger le plus courant auquel sera confronté l’internaute moyen. Ajoutons ensuite, l’acquisition de virus par les supports mobiles et l’usage des jeunes qui demande un traitement à part entière.

Les enfants du Web.

Dans les programmes scolaires, l’usage de l’informatique est devenue une compétence clef. le Brevet Informatique et Internet est obligatoire pour prétendre au Brevet des Collèges. Nos enfants sont confrontés dès le plus jeune âge à un outil qui nous est aussi commun que le stylo, l’ordinateur. Là où cela commence à se compliquer légèrement, c’est que l’encadrement n’est pas toujours à l’aise avec cet outil.  Au delà de cela il y a “l’après” école. Quand un enfant rentre chez lui et indique qu’il faut qu’il apprenne sa leçon de poésie ou fasse des exercices de mathématiques cela parle à tous les parents. Quand demain, il va dire qu’il faut qu’il mette son prof de français en partage sur Google Docs pour relire sa rédaction (déjà vu), pas sur que tous les parents suivent…

C’est à partir de l’âge de 8 ans que l’Internet est introduit dans l’enseignement en pratique. C’est à partir de cet âge là qu’il convient d’éduquer l’enfant aux usages. Dans l’école tout se passe bien, les accès au web et le matériel  sont filtrés et surveillés autant par des machines que par des hommes. Cependant, aucune garantie n’existe pour que ces conditions soient reconduites à domicile. Déjà, il faut partir du principe qu’il y a à domicile l’accès à ces ressources. Pour pallier cette déficience, l’Espace Public Numérique à un rôle majeur à jouer, à lui de se rapprocher de son inspection académique. Pour être certain de trouver un environnement sécurisé au domicile, on pourrait visiter chaque domicile pour vérifier et paramétrer la configuration de chaque ordinateur. Il y a fort à parier que le coût en serait affecté à la famille, ce qui impliquerait une démarche volontaire et, du coup, surement pas majoritaire. Le mieux serait d’accompagner (que je préfère à éduquer) les parents à l’usage de cet outil dans la scolarité de leurs enfants. Fournir aux parents des logiciels ressources (libres) utilisés à l’école (comme la suite G-compris par exemple) et quelques conseils avisés sur la gestion d’Internet. Et surtout,il convient d inscrire cette démarche dans le temps. En intervenant dès 9-10 ans, il n’est peut-être pas très utile d’évoquer les principes fondamentaux liés à la liberté d’expression applicables sur Internet. Il vaut peut-être mieux vanter les mérites de la présence d’un adulte pour aller sur l’ordinateur (de la même manière que pour apprendre sa poésie, ou faire ses exercices de maths) et de l’utilité d’un logiciel de filtrage de contenus. Inscrire sa démarche dans le temps c’est prévoir de revenir plus tard quand l’enfant sera au collège, qu’il sera confronté à d’autres problématiques, y compris au niveau des nouvelles technologies.

Pour conclure.

Parler de sensibilisation aux usages d’internet, c’est parler d’éducation aux médias. Pour pouvoir éduquer, il convient d’apprendre à comprendre. Dans cette tâche, le tort du médiateur numérique serait de partir seul tel Don Quichotte. S’agissant d’enjeux de société, mieux vaut s’assurer d’être bien entouré. De la même manière, il ne faut pas se leurrer, ce n’est pas en menant une séquence sur les “dangers de Facebook” que les choses risquent de changer. Cela se saurait…

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