J’ai testé les aides en ligne

La plateforme mes-aides.gouv.fr est juste géniale. Elle vous permet d’évaluer vos droits à 25 aides sociales. Par contre, le délai de 7 minutes est très optimiste. A titre personnel, en ayant à ma disposition tous mes papiers, une calculatrice, et une concentration maximale j’ai mis 30 minutes pour effectuer la démarche. Ce temps de 7 minutes est bien entendu un temps médian. Plus la simulation comporte de champs à remplir pour les ressources et la famille, plus la durée augmente. De plus, afin d’affiner les résultats, l’utilisateur peut indiquer en fin de parcours ses derniers revenus imposables ainsi que son patrimoine (ce que j’ai fait). 95% des situations (y compris les plus complexes) se font en moins de 30 minutes. Ainsi cette plateforme pourrait être un outil formidable pour les travailleurs sociaux notamment. Mais elle n’est pas sans poser de question sur l’accompagnement qui en découle.

 

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Tiers Lieux et ruralité

IMG_0925Dans le cadre des rencontres Ruralitic qui se sont déroulées au Château de Vixouze j’ai été invité à participer à la table ronde concernant les Tiers Lieux. En premier lieu ce sont les questions d’accès au réseau qui ont dominé ces deux jours de rencontre. Il y a incontestablement un décalage entre les taux de couverture annoncés par les opérateurs et la perception qu’en ont les usagers. La vérité de Paris n’est pas celle du terrain….

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Eduquer au numérique, les enseignants ne sont pas seuls

Four Laptops Per Child« Plus de 4000 lieux publics d’accès à l’internet sont ouverts en France, dans lesquels un ou plusieurs animateurs multimédias accompagnent, initient chacun à maîtriser et bien utiliser ces outils et services offerts par internet et plus largement par les technologies de l’information et de la communication.»

(Netpublic.fr)

 

Des ressources locales

Ces lieux d’accès publics à internet plus communément appelés Espaces Publics Numériques (EPN) sont souvent des lieux financés par les collectivités locales. Ces EPN ont toute légitimité pour accompagner les enseignants dans leur approche personnelles des mondes numériques. Au-delà des enseignants, les EPN peuvent s’inscrire parfaitement dans une dynamique locale. Depuis de nombreuses années les EPN s’inscrivent dans des campagnes nationales visant à réduire la fracture des usages numériques.

Ainsi en février les EPN sont invités à proposer des animations en lien avec le programme « Internet plus sur » (Safer Internet Day) destiné à promouvoir une utilisation plus sûre et plus responsable de l’Internet fixe et mobile chez les jeunes. Comment ne pas y voir un lien évident avec le module « naviguer dans un environnement plus sur » du B2i ?

Le numérique pour tous

Au-delà de la formation des enfants à un usage maîtrisé des nouvelles technologies, il est primordial que ces notions puissent s’exporter en dehors de l’école. Pour ce faire, il me paraît primordial d’associer les parents à la démarche. Les parents sont parfois en recherche de clefs de lecture des usages numériques, ils se sentent parfois dépassés et se rangent derrière la soit-disante maîtrise technique de leurs enfants pour ne pas les accompagner dans leurs usages numériques. Là encore, l’EPN est un interlocuteur naturel pour conforter le parent dans son rôle pédagogique vis à vis des nouvelles technologies. Il ne s’agît pas d’apprendre aux parents à Twitter, mais à les aider à comprendre ce que font leurs enfants dans les mondes numériques pour qu’ils puissent mieux se positionner. Bien entendu une initiation à Twitter est toujours possible dans un EPN.

A propos de l’utilisation d’un service web ou d’un logiciel, l’EPN peut accompagner l’adulte dans sa prise en main de l’outil. Demain, un enseignant d’une commune souhaite utiliser Twitter en classe. En venant dans un EPN, il pourra comprendre le fonctionnement de Twitter et apprendre à s’en servir. Il pourra bénéficier en outre de la veille qu’il effectue pour être mis en lien avec des collègues enseignants qui utilisent déjà Twitter. Enfin, il pourra solliciter l’EPN sur une fonctionnalité précise de l’outil dans 3 ou 4 mois. Charge à l’enseignant de savoir ensuite comment il va l’utiliser dans sa classe. Et pourquoi ne pas s’appuyer sur l’EPN quand la collectivité va équiper ses écoles de tablettes tactiles ? L’EPN accompagne des seniors, des demandeurs d’emplois, des personnes illettrées, des personnes en situation de handicap aux usages numériques, pourquoi ne pourrait il pas accompagner les enseignants ? Cette question se pose d’autant plus lorsque dans l’EPN de votre commune le médiateur numérique est titulaire du C2i2e éducation…

« L’école ne s’arrête pas à ses murs » déclarait Vincent PEILLON à l’assemblée de Ludovia2012, franchira t-elle la porte des EPN ?

 

 

Silence on ferme.

Our Daily Challenge - DoorsA travers les différents médias sociaux, je vois que de plus en plus d’Espaces Publics Numériques ferment leurs portes ou sont amener à les fermer très prochainement. L’ambiance est à la soupe à la grimace, les Espaces Publics Numériques sont en voie de disparition, la faute à la crise mais pas que.

Chronique d’une extinction annoncée

Outre l’argument financier de la rentabilité mis en avant par les collectivités locales qui assument souvent le portage financier (directement ou par l’octroi de subventions) des Espaces Numérique, un raisonnement assez simpliste est également mis en avant. Aujourd’hui tout le monde possède internet, il n’est donc plus utile de soutenir financièrement un Espace Public Numérique. Or “Un peu plus de 64% des ménages déclarent avoir un accès à internet à leur domicile en 2010 contre 12% en 2000”, détaille l’Insee. Alors effectivement s’il s’agît d’un choix assumé de la part d’une collectivité de fermer un service public qui ne concernerait que 36 % des ménages de son territoire, beaucoup de services publics ont à craindre de leur devenir. Si nos élus, se servent d’arguments aussi simplistes, c’est qu’ils n’ont pas perçu les enjeux liés à l’éducation numérique. Nos élus appartiennent à un public cible bien connu dans les Espaces Publics Numériques, celui qui veut juste apprendre à se servir de l’outil, sans nécessairement en comprendre l’intérêt.

La mutation de l’animateur en médiateur

C’est ce changement d’échelle qui conditionne à mon sens la mutation de nos espaces, postures et enjeux professionnels. Il faut poser comme postulat que la maitrise des usages numériques est une des prérogatives des Espaces Publics Numériques. Elle n’est pas l’apanage du champ de l’éducation nationale seule, qui reconnaît par ailleurs avoir du retard à combler en ce domaine (on pourra se référer au rapport de la mission Fourgous : apprendre autrement à l’ère du numérique). L’acquisition d’une culture numérique est une nécessité pour chacun de nos concitoyens, et encore plus pour ceux qui sont en difficulté avec la société (en situation de handicap, en recherche d’emploi, en acquisition de notre langue…), car sans cette culture numérique ceux-là ne pourraient prétendre à rejoindre notre société d’aucune autre manière. Au delà des effets sémantiques qui peuvent toujours heurter quelques uns, il s’agît d’accompagner la construction de notre société qui, elle, sera numérique à travers une politique de médiation numérique territorialisée.

 

Quand les “antennes citoyennes” rencontrent les “epn”

Plusieurs fois je me suis interrogé sur la pertinence de relater mon quotidien professionnel à travers ce blog. Plusieurs fois j’ai été questionné sur le fait de savoir si mon Espace Public Numérique” disposait d’un espace de publication sur internet.Pour partager ce que je fais au quotidien, je n’ai à ma disposition que la solution de m’exprimer à titre personnel sur un espace qui m’appartient.

Le projet Antenne Citoyenne

L’état de Genève a lancé un projet d’ouverture d’Antennes Citoyennes sur son territoire. Ce projet est toujours en cours d’élaboration et la première Antenne Citoyenne n’a pas encore ouvert ces portes. Ce projet,en quelques mots, consiste à ouvrir des Espaces Publics Numériques (appelés Antennes Citoyennes donc) pour “répondre à la problématique de l’e-exclusion d’une part et à renforcer le lien social et la politique du « vivre ensemble » d’autre part”. Une présentation plus complète du projet est disponible sur le blog de l’OT Lab.

Du bon voisinage au réseautage ?

Nos voisins suisses (nous sommes distants de 40 km) sont venus visités notre Espace Public Numérique ce jeudi 5 avril pendant une matinée. C’est toujours une chance et un plaisir de recevoir des visiteurs qui s’intéressent à ce peut être notre quotidien, notre fonctionnement, nos projets, nos freins et nos leviers. En effet grâce à la pertinence de leurs questions cela m’a permis de mieux verbaliser ce quotidien et de me rendre compte que ce que je pensais être un quotidien ordinaire pouvait être reçu comme une ressource “formidable” pour d’autres.

Les échanges de population entre Genève et la rive française du Léman sont nombreux, je ne peux que me réjouir de contribuer aux échanges d’expériences et de pratiques sur l’accompagnement aux usages numériques. Gageons que dans quelques mois nous pourrons créer un réseau lémanique de l’accès public à internet.

 

Améliorer la relation numérique à l’usager

Le 26 septembre le député Franck Riestler a remis à Valérie Pécresse, ministre du budget, des comptes publics et de la réfome de l’état, un rapport issu d’un groupe de travail autour de l’amélioration de la relation numérique à l’usager.Ce rapport comporte 15 propositions et l’un des axes  est l’accompagnement personnalisé usagers) pour renforcer  le développement des usages numériques.

La Proposition n° 9

“Soutenir l’utilisation des services en ligne dans les lieux d’accueil du public”, telle est la neuvième proposition du groupe de travail d’experts mené par le député Riestler. Dans cette proposition le député mentionne la possibilité de s’appuyer sur les Espaces Publics Numériques pour accompagner les usagers dans la e-administration. Rappelons donc à ce groupe d’experts le rôle d’un Espace Public Numérique : accompagner tous les publics pour tous les usages du numérique. On pourra ainsi se référer à l’étude de l’Agence Nouvelle des Solidarités Actives sur le lien entre la Politique de la Ville et un Espace Public Numérique.

L’accompagnement de l’utilisateur doit être la priorité première dans ce type d’initiatives. Le groupe de travail ne semble pas interpellés par le fait que seuls 2,5 millions d’utilisateurs aient créé un compte sur mon service-public.fr.  Comparativement au 40 millions d’internautes en France, cela représente une proportion particulièrement faible. Quand dans le même temps 47% des français jugent la dématérialisation des services publics trop avancée et que 34 % des citoyens déclarent être prêts à se rendre dans des lieux publics proches de chez eux s’ils y sont accompagnés pour utiliser un ordinateur ou Internet, cela démontre clairement que c’est l’accompagnement aux usagers qu’il faut privilégier.

Faîtes le en-ligne !

Le groupe de travail préconise notamment de mettre en place une campagne du type “faîtes le en ligne, nous vous montrons comment” en s’appuyant sur les Espaces Publics Numériques. Si la volonté de nouer un partenariat avec les Espaces Publics Numériques se concrétise de manière opérationnelle, il faudrait alors permettre d’aller chercher les populations les plus éloignées du numérique. Le député Riestler évoque à juste titre la faible proportion de seniors connectés (19% des plus de 65 ans sont connectés). cette partie de la population a une culture du papier bien ancrée et la présente d’un community manager sur les réseaux sociaux n’est surement pas la solution la plus adéquate pour cette frange de la population.  Pour cibler les populations touchées par le fossé numérique, il faut que le numérique vienne à eux, dans les lieux qu’ils fréquentent déjà, c’est tout simplement ce que je considère comme étant de la médiation numérique (bien que je ne résume pas la médiation numérique à ce seul aspect).

 

L’Espace de Médiation Numérique

Parcours-jeu multimedia : Les métiers du musée (Musée des Confluences / Erasme, Lyon)
photo dalbera on flickr

 

En ouverture des Assises de la médiation Numérique à Ajaccio, il a été présenté une définition de la médiation numérique bien singulière. Si le souhait de l’orateur était de faire réagir , force est de constater que la réussite a été au rendez-vous. Ce qui m’a le plus interpellé dans la définition de cet orateur c’est la logique de cloisonnement.

Qu’est-ce qu’un Espace Public Numérique ?

Le site NetPublic nous rappelle qu’un espace public numérique est :”destiné à tous les publics, un espace public numérique propose à ses usagers des activités variées et encadrées, par le biais d’ateliers collectifs, mais également dans le cadre de médiations individuelles et de plages réservées à la libre consultation.(…)Il contribue également à promouvoir les usages et à faciliter la découverte au plus grand nombre de l’accès aux Technologies de l’Information et de la Communication et aux principaux usages de l’internet.”

A la lecture de cette définition et plus encore de la Charte NetPublic, on se rend compte qu’il n’y a pas de distinction dans la qualité du lieu. Les bibliothèques, médiathèques, bureau information jeunesse sont aussi des Espaces Publics Numériques. La confusion pour certains vient du fait que “Espace Public Numérique” est anciennement un label et il n’est pas rare que des agents de médiathèque ne considèrent pas leur structure comme un Espace Public Numérique.

L’Espace de Médiation Numérique.

La médiation numérique peut s’envisager comme une posture. Il s’agirait ainsi d’utiliser l’outil numérique (quelqu’il soit) pour faire le lien entre l’usager et un contenu dématérialisé.  Par exemple se servir de l’outil numérique pour permettre à un usager de parcourir une exposition du Grand Palais. Certains diront que c’est de la médiation culturelle par la médiation numérique. Pourquoi pas. Mais pour que cet usager soit autonome dans sa recherche culturelle, il faut au préalable qu’il ait appris à se servir de l’outil numérique en tant que tel.Si je me positionne dans un centre social et que j’explique à un usager comment faire sa demande de casier judiciaire en ligne, cela devient de la médiation sociale. A écouter certains la médiation numérique ne consisterait qu’à apprendre à se servir de l’outil d’un point de vue technique.

A mon sens la notion de médiation invite à permettre à un usager d’aller d’un point A à un point B. La médiation se construirait à travers les outils numériques. Je ne suis pas certain qu’il soit judicieux de cloisonner le rôle des Espaces Publics Numérique à un rôle de professeur d’ordinateur, tout comme il ne me paraît pas judicieux de cloisonner celui des bibliothécaires à des passeurs de culture.Les outils numériques sont autant de chances pour décloisonner les espaces et les missions. Faisons de nos lieux publics des Espaces de Médiation Numérique.

De l’animateur multimédia au médiateur numérique

L’animateur multimédia

L’animateur multimédia est généralement présenté comme un pédagogue doublé d’un technicien. Ainsi sur le site du CIDJ ” activités éducatives, artistiques, ludiques, techniques, lui servent d’applications pédagogiques pour ses « élèves ». Il procède à ses activités d’enseignement, d’accompagnement individuel ou collectif en organisant des ateliers. Il conseille, explique, démontre par l’exemple et propose divers exercices d’application. Explications du fonctionnement et du maniement des outils et familiarisation des principaux usages de l’internet constituent le « plat de résistance » de son métier. L’animateur remplit aussi une activité de maintenance courante du matériel et des logiciels des postes informatiques. “

Sortie de son contexte cette définition pourrait faire penser à celle d’un professeur en nouvelles technologies.  Si l’apprentissage des nouvelles technologies est effectivement l’une des composantes de ce métier, l’animateur multimédia n’est pas le seul professionnel à intervenir sur ce domaine.

Le médiateur numérique

Au sein d’un même territoire, de nombreux acteurs sont concernés par l’apprentissage des nouvelles technologies, en premier lieu l’éducation nationale et les organismes de formation. Cet apprentissage démarre dès le primaire par l’intermédiaire du Brevet Informatique et Internet. Le module 2 (adopter une attitude responsable) de ce B2i est souvent celui qui pose le plus de difficulté dans sa transmission, et les écoles sont nombreuses à faire appel à des intervenants extérieurs. Le profil de ces intervenants montre bien l’étendu des notions à appréhender pour bâtir une culture numérique de base. Parfois il est fait appel à la Gendarmerie (ou à la Police), parfois à des prestataires privés dépendant de grosses sociétés américaines, parfois à des associations locales, et parfois même à des animateurs multimédias.

Le rôle du médiateur numérique est de pouvoir fédérer l’ensemble de ces acteurs autour d’une définition de la culture numérique de proximité. A cet effet cette culture numérique doit s’envisager tout au long de la vie et être le reflet d’une politique locale coordonnée. C’est en ce sens, à mon avis, qu’il faut parler de médiation numérique et non d’animation multimédia.

Peut-être aurons nous le plaisir d’en débattre aux Assises de la Médiation Numérique ?

Être ou ne pas être sur Facebook ?

This is not communication

Certaines collectivités se posent la question de savoir s’il faut être ou ne pas être présent sur le réseau social “Facebook”. Dans une liste de discussion de professionnels des collectivités locales, voici la réponse que donne un cabinet “attention, y être c’est aussi s’exposer aux critiques… ” Voici un argument qui devrait finir de convaincre tous les maires de France et de Navarre de ne pas être présent sur les réseaux sociaux. Pour aborder la question avec un peu plus de sérieux, tentons de répondre à la question du Chargé de Communication de Maville : “faut-il être présent sur Facebook” ?

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