Eduquer au numérique, les enseignants ne sont pas seuls

« Plus de 4000 lieux publics d’accès à l’internet sont ouverts en France, dans lesquels un ou plusieurs animateurs multimédias accompagnent, initient chacun à maîtriser et bien utiliser ces outils et services offerts par internet et plus largement par les technologies de l’information et de la communication.» (Netpublic.fr)   Des ressources locales Ces lieux d’accès publics à internet plus communément appelés Espaces Publics Numériques (EPN) sont souvent des lieux financés par les collectivités locales. Ces EPN ont toute légitimité pour accompagner les enseignants dans leur approche personnelles des mondes numériques. Au-delà des enseignants, les EPN peuvent s’inscrire parfaitement dans une dynamique locale. Depuis de nombreuses années les EPN s’inscrivent dans des campagnes nationales visant à réduire la fracture des usages numériques. Ainsi en février les EPN sont invités à proposer des animations en lien avec le programme « Internet plus sur » (Safer Internet Day) destiné à promouvoir une utilisation plus sûre et plus responsable de l’Internet fixe et mobile chez les jeunes. Comment ne pas y voir un lien évident avec le module « naviguer dans un environnement plus sur » du B2i ? Le numérique pour tous Au-delà de la formation des enfants à un usage maîtrisé des nouvelles technologies, il est primordial que ces notions puissent s’exporter en dehors de l’école. Pour ce faire, il me paraît primordial d’associer les parents à la démarche. Les parents sont parfois en recherche de clefs de lecture des usages numériques, ils se sentent parfois dépassés et se rangent derrière la soit-disante maîtrise technique de leurs enfants pour ne pas les accompagner dans leurs usages numériques. Là encore, l’EPN est un interlocuteur naturel pour conforter le parent dans son rôle pédagogique vis à vis des nouvelles technologies. Il ne s’agît pas d’apprendre aux parents à Twitter, mais à les aider à comprendre ce que font leurs enfants dans les mondes numériques pour qu’ils puissent mieux se positionner. Bien entendu une initiation à Twitter est toujours possible dans un EPN. A propos de l’utilisation d’un service web ou d’un logiciel, l’EPN peut accompagner l’adulte dans sa prise en main de l’outil. Demain, un enseignant d’une commune souhaite

Read more

Ville numérique, ville intelligente

Source: flickr.com via loicgervais on Pinterest   Début Juillet s’est déroulée la neuvième rencontre franco-suisse des urbanistes sur le thème Territoires et ville numériques. Cette rencontre se déroulant dans ma ville était immanquable, d’autant que mon camarade Yoann Duriaux faisait partie des intervenants. Le résumé des présentations des intervenants est disponible dans mon espace scribd La ville intelligente est numérique Dans cette journée, j’ai beaucoup entendu parler de ville intelligente. Du point de vue des participants à cette rencontre l’intelligence ici mesure la capacité d’un territoire à s’adapter aux usages et aux usagers. La distinction entre les usages et les usagers prend tout son sens, car l’usager est bien au cœur des préoccupations de nos urbanistes. La ville est un bien commun est le défi de l’urbaniste est d’associer l’usager à l’évolution de son territoire. Le numérique apparaît comme l’outil indispensable pour penser et dessiner ce nouvel espace et donc cette nouvelle société (par cette affirmation je fais référence à l’intervention de Boris Beaude qui m’a complètement convaincu). En somme, ne pas intégrer le numérique dans son territoire, c’est conduire son territoire vers une mort annoncée. Le citadin 2.0 En plaçant le citadin au coeur de sa réflexion, l’urbaniste s’interroge sur les limites de la “computer city”. Si mon smartphone m’indique une défaillance dans le passage des bus urbains, cela implique que je possède un smartphone et que je sache m’en servir. L’urbaniste cherche un “traducteur” quelqu’un qui soit en mesure d’accompagner le citadin vers les usages de la ville 2.0., quelqu’un qui soit en mesure d’appréhender les conséquences d’une cartographie faîte sur un système propriétaire ou par l’intermédiaire d”Open Street Map, quelqu’un qui éventuellement pourrait accompagner l’usager pour enrichir cette même cartographie. l’urbaniste est à la recherche d’un médiateur numérique. Plus que jamais la médiation numérique est en effet un enjeu de territoire, à tel point que ceux qui dessinent nos territoires sont en recherche de médiateurs numériques. Du numérique dans la ville… Ce n’était certes pas l’objet de ces rencontres, mais les participants ont beaucoup échangé sur le numérique dans la ville. A mon regret, il n’a pas

Read more

Du tableau à la tablette

La tablette numérique a fait une entrée remarquée dans les usages numériques tant est si bien que leurs utilisateurs ont droit à leur vocable : les tablonautes. En France on dénombrait 20 millions de tablonautes fin mars 2012 (Voir l’étude de médiamétrie). La tablette a su très vite s’imposer pour son ergonomie d’une part mais aussi pour la qualité des applications proposées, notamment en matière d’éducation. Une tablette dans le cartable ? Depuis des années, le problème est récurrent, les cartables sont trop lourds. Le numérique permet de palier d’une manière substantielle ce problème. Que l’on décide d’équiper son enfant d’un netbook ou d’une tablette, le choix des nouvelles technologies apparaît comme une évidence. Pour autant, mettre une tablette dans le cartable de ses tablettes est une bonne choses, le mieux serait qu’il s’en serve à l’école. Le premier écueil pour l’introduction des nouvelles technologies à l’école est le corps enseignant. Non pas que le corps enseignant soit hostile à ce type d’outils, mais plus parce qu’il n’est pas formé à son utilisation. “Globalement, les obstacles à l’usage des TIC sont liés à la taille des groupes d’élèves (67%) et à l’insuffisance du taux d’équipement (51%). Sont également cités comme freins, l’obsolescence du matériel, le manque de formation, les contraintes horaires et organisationnelles.” (enquête 2011 sur la pratique TIC des enseignants) Ce n’est que depuis 2012 qu’il est demandé aux candidats ou futur stagiaire professeur des écoles d’avoir le C2ie2 pour avoir suffisamment de connaissances dans le domaine informatique. L’écueil n’est pas tant dans l’apprentissage du maniement de la tablette en soi mais bien dans son utilisation à des fins pédagogiques. C’est tout l’apport du C2i2e que de permettre d’introduire les nouvelles technologies dans sa pratique pédagogique. Il est à noter qu’à titre expérimentale, la Région Rhône Alpes a permis aux animateurs d’Espaces Publics Numériques de la région d’obtenir leur C2i2E. J’ai participé à cette expérimentation qui se termine dans quelques jours, le billet est en cours de préparation Internet à l’école ? Le deuxième écueil pour l’introduction des nouvelles technologies est celui des parents. Il est formidable de constater

Read more

Une campagne numérique ?

  La campagne présidentielle qui vient de se dérouler en France a, une nouvelle fois, permis de donner un coup de projecteur sur des usages et des outils numériques. La star de cette campagne aura été Twitter. Si les principaux prétendants à l’élection présidentielle ont effectivement investi la toile et les réseaux sociaux pour propager leurs messages c’est en partie grâce à l’appui d’équipes dédiées à la web-campagne. Mais une fois la présidentielle passée, le soufflé retombe quand il s’agît de passer à l’échelon des élections législatives. Les moyens des candidats à la députation ne sont pas les mêmes et cela se voit dans leurs usages d’internet.

Read more

Silence on ferme.

A travers les différents médias sociaux, je vois que de plus en plus d’Espaces Publics Numériques ferment leurs portes ou sont amener à les fermer très prochainement. L’ambiance est à la soupe à la grimace, les Espaces Publics Numériques sont en voie de disparition, la faute à la crise mais pas que. Chronique d’une extinction annoncée Outre l’argument financier de la rentabilité mis en avant par les collectivités locales qui assument souvent le portage financier (directement ou par l’octroi de subventions) des Espaces Numérique, un raisonnement assez simpliste est également mis en avant. Aujourd’hui tout le monde possède internet, il n’est donc plus utile de soutenir financièrement un Espace Public Numérique. Or “Un peu plus de 64% des ménages déclarent avoir un accès à internet à leur domicile en 2010 contre 12% en 2000”, détaille l’Insee. Alors effectivement s’il s’agît d’un choix assumé de la part d’une collectivité de fermer un service public qui ne concernerait que 36 % des ménages de son territoire, beaucoup de services publics ont à craindre de leur devenir. Si nos élus, se servent d’arguments aussi simplistes, c’est qu’ils n’ont pas perçu les enjeux liés à l’éducation numérique. Nos élus appartiennent à un public cible bien connu dans les Espaces Publics Numériques, celui qui veut juste apprendre à se servir de l’outil, sans nécessairement en comprendre l’intérêt. La mutation de l’animateur en médiateur C’est ce changement d’échelle qui conditionne à mon sens la mutation de nos espaces, postures et enjeux professionnels. Il faut poser comme postulat que la maitrise des usages numériques est une des prérogatives des Espaces Publics Numériques. Elle n’est pas l’apanage du champ de l’éducation nationale seule, qui reconnaît par ailleurs avoir du retard à combler en ce domaine (on pourra se référer au rapport de la mission Fourgous : apprendre autrement à l’ère du numérique). L’acquisition d’une culture numérique est une nécessité pour chacun de nos concitoyens, et encore plus pour ceux qui sont en difficulté avec la société (en situation de handicap, en recherche d’emploi, en acquisition de notre langue…), car sans cette culture numérique ceux-là ne pourraient prétendre à

Read more