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Je suis un enfant battu, humilié, dénigré, violenté et abusé.

Mon père m’a battu jusqu’à l’âge de 12 ans. Mains, poings, pieds, ceinturon ont été les marques d’affection que j’ai reçues.

Il n’a eu de cesse de me répéter que je n’étais bon à rien, de m’humilier de me dénigrer en permanence. Je ne me rappelle pas d’une parole positive de sa part.

Il est encore en vie. La dernière fois que je l’ai vu il a affirmé que j’étais « mort pour lui ». Ai-je été seulement une fois vivant ?

Noël est un moment magique pour les enfants. Cela a été longtemps la date que je redoutais le plus. Comme cette année où je devais avoir 8 ou 9 ans où il est entré dans ma chambre, furieux et a pulvérisé tous mes playmobils reçus la veille parce que je faisais trop de bruit. Les survivants de cette hécatombe font aujourd’hui le bonheur de mes enfants.

J’ai ensuite été abusé. Le terme politiquement correct pour dire violé. De 12 ans à 16 ans. Par un membre du cercle proche.

A 18 ans je suis parti, loin. J’ai mis 800 kilomètres entre cet univers de souffrance et moi. Et j’ai commencé à vivre. J’ai découvert des gens qui tendaient la main pour caresser, des gens qui écoutaient, qui me respectaient, qui m’aimaient. Je ne serais jamais assez reconnaissant envers ces personnes.

Et puis j’ai fait ce que je savais faire de mieux. Détruire. Et fuir.

En 2000 j’ai intégré de façon permanente le monde du travail. Ironie du sort, j’ai intégré une association dont c’était la dernière année d’existence. Puis une autre se réclamant de gauche avec laquelle j’ai ferraillé dans les tribunaux avec succès, avant de rejoindre le service public en 2003.

Il y a quelques semaines, j’ai dit stop à la souffrance, en particulier professionnelle. Je suis aujourd’hui en arrêt. Je n’en peux plus d’être humilié et dénigré en permanence. Je dis stop. Cela doit cesser. Cela fait 44 ans que je souffre, que je me bats.

Il est presque miraculeux que j’ai fondé une famille avec laquelle je m’épanouis. J’ai bâti d’autres choses, en particulier dans le monde associatif. Mais je les ai détruites. J’ai été programmé pour cela.

Je n’ai évidemment pas d’ami. Je ne peux pas faire confiance. Je ne lâche jamais prise. Je cherche à garder le contrôle. Je reste dans ma carapace.

Il m’arrive encore de croiser des personnes qui montre de l’estime, pour celui que je suis ou pour ce que j’ai fait. Aujourd’hui je dois reprendre confiance, me reconstruire. J’aimerais tourner la page. Mais d’un autre côté je ne veux pas abandonner le peu que j’ai réussi à faire, j’aurai l’impression d’avoir échouer. C’est l’heure des doutes et des choix.

Le temps du déclic après celui des claques.

Post Author: loic gervais

4 Replies to “Des claques au déclic”

  1. Désolé de l’apprendre… En ce qui concerne tes amitiés, sache que je te considère encore comme un ami même si tu as changé de vie ou fui comme tu le dis (ce que je respecte vu que je suis passé par là moi aussi), et j’espère que de le savoir changera ton point de vue si tranché. Avec mes encouragements pour ta nouvelle vie quelle quelle soit, que tes déclarations “publiques” soient le point de départ d’une meilleure appréhension de la vie. Tu peux bien sûr me joindre quand tu veux (on fait encore des poutres). Amitiés. Ciao

  2. Loic, je te connais peu mais je t’estime et tu le sais. La distance fait que les rencontres ne sont pas faciles. Courage, je pense bien à toi . Nicolas V

  3. Loic
    La vie est loin d’être un long fleuve, mais pour certaines ou certains il est plus tumultueux ! Affronter son passé pour aller de l’avant, c’est une épreuve difficile qui ne doit pas remettre ce que tu as fait ces dernières années. On apporte tous notre petite pierre a notre histoire commune, même si cela ne met pas à l’abri des critiques. C’est aussi ce qui fait grandir. Bon courage !
    A bientôt
    Jacques

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