rallye sante (6)Il y a quelques jours, je participais à une rencontre avec des professeurs de collège quand l’un d’eux me demanda si je pouvais faire une présentation sur les réseaux sociaux. Assez naturellement je lui ai demandé ce qu’il entendait par là.

« Dans le Collège, nous avons des soucis liés à l’utilisation des réseaux sociaux, il y a des bagarres qui ont lieu dans la cour d’école à cause des réseaux sociaux, et surtout de Facebook. Le Collège aimerait que tu expliques aux jeunes qu’ils ne peuvent pas faire n’importe quoi, dire n’importe quoi sur Facebook. »

Je me questionne sérieusement sur la capacité des adultes qui interviennent dans un Collège à vivre dans notre monde. Comment se fait il que des professeurs ne se sentent pas armés au point de devoir faire appel à un « expert » (je cite) pour évoquer ce genre de problèmes.

Quel est le problème au fait ?

A bien regarder, il me semble que le problème n’est à la base qu’un problème d’apprentissage de la vie en société. Ce genre de problème chez un collégien, ne me semble en rien extraordinaire. Si deux jeunes s’insultent dans la rue et se bagarrent ensuite dans la cour, va-t-on chercher un éducateur de rue pour faire un laïus sur ce qu’il ne faut pas faire dans la rue ? A priori, non. De cet angle là, je ne vois pas ce que je vais bien pouvoir leur raconter aux jeunes : « Attention, ne vous insultez pas sur Facebook, c’est pas bien ». Éduquer au numérique, ce n’est pas ça, en tout cas ce n’est pas ma conception des choses.

Quelle est la solution ?

Le plus ennuyeux dans cette histoire est finalement la solution envisagée à l’origine par l’établissement : faire appel à une association de lutte contre la pédopornographie sur internet pour sensibiliser les élèves de quatrième aux dangers sur internet. Passons sur le fait que la dite association n’intervienne plus en France et que de surcroît elle est fortement décriée, y compris dans le milieu enseignant. Comment passe t-on d’un problème mineur (des insultes dans la cour) à une solution aussi radicale ? Là encore, un peu de jugement et de recul permettraient de constater le fossé qu’il y a entre le problème et les moyens envisagés pour y pallier.

Intégrer le numérique

La solution la plus pertinente qui m’apparaît pour éduquer au numérique est d’intégrer le numérique dans la pédagogie, pour que le numérique devienne naturel.  Que le médiateur numérique soit sollicité sur cette question me paraît être une porte d’entrée légitime.  cette intégration du numérique dans la pédagogie suppose d’abord que le numérique soit autoriser à entrer dans les établissements. Pour la petite histoire, j’ai préparé mon intervention sur Twitter avec quelques élèves du collège en question, et bien entendu Twitter n’est pas accessible dans ce collège..

2 Responses

  1. Je partage ce message d’autant que la perception des réseaux sociaux par le corps enseignant est loin d’être acquise. Pourquoi ne pas intégrer des modules spécifiques aux usages ? Pourquoi ne pas utiliser les outils et réseaux comme des outils de pédagogie. Le seul message qui consiste à renvoyer la réponse aux « experts » médiateurs numériques confine les jeunes utilisateurs à une posture d’experts également. L’adulte lambda relégué au fin fond de ses incompétences. Dur…

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